
I. De l’écrivain à l’écrivaintologue : des éléments d’un manifeste littéraire
L’écrivaintologie s’évertue à se faire cerner à travers l’univers riche des approches de la littérature. Elle se positionne comme une étude qui pose le problème du paradoxe de la production textuelle et se définit comme une approche conceptuelle de la dis-parution de l’écrivain, autrement dit du questionnement de son effacement dans son essence créative. Science ou art de l’écriture – du point de vue littéraire et linguistique, dans un esprit proche de l’analyse du discours littéraire –, elle est une démarche qui pose la question de la fin de l’écrivain, ou tout au moins de son gommage dans le texte, et partant dans le champ social à travers son statut du faiseur d’œuvres de fiction et sa fonction sociale, voire sa créativité qui ne devient une création qu’avec le concours du personnage (qui est l’objet principal de l’analyse critique du texte) et de la réception (qui est l’instance susceptible de faire et/ou de défaire l’auteur).
Quant à l’écrivaintologue, il désigne toute personne (scientifique ou pas) qui étudie ou applique la théorie écrivaintologique (il est donc un critique littéraire qu’on peut également qualifier d’écrivaintologiste). En outre, il peut s’agir d’un auteur (écrivain-tologue) qui inscrit ses problématiques d’écriture (de fiction ou de réflexions) dans la perspective de l’écrivaintologie (considérée, dans ce cas, comme un mouvement littéraire ou tout simplement un art d’écrire).
L’écrivaintologie peut avoir sa place dans plusieurs domaines scientifiques, notamment dans les champs des sciences sociales et humaines. C’est le cas des sciences littéraires elles-mêmes.
En posant la problématique de la dis-parution, l’écrivaintologie étudie l’écriture comme des traces dans le temps et dans l’espace. Par exemple, seul dans sa chambre, l’écrivain qui lit les phrases de son manuscrit pour en jauger la résonnance, ou l’enseignant qui raconte des romans à ses apprenants, bref toute personne qui oralise l’écrit dans un dessein littéraire, est peut être considérée comme un oravain. Ainsi, l’oravaintologie peut s’étendre à l’étude de la littérature audiovisuelle, à la traduction automatique, à la lecture automatique des textes numériques qui annoncent un futur « holocauste littéraire ». Au fond, de plus en plus, le monde de l’écriture s’oralise et se vocalise. Il s’agit d’un retour aux sources. Une grande partie des sociétés africaines n’avaient pas d’écriture, car elles étaient monolingues. En effet, l’écriture nait et se développe dans une aire linguistique plurilingue. Elle sert plus à la traduction qu’à la transmission des connaissances. L’écriture n’est qu’un support informatif, c’est l’oralité qui est le socle du savoir.
Dans la perspective narratologique, par exemple, la création fictive des dialogues des personnes ou des personnages disparus pour expliquer le passé, ou pour donner des points de vue prospectifs sur l’actualité ou le futur, notamment au moyen de nouvelles technologies, peut faire (re)naitre le personnage fictif, romancé, réinventé. C’est le cas de l’auteur Giuliano Da Empoli dans Le Mage du Kremlin. Il est bien de noter l’émergence de la « littérature de la rumeur » qui substitue le vrai par le vraisemblable. Bien souvent, il y a transposition du réel dans l’univers fictionnel. Parfois, d’un point de vue du droit, les plaintes contre les auteurs ou les soupçons sur la disparition d’un écrivain (comme Pablo Neruda) font du personnage d’écrivain une personne juridique.
En plus de la géographie ou de la géologie imaginaires des mondes disparus et engloutis, l’étude des textes et des écrits, où des récits comme des contes ou des fables racontent les histoires des ogres et autres monstres (présentés généralement comme imaginaires et fictifs), peut faire appel à la biologie de la résurrection (qui s’intéresse à la dé-extinction) pour mieux prendre les œuvres littéraires comme des fossiles préhistoriques.
Il y a quelque chose de « sacré » chez l’écrivain avec son paradoxe d’absence et d’omniscience. La célébrité posthume de l’écrivain ou la construction de son image de marque se profilent autour des visées économiques du marketing. Dans un presque sens théologique, on rapporte que certains vers de Victor Hugo sont pris pour des versets et que les trouvailles des traces d’Antoine de Saint-Exupéry sont en quelque sorte des reliques. On peut également évoquer le cas de la panthéonisation des écrivains illustres « immortalisés ». D’un point de vue sociologique ou anthropologique, il est nécessaire de se pencher également sur les questions des croyances non basées sur l’écriture, ou sur les textes ésotériques d’initiation dans les rites africains.
Fait réel ou imaginaire, l’absurde phénomène de l’écrivain réincarné, qui fait de l’inspiration une métempsychose, permet la « résurrection » d’un auteur dans un autre. Par ailleurs, la question des inspirateurs ou des précurseurs comme les préromantiques peut aider à éclairer des zones d’ombre. A cet effet, est illustratif l’exemple de la martiniquaise Paulette Nardal qui est le précurseur du mouvement de la Négritude de Césaire, de Senghor et de Damas, en créant dans les années 30, à Paris, La revue du monde noir.
Le récit pariétal contenu dans l’art rupestre est un patrimoine qui traduit des sociétés disparues. Il revêt un grand intérêt historique, archéologique, paléontologique ou philologique. Des textes anonymes ou écrits par des pseudonymes ou dans des langues mortes peuvent être d’une importance capitale. A l’inverse, la technologie de la fictionnalisation (à l’image des romans-fiction de Jules Verne) apporte son concours en étudiant des passages illisibles ou détériorés par l’usure du temps.
Certains anciens manuscrits font l’objet de l’exégèse et de la linguistique, en plus de l’étude des langues mortes. Dans les domaines des sciences du langage, l’écrivaintologie s’inscrit dans le champ de l’analyse du discours, mais aussi de la stylistique, de la rhétorique. Elle porte un intérêt linguistique de la transcatégorisation grammaticale comme « pantalon », « polichinelle », « tartuffe », « dulcinée», « pimbêche ». En outre, on note que « rocambolesque » vient de Rocambole, « gargantuesque » de Gargantua, ou « ubuesque » d’Ubu.
Les mathématiques peuvent démontrer des problèmes écrivaintologiques. Aussi, le plagiat (ou encore : la fausse citation, les mots abusivement attribués à un auteur, les extraits subversifs ou parodiques, l’invention d’un auteur inexistant) peut s’expliquer avec l’équation : + 1+ – 1 = 0, autrement les deux auteurs s’annulent. L’équation des textes oraux peut être : X x 0 = 0, autrement, un texte appartenant à la communauté n’est pas la propriété du griot. On peut se pencher sur la vive polémique du prix Goncourt de 1919 qu’a remporté le roman de A l’ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust avec 6 point sur 4 contre Roland Dorgelès, auteur de Les Croix de bois. Que penser du paradoxal écrivain Emile Zola qui a raté le baccalauréat et l’entrée à l’Académie française, mais qui était un auteur prolixe en lettres, alors qu’il était un arithmomane ? La problématique arithmétique de la littérature, à côté du roman fleuve, s’invite à la curiosité du nombre de livres écrits par un seul auteur en interrogeant la routine d’écriture. A cet effet, que penser d’Honoré de Balzac qui écrit trois livres par ans à coup de plusieurs dizaines de tasses de café pour « honorer » ses dettes ?
Au demeurant, l’écrivaintologie peut convoquer plusieurs disciplines scientifiques. Au fond, cette question shakespearienne « Etre ou ne pas être ?» n’a pas pris de ride dans ce monde contemporain où le paraitre se substitue bien souvent à l’être. Etudier un écrivain, c’est poser la question de la conscience qui accompagne son essence et son existence. La conceptualisation devrait être aussi courante que nécessaire. Il serait mirifique d’imaginer l’avènement d’un concept comme suit :
L’écrit vint tôt, l’eau gît, l’écrivaintologie
vise à faire de cette eau une encre noircie
et le bois du feu de la veillée littéraire du soir devient
les feuilles de papier qui portent des idées et des biens
A côté de ce quatrain aux traits humoristiques, l’écrivaintologie possède un lexique assez rébarbatif : anamorphose littéraire, ancrage discursif, autaire, corps scriptural, dépersonnage, dis-cours, dis-parution, ublier, écrivaintologie renversée, écrivain raté, encre, encrologie écréature, écrivance, littérance, lettrature, intelliture, interlittérarité, oravain, vivain, négriturance, agorature, manuscrature, profiliture, techte, featuring littéraire, miroiture, personatialité, personnaire, personnage écrivain, personnage-écrivain raté, écriveur, scriptologie, syllogorrhée, tété-scripturalité, trans-écriture, nécritologie. Cependant, avec des textes d’applications, chaque concept peut trouver sa place dans l’édifice de la critique de la littérature.
II. La problématisation de l’écrivain contemporain : la place de l’écrivaintologie dans les sciences modernes
La réflexion critique et satirique, la transmission des connaissances, l’expression artistique, l’influence sur l’opinion publique, etc. sont, entre autres : les fonctions régaliennes de l’écriture et des écrivains. La prolifération des possibilités éditoriales donne naissance à plusieurs écrivains de plus en plus prolifiques, ce qui fait surgir sur la scène littéraire des écriveurs qui, à travers leurs écritures, jouent un rôle crucial et essentiel dans la société. Ils nourrissent l’âme et l’intellect, ils stimulent la réflexion critique à travers la cogitation, ils enrichissent la culture et l’ouverture d’esprit, ils produisent des effets très puissants sur la société. C’est la raison pour laquelle, Abdellah Taïa pense : « L’écriture est le gardien de la mémoire de l’humanité ». Victor Hugo estime qu’un poète est un monde enfermé dans un homme. En effet, avec l’avènement du numérique, le monde connait de profonds bouleversements. Les moyens de communication à l’ère numérique ont chamboulé les tendances sociales sur tous les plans. Des changements importants ont affecté la manière dont l’écriture est pratiquée, diffusée et perçue.
L’avènement des médias socio-numériques, des blogs et des plateformes en ligne est devenu un offertoire de nouvelles possibilités d’expression et de publication pour les écrivains. Toutefois, cette révolution a également posé des défis majeurs en termes de qualité, de légitimité et de visibilité. Il en est de même de l’autoédition, par exemple, qui remet en cause les mécanismes et les techniques traditionnels de publication et de diffusion des ouvrages. Ce qui précède permet ainsi d’interroger la place de l’écrivain dans la société contemporaine émaillée par l’hyper technologie. Allant dans la même veine, la prolifération des supports de lecture et d’écriture, tels que les smartphones, les tablettes et les liseuses, a modifié les pratiques de lecture et a eu un impact sur la façon dont les textes sont conçus et perçus. L’écriture hyper et intertextuelle, la publication collaborative et la viralité des contenus ont transformé la nature de l’écriture et de l’écrivain. Cela a également permis l’émergence de nouvelles formes de littérature, d’écriture et de créativité scripturale.
Le concept de « l’écrivaintologie » est également mis à l’épicentre de la réflexion de nouvelles problématiques de la création littéraire. En effet, l’écrivaintologie est la science de l’écriture qui s’intéresse à la problématique de la nature de l’écrivain, de son essence, de son effacement (dis-parution, c’est-à-dire à la fois sa parution et sa disparition), de son positionnement énonciatif. Cette approche discursive du texte littéraire interroge « l’authenticité », « l’identité », « la créativité », le statut » de l’écrivain. Il s’agit en effet de la reconnaissance de l’importance de la dimension introspective et réflexive dans le processus de création littéraire. En réalité, écrire c’est aussi se questionner sur soi-même en tant qu’écrivain ou écriveur, sur sa place dans le monde et sur le sens et l’essence de son existence. L’écrivaintologie propose ainsi d’explorer les différentes dimensions identitaires de l’écrivain.
Cette conceptualisation de l’écrivain est ainsi une perspective pluridisciplinaire qui met en lumière le lien étroit entre la vie de l’écrivain et son œuvre avec prédilection sur l’importance de l’auto-analyse, de l’extra analyse, et de l’introspection dans le processus de création littéraire. Le point focal des préoccupations écrivaintologiques est la place de l’écrivain dans la société, sa position par rapport à son public et sa contribution à la construction, à la reconstruction et à la co-construction de l’identité culturelle et artistique.
La problématique de l’écriture sous toutes ses formes mettrait en relief tous les domaines gnoséologiques. Cette thématique concerne la littérature, les sciences du langage, la sociologie, les sciences de l’information et de la communication, les sciences du patrimoine, l’art, l’archéologie, l’histoire, la philosophie, l’épistémologie, le droit, etc. Les axes suivants, non exhaustifs, peuvent fédérer des études conduites dans cette perspective.
Axe 1 : l’écriture littéraire et l’écrivaintologie
– l’effacement, la substitution et le renouvellement de l’écrivain, du livre et du lecteur ;
– les représentations sociales dans l’écriture littéraire, la construction des personnages et des univers fictionnels ;
– la dis-parution : le livre à titre posthume, les textes anonymes, le plagiat en littérature, les pastiches, la pseudonymie ;
– l’intertexte, la citation, l’intertextualité et la polyphonie énonciative face au marquage idéologique et idiosyncrasique ;
– les influences culturelles et socio-historiques sur la production littéraire ;
– l’impact des nouvelles technologies sur l’écriture littéraire : l’étude de l’utilisation des réseaux sociaux, des blogs et de l’auto-édition sur la création littéraire ;
– les enjeux sociologiques, politiques et linguistiques liés à l’écriture inclusive dans la littérature contemporaine ;
– l’écriture et le genre à partir d’un regard sur les différentes formes d’écriture et de narration utilisées par les écrivains pour questionner et déconstruire les normes de genre ;
– l’écriveur et son public, du pacte scripturaire à l’horizon d’attente : l’analyse des stratégies d’écriture mises en place par les écrivains pour s’adresser à un public diversifié et pour créer un lien avec celui-ci ;
– le personnage-écrivain et l’écrivain-personnage ;
– la problématique de l’auteur dans la littérature orale ;
– la littérature numérique et la littérature numérisée : les enjeux et les perspectives ;
– la littérature numérique et les problématiques écologiques, etc.
Axe 2 : l’écrivain comme objet et sujet des sciences et technologies
– la vulgarisation scientifique, la compréhension des connaissances scientifiques, l’accessibilité, la diffusion et l’exploitation des résultats et les découvertes scientifiques dans les universités camerounaises ;
– le discours et les représentations autour de la science ;
– l’écriture collaborative en sciences : l’analyse des dynamiques d’écriture collaborative dans le cadre de la rédaction d’articles scientifiques, en s’intéressant aux nouveaux outils et modes de collaboration ;
– les enjeux de la publication scientifique : l’étude des enjeux liés à la publication d’articles scientifiques, en particulier en ce qui concerne l’évaluation par les pairs, l’accès ouvert aux publications et l’impact de la publication sur la carrière des chercheurs ;
– l’écriveur scientifique et l’engagement : analyse de l’engagement des écrivains scientifiques dans la transmission des connaissances, la défense de la recherche et la sensibilisation aux enjeux scientifiques contemporains ;
– l’écriture scientifique comme écriture normative ;
– la problématique de l’éthique dans la science : la question du plagiat ;
– la problématique de l’auto plagiat et du plagiat IA ;
– la problématique des théories scientifiques nées en Afrique : la perception universelle et perception par les Africains, états des lieux ;
– la science et la justice cognitive ;
– l’auteur traducteur et sa posture scientifique ;
– l’écrivain machine, la machine écrivain : un regard sur l’intelligence artificielle ;
– l’exploration des pratiques d’écriture digitale et multimodale : les blogs, les podcasts ou les productions transmédias ;
– l’analyse des dimensions thérapeutiques de l’écriture expressive : développement personnel, coaching et soin psychologique ;
– les enjeux sociopolitiques de l’écriture engagée et les formes d’expression militante et militantiste : discours contestataires et pratiques de résistance à travers l’écriture ;
– l’écriture et les neurosciences : les processus d’écriture, de lecture et de création littéraire, rapport entre la science et la création littéraire.
Axe 3 : l’écrivaintologie et les sciences de la communication et de l’information
– l’impact des nouvelles technologies sur le journalisme du marketing du livre : les nouveaux formats de narration, l’utilisation des réseaux sociaux ou les défis éthiques liés à l’information en ligne, les stratégies de construction du discours médiatique ;
– l’étude des processus de professionnalisation et de déontologie : les normes, les pratiques et les évolutions de la profession à l’ère du livre numérique ;
– l’éthique de l’écriture journalistique : étude des dilemmes éthiques rencontrés par les journalistes lors de la rédaction d’articles, en particulier dans un contexte de désinformation et de fausses nouvelles ;
– les nouvelles formes d’écriture journalistique immersive : le reportage en réalité virtuelle, journalisme narratif, etc. et impact sur l’expérience du lecteur ;
– les nouvelles contraintes de l’écriture journalistique et les nouvelles modalités de l’écriture littéraire : l’étude des contraintes liées à la rédaction d’articles pour les médias en ligne, notamment en termes de formats, de délais et de production de contenus multiformats ;
– le rôle de l’écriveur journaliste dans la construction de l’information : les journalistes citoyens et la communication individuelle de masse ;
– l’écriveur journaliste : « entre gombo et chantage médiatique ».
– l’écriture et l’identité : l’écriture des écrivains issus de minorités, affirmation de l’identité culturelle, et lutte contre les stéréotypes.
Les propositions des articles de jeunes chercheurs et des chercheurs en quête d’innovations euristiques sont largement sollicitées.
– Date limite des propositions : 25 mars 2024.
– Journée d’étude : 27 mars 2024.
– Publication des articles : juin 2024.
COMITÉ SCIENTIFIQUE : Pr Joseph Ndinda, Pr Hamadou Adama, Pr Pare Daouda, Pr Mamoudou, Pr Martin Mbengue Nguimè, Pr Abdouramane Halirou, Pr Kaïmangui Mathias, Pr Assana Brahim, Pr Falna Taubic, Pr Guemdjom Candice, Pr Ngo Eloma, Pr Amina Goron.
Comité de lecture : Dr Amadou Farikou, Dr Lucien Bindi Ngouté, Dr Paul Yadji, Dr Moussa Adamou, Dr Abdias Mabard, Dr Landry Ngaouri, Dr Marcel Taibé, M. Bertrand Ayissi, M. Clément Maïoua.
Adresses : Mail : assanabrahim2@yahoo.fr / adamouafagna7@gmail.com
Numéros WhatsApp : (+237) 698 31 90 31/ 6 55 53 98 98
POUR ACHETER L’ESSAI « L’écrivaintologie : Pour une conceptualisation de la dis-parution de l’écrivain » :
Auteur : Pr Assana BRAHIM

💰10.000 FCFA
Disponible chez :
- Ifrikiya (Yaoundé)
- Woila Ecrit
- Librairie du savoir (Ngaoundéré)
Contact : (+237) 698319031
ACOLITT est une association littéraire qui milite pour une littérature dynamique en Afrique. Elle est basée à Yaoundé, au Cameroun.

Laisser un commentaire