QUESTIONS – ANSWERS : Lavoyel, championne régionale de slam – Centre (Cameroun) 2024

Lavoyel, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Vous êtes la championne régionale de slam – Centre (2024) et chanteuse-musicienne. Nous vous laissons nous en dire un peu plus sur vous.


Bonjour ! C’est un honneur pour moi de répondre à vos questions. Alors, Lavoyel est une jeune femme passionnée d’écriture, de musique, de chants et même de comedie. J’ai découvert le slam il y a quatre ans, en écoutant Myname le slamaster. Tout de suite, c’est apparu comme une évidence. Depuis lors, j’essaye le plus possible de mettre en valeur le don que j’ai.


Si l’on vous demande une définition du slam, laquelle proposeriez-vous ?

Le slam, c’est le Carrefour des Arts, mais avant tout, c’est la Liberté.

Vous êtes la toute première femme à gagner ce tournoi régional de slam dans le centre. Nous rappelons à nos abonnés que ce tournoi est organisé par le collectif 237 Paroles. Pour vous, que signifie être championne ?


Premièrement, c’est un honneur pour moi. J’ai longtemps rêvé et regardé cette compétition de loin qu’aujourd’hui, braver la région du centre, c’est véritablement cher à mes yeux. Cependant, c’est également un lourd fardeau de porter une région telle que le centre. Je reste optimiste et je sais que je pourrai compter sur les grands frères dans le milieu et même en dehors. En définitive, ça signifie avoir la chance de porter haut ma vision du slam.

Finale région du centre – 23 novembre 2024



Votre titre de championne fait de vous une candidate du grand concours slam Cameroun – toujours organisé par le collectif 237 Paroles – l’an prochain. Que promettez-vous au Cameroun ?


Avant tout, de faire disparaitre l’idée qui voudrait que le slam ne soit que compétition. Ensuite, pouvoir impacter les mentalités pour amener le plus grand nombre d’adeptes de cet art à penser carrière et à porter le slam comme un précieux fardeau dans le monde entier.

Votre slam a-t-il une ligne particulière quant aux thèmes (est-il engagé ?) ou alors les textes vous viennent, et peu importe la thématique, vous y allez ?


Comme je l’ai dit plus haut, pour moi, le slam, c’est la liberté. Mes textes me viennent toujours de l’intérieur. Peu importe la thématique, je la ramène toujours vers moi. Il arrive presque toujours que je fasse des textes engagés, car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Toutefois, je ne saurais circonscrire mon art dans l’engagement. Même si je pense que, finalement, que ce soit pour soi ou pour la société, on est toujours engagé dans une cause.

En tant que championne de la région du centre, quelles actions comptez-vous mener pour une plus belle émergence du slam dans la région et même au-delà ?


Déscolariser le slam. Le slam, c’est de l’art ! C’est bien de chercher à avoir des bases, mais avoir de la personnalité, c’est mieux ! Le slam n’est pas une matière où il faut avoir une moyenne objective ou non pour se sentir slameur. C’est plus que ça ! Et je commencerai mon combat par là. Ensuite, il faut créer des plateformes d’expressions. Les ateliers, c’est bien, mais une fois encore, le slam n’est pas figé comme la mathématique ! C’est la scène qui nous mène à nous-mêmes. J’essaierai d’agir dans ce sens.

Lisez-vous des livres ? Si oui, quelles sont vos préférences et les auteurs qui ont marqué vos expériences de lecture ?

Absolument ! Je préfère les romans. J’aime le voyage qu’ils procurent, mais surtout les leçons qu’on peut en tirer. Mon auteur préférée et qui m’inspire énormément est Djaili AMADOU Amal. Sa plume est particulière et ses romans arrivent particulièrement à me toucher.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes passionné.e.s de slam ?


SLAMEZ ! C’est peut-être facile dit ainsi, mais cet exercice sera l’une des choses qui vous apparaitront difficiles. Mais surtout, SOYEZ VOUS ! La plus belle des beautés, c’est d’assumer son identité !

Que pensez-vous de l’intelligence artificielle ? Pourriez-vous faire recours à cette technologie pour la production d’un texte de slam ? Pourquoi ?


Je pense que les nouvelles technologies améliorent notre quotidien. Toutefois, je n’utiliserai jamais aucune d’elles pour mes textes. Le slam, c’est la liberté. Le slam, c’est le cœur qui apprend à voler. C’est impossible qu’une machine, peu importe son niveau de programmation, puisse mener à bien cet exercice.

Votre mot de fin ?


J’ai été honorée de répondre à toutes ces questions. Etre championne régionale du centre, c’est une immense responsabilité, mais c’est avant tout l’occasion de porter le slam camerounais là où je veux qu’il soit, en travaillant sur les projets que je nourris dans ce sens.

Entretien mené par Pauline ONGONO




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