
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Qu’est-ce qui a motivé votre amour pour le théâtre ?
T.C. : Merci de me recevoir. Je suis Trésor KORONDO de gloire, de mon nom d’artiste « Trésor Comedy », je suis un artiste humoriste comédien de la vingtaine, originaire de la Centrafrique. Le théâtre s’est imposé dans ma vie naturellement. C’est un art que j’aime beaucoup. J’ai commencé à le pratiquer dans mon enfance. Je faisais des sketchs à l’église, des scènes de Noël, par exemple. Alors, il s’est imposé dans ma vie.
Vous évoluez à la fois en troupe, avec le Collectif Nguia Ti Ndara, et en solo. Qu’est-ce qui motive ce double choix artistique ?
T.C. : C’est une façon pour moi d’éviter d’être coincé à cause du manque d’enthousiasme ou du manque de motivation. Alors, travailler seul aussi me permet non seulement d’être indépendant mais aussi d’évaluer mon niveau dans le métier.




Sur scène, qu’est-ce que le collectif vous apporte que vous ne retrouvez pas dans le jeu individuel ?
T.C. : Jouer en équipe apporte beaucoup en matiere d’idées sur les scénarios.
À l’inverse, que vous permet le solo que la troupe ne vous offre pas toujours ?
T.C. : Jouer en solo forge mon courage et ma détermination. Sachant que je suis seul, je suis conscient que si je ne m’adonne pas, personne ne viendra le faire à ma place. En plus, ça me permet de corriger certaines failles.
Vos créations semblent ancrées dans votre réalité. Quels thèmes vous habitent et traversent votre travail ?
T.C. : Pour les thèmes qui habitent et traversent mes jeux, je me focalise, effectivement, sur les réalités de mon environnement. J’aborde donc des thèmes qui portent, par exemple, sur les problèmes de la société centrafricaine, les problèmes familiaux, les dérives des jeunes, etc.
En quoi votre identité centrafricaine nourrit-elle votre expression artistique ?
T.C. : En tant que jeune et conscient que la jeunesse a besoin de modèle, sans vouloir paraître prétentieux, avec les moyens du bord, chaque action sur les planches visent à soulever de manière positive ma nation.
Quelle place occupe la langue (français, sango ou autres) dans votre jeu et votre message ?
T.C. : Ces différentes langues occupent vraiment une place dans mes jeux et messages, car ça permet une meilleure communication avec les publics sur scène. Pour l’instant, j’utilise beaucoup le sango, mais avec le temps, je m’ouvrirai à d’autres langues, pour que mon travail ne reste pas fermé.

Y a-t-il un rôle, une scène ou une représentation qui a marqué un tournant dans votre parcours ?
T.C. : Oui. Je devais jouer le rôle d’un soulard bègue. J’étais entre deux dilemmes : jouer un soulard et jouer un bègue (Rires), pourtant je n’ai pas l’habitude d’être saoul et je ne suis pas bègue. Je ne pensais pas y arriver… Mais à la fin, c’était du Waouh ! Le public a beaucoup aimé.
Le métier de comédien reste exigeant, surtout pour les jeunes. Quels obstacles rencontrez-vous aujourd’hui ?
T.C. : Je rencontre énormément d’obstacles. Entre le matériel de prise de vue inexistant ou de mauvaise qualité, la concentration lors des répétitions, le manque de financement, la mobilisation du public… Sans passion, l’on ne pourrait continuer.
Quel regard portez-vous sur la scène théâtrale centrafricaine actuelle ? Est-elle, selon vous, en pleine mutation ?
T.C. : Oui, elle est en pleine mutation. Malheureusement, plusieurs personnes pensent que le théâtre en Centrafrique ne marche plus… Et pourtant, il y a des jeunes qui continuent de bosser, mais qui manquent de guides et de sponsors.
Si vous deviez adresser un message à la jeunesse centrafricaine, notamment à ceux qui hésitent à se lancer dans le théâtre, que leur diriez-vous ?
T.C. : Merci de me donner l’occasion de m’exprimer. Aux jeunes, je tiens à leur dire que le théâtre est aussi un bon chemin qui les aidera à gagner leur pain quotidien. Être toujours en train de penser des scenarios et comment les monter, les éloignera de la fainéantise et d’autres dérives. En plus, ça forge l’expression orale : s’exprimer en public, peu importe le nombre de personnes, devient facile et dénué de peur. Alors, Jeunesse centrafricaine, lève toi, n’hésite pas à te lancer dans le théâtre !
Les vidéos de Trésor Comedy sont disponibles sur Youtube ici
Propos recueillis par Pauline M.N. ONGONO

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