SUR MON CHEMIN est un recueil de poèmes qui butine sur les sillons de l’amour, du patriotisme, de l’identité culturelle et de la responsabilité jeune Afrique. Le recueil dénonce aussi les infidélités des pourvoyeurs des services sociaux avec des accords bilatéralement consentis. Dans un contexte africain où la jeunesse est dite génération spontanée, SURMON CHEMIN interpelle aussi bien les générations précédentes que cette jeunesse sur leurs responsabilités respectives. L’école et surtout sa fonction transformationelle est vivement sollicitée afin que le jeune africain dévienne un acteur / accélérateur culturel de choix pour l’Afrique qui vient.
Ce recueil de poésie est disponible au prix de 3000 FCFA chez : ✅ L’auteur : +237 654155678 (WhatsApp) / +237 652214729 / dewanicolas70@gmail.com ✅ Chez l’éditeur : Lucioleseditions@gmail.com ✅ À la librairie des Peuples Noirs à Yaoundé ✅ En ligne, sur TAMA : Sur mon chemin de Nicolas WOULAMI
Cet ouvrage que présente l’auteur Oscar ELIMBY, sous l’intitulé Le Magnificat de la pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale, interpelle toute la communauté nationale et internationale voire un prétexte qui ouvre une nouvelle fenêtre d’analyse sur la question de la Suprématie des occidentaux sur les Africains comme le définit l’auteur : « Les originaux, les premiers sur Terre, les nègres ou les « noirs » restés en Afrique et qui, même sortis d’Afrique volontairement ou involontairement, ont entièrement conservé toute leur mélanine qui leur donne ce teint marron, voire foncé. De tous les colonisés et opprimés de la Terre, ils détiennent de très loin la médaille d’or ».
L’auteur invite les Africains à pardonner les atrocités que leur ont infligées les occidentaux sous diverses facettes depuis des siècles. Autant il décline le pillage des ressources naturelles des Africains par les occidentaux pour le développement de leur pays, autant il annonce que la prise de conscience des Africains est effective. Le mérite de l’auteur est surtout son engagement pour la non-violence et le pardon :
Qu’il est plus facile de haïr que d’aimer. J’en suis bien conscient, mais devons-nous faire ce qui est juste, c’est-à-dire ce qui valorise la vie ou devons-nous appliquer la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent ?
Cet excellent ouvrage écrit en six parties passe en revue les éléments déclencheurs et sa motivation à écrire ce livre, l’invention du concept de « racisme » au 15e siècle, la FIERTÉ nègre : sortir du statut victimaire, les constats, la Loi universelle et enfin l’invitation à la Méditation.
L’auteur s’interroge sur les atrocités subies :
POURQUOI ? Pourquoi autant de sang, de désolation, de destruction, de chaos partout où passe cette race dite supérieure ? Sur quoi ces élites leucodermes basent-elles leur prétendue supériorité ? Est-ce de cette barbarie que ce crétin de Jules Ferry parlait lorsqu’il affirmait que sa race supérieure avait le droit et le devoir de civiliser les races inférieures ? Une civilisation qui est synonyme de pillages, de massacres, de viols, d’occupation, de vols et de bases militaires chez autrui, est-ce bien ce à quoi faisait allusion le colonisateur français Jules Ferry ? Ce court règne occidental par le chaos va-t-il les rattraper ? Certainement. Aussi certain que personne ne peut échapper à la Loi universelle d’actions-réactions.
L’auteur montre comment les occidentaux ont organisé leur stratégie de pillage en mettant en place trois structures : le fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la CIA. L’objectif est de maintenir l’Afrique dans la pauvreté : faire main basse sur ses matières premières, endetter l’Afrique et organiser l’achat monopolistique structurée par les multinationales occidentales. Écoutons ce que nous avoue Howard Nicholas :
« L’Afrique Subsaharienne a été fondamentale pour la prospérité des pays industrialisés. Et l’Afrique a un rôle clé à jouer en tant que producteur des matières premières. Les Occidentaux ne permettront jamais aux pays subsahariens de s’en sortir. Nous ferons tout pour maintenir l’Afrique subsaharienne dans son état de pauvreté actuel. C’est absolument vital pour la survie des Occidentaux. Il faut être clair sur ce point. Et toutes les structures et organisations internationales, toutes les institutions académiques et tous les enseignements économiques, ils sont tous conçus pour maintenir les Africains dans la situation de pauvreté actuelle. Qu’il s’agisse de l’Europe, des É.-U. et maintenant de la Chine, ce sont exactement les mêmes objectifs vis-à-vis de l’Afrique. Nous avons besoin d’appauvrir l’Afrique et de l’y maintenir parce que nous avons besoin de ses matières premières. Et nous les voulons le moins cher possible. Cela ne signifie pas que les Africains ne peuvent pas s’en sortir, bien au contraire. Il faut faire face au défi et défier les Occidentaux. C’est de cela qu’il s’agit. Parce que si l’Afrique se réveille et commence à réagir, alors laissez-moi vous dire que le niveau de vie de tous ceux qui vivent en Europe, aux É.-U. et en Asie va s’effondrer. Il y a donc un lourd prix à payer. Laissez-moi vous dire que l’Occident ne permettra jamais à l’Afrique de s’émanciper sans leur faire la guerre. C’est de cela qu’il s’agit fondamentalement ».
L’auteur a une fois de plus le mérite d’interpeller les Présidents des états africains qui jouent le jeu des occidentaux :
On se pose souvent la question à savoir comment il se fait que les dirigeants africains ne se battent pas pour inverser les choses et permettre à leurs citoyens de vivre mieux et de bénéficier des richesses qui sont sous leur sol. C’est sans savoir le fonctionnement mafieux et machiavélique des structures internationales mises en place par les occidentaux.
Il démontre tour à tour dans son livre avec les preuves à l’appui comment les occidentaux ont longuement manœuvré pour garder l’Afrique toujours pauvre. Cependant, l’auteur avec tact, démontre que l’Afrique en particulier et le tiers monde en général sera l’eldorado de demain des occidentaux :
N’importe qui peut comprendre cette frustration, cette haine accumulée et cette soif de vengeance contre les Occidentaux. Mais une fois notre désir assouvi, cela nous rendra-t-il plus heureux de nous être comportés comme eux ? Personnellement, je ne crois pas. Le tiers monde, bientôt, sera l’Occident. Cette élite occidentale sataniste a mis ses peuples dans une situation très difficile. Ces populations européennes demanderont des visas dans un futur très proche pour aller travailler dans ce que leurs élites ont décidé de former le tiers monde. Les Européens feront la traversée de la méditerranée bientôt pour trouver du travail au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans toute l’Afrique qui aujourd’hui est méprisée. Il vaut donc mieux laisser les choses se dérouler naturellement plutôt que d’intervenir par des vengeances personnelles ou collectives. Le président français Sarkozy l’a déjà annoncé dans sa projection sur la démographie africaine et du reste du tiers monde en 2050.
L’auteur fait appel à la loi de la nature pour ne pas dire la loi universelle :
Cette formule ne nous rappelle pas quelque chose ? La loi des hommes a été copiée sur la Loi Divine et celle-ci est un milliard de fois plus implacable que celle des hommes. Parce que son application ne tient pas compte des circonstances atténuantes ou de l’incapacité à subir son procès. Volontairement ou non, conscient ou non, quel que soit votre âge ou votre statut social, cette loi s’applique. Les effets de son application peuvent être immédiats ou tardifs, mais une chose est sûre : cette loi s’appliquera et nul ne peut y échapper. C’est ce que signifie le livre de Galates 6 : 7 de la bible que les Occidentaux ont imposée aux autres peuples de la terre comme étant un outil civilisateur.
Je tiens à terminer mon propos en soulignant que cette brillante publication devra servir non seulement aux colonisés ou opprimés d’hier, mais aussi à ceux qui ont passé leur temps à piller leurs richesses naturelles. Cet ouvrage devra être aussi un prétexte pour la création d’un fonds d’éducation à la décolonisation des esprits.
Chaque africain qui lira ce livre prendra conscience des réalités car il est si profond et si enrichi par des explications plus profondes et convaincantes. Il doit aider à revoir notre système éducatif surtout dans l’enseignement de l’histoire qui est biaisée et truffée de mensonges. Félicitations pour cet ouvrage qui doit être un livre de chevet pour tout Africain.
Eric Théophile Tchoumkeu Éditeur
Paru aux Éditions de Midi au Cameroun, Le Magnificat de la pensée blanche : La fin de la barbarie et de la suprématie occidentale, 439 pages, coûte 25.000 FCFA et Hors Afrique, 40 euros.
Il est disponible au Cameroun à la Librairie des peuples noirs (Yaoundé) ; Librairie Éditions CLE (Yaoundé) ; Librairie du savoir (Ngaoundéré) ; Librairie professionnelle (douala)
La première édition du SALIF : Salon Africain du Livre Féminins’est tenue à Yaoundé, du 12 au 13 décembre 2025. Pour cette entrée en matière dans la mise en valeur des femmes du Livre en Afrique, le Cameroun a réussi un véritable coup de maître, avec la participation de ce qui constitue la majorité des actrices du livre locales et de l’étranger.
Éditions KADEÏ est une maison d’édition générale fondée en 2025. Soucieuse d’une littérature de qualité visible par le plus de monde possible, KADEÏ a pour objectif de promouvoir l’authenticité et la créativité naturelle dans les écrits, la mise en lumière de ses auteurs et de leurs livres, la coopération entre ses auteurs et d’autres acteurs de la littérature. Préoccupées par l’essor de l’intelligence artificielle, qui entraîne une perte d’authenticité dans l’écriture littéraire, les Éditions KADEÏ se présentent comme une entité qui privilégie l’authenticité afin de contrer toute œuvre de l’E-sprit. Conscientes de la difficulté rencontrée par bon nombre d’auteurs, les Éditions KADEÏ ont décidé de participer à rendre le rêve de cinq (05) auteurs réel.
Article 1 : KADEÏ organise son premier appel à textes pour des publications à compte d’éditeur.
Article 2 : Cibles Ce premier jet est ouvert aux auteurs résidant au Cameroun, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale, en République centrafricaine et au Tchad.
Article 3 : Genres littéraires Les genres suivants sont attendus et un seul manuscrit par genre sera édité par les Editions KADEÏ : Nouvelles Théâtre Poésie Roman Essai
Article 4 : Critères par genre 4.1. Le roman Nombre de pages : entre 80 et 180 pages au format A4, Word Le texte doit être inédit Police : Times New Roman Taille : 12 Marges : normales Interligne : 1.5
4.2. L’essai Nombre de pages : entre 80 et 200 pages au format A4, Word Avoir une bibliographie Avoir des notes de bas de page justifiant les recherches de l’auteur Le texte doit être inédit Police : Times New Roman Taille : 12 Marges : normales Interligne : 1.5 N.B. : Les manuscrits dépourvus de bibliographie et de notes de bas de page vérifiables sera automatiquement rejeté.
4.3. La poésie Nombre de poèmes : entre 15 et 40. Les textes doivent être inédits Police : Times New Roman Taille : 12 Marges : normales Interligne dans les strophes : 1.5
4.4. La nouvelle Nombre de pages : entre 40 et 60 pages au format A4, Word Les textes doivent être inédits Police : Times New Roman Taille : 12 Marges : normales Interligne : 1.5
4.5. Le théâtre Nombre de pages : entre 40 et 60 pages au format A4, Word La pièce de théâtre doit être inédite Police : Times New Roman Taille : 12 Marges : normales
Article 5 – Réception et envoi des textes Les textes seront envoyés par mail à l’adresse unique manuscritseditionskadei@gmail.com avec en objet « KADEI 2025 », au plus tard le 31 décembre 2025 à 14h00, heure d’Afrique centrale.
Les textes seront envoyés en fichier unique et indiqueront : à la première page : le nom de l’auteur, son pseudonyme (facultatif), le titre, le sous-titre (s’il existe), le genre littéraire, un numéro téléphonique (WhatsApp) et une adresse mail valides, le pays de résidence à la fin du texte : un résumé d’une (01) page maximum.
N.B. : Ces précisions demandées à la première et à la dernière pages n’influencent pas le nombre de pages requis.
Article 6 – Participation La participation est gratuite Les textes ne sont soumis à aucun thème Un seul texte par auteur Le manuscrit ne doit pas être un biais de mensonges, de diffamation, d’insultes, de pornographie. Le manuscrit ne doit pas être généré par une intelligence artificielle ni constituer une forme de plagiat. Le manuscrit ne doit pas être coécrit. Le texte doit être inédit, jamais publié ni soumis.
Article 7 – Calendrier Lancement officiel : 22 novembre 2025 Date limite de soumission : 31 décembre 2025 à 14h00 (heure d’Afrique centrale) Annonce des résultats : 01er avril 2026
Seuls les auteurs dont les manuscrits seront sélectionnés auront la suite de la procédure.
Article 8 – Modifications envisageables Les Editions KADEÏ se réservent le droit de modifier le calendrier, de supprimer un genre ou plusieurs genres littéraires, si la qualité des textes reçus est jugée insuffisante par le jury. Selon les modifications, les participants seront informés par e-mail et/ou sur nos réseaux sociaux.
Article 9 – Confidentialité et diffusion des textes Les Éditions KADEÏ garantissent la confidentialité totale des textes soumis. Les textes non sélectionnés seront détruits dans les sept (07) jours suivant l’annonce des résultats. Les manuscrits sélectionnés seront publiés en formats numérique et papier.
Article 10 – Composition du jury Le jury est constitué de critiques littéraires, d’auteurs avec une belle expérience, de lecteurs et d’éditeurs. Les décisions du jury sont souveraines et sans appel. Nul ne peut exercer d’influence ou de contrôle sur le jury, y compris les éditions KADEÏ. Les noms des membres resteront anonymes afin de garantir le professionnalisme et la rigueur du processus de sélection.
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Pour plus d’informations : editionskadei@gmail.com
« L’homme est divers et ondoyant. » S’il y a bien une chose vraie dans ce monde, c’est celle-là. Et ce n’est pas Bizzelle La Fortune qui nous dira le contraire.
« INSOUMISE », un mot qui fait pâlir plus d’un à sa seule écoute, à sa seule pensée. Qui ose être insoumise ? Qui ose aller outre le sacro principe – surtout africain – qui voudrait que la femme soit soumise au risque d’être répudiée ? Est-ce cette insoumission qui a valu à la narratrice et auteure, Bizzelle La Fortune, d’être victime de l’amour, comme le titre l’indique ?
Son extraordinaire vie commence le jour de sa naissance, le 04 mars 1984 à l’hôpital central de Yaoundé, au Cameroun. Le nom qui lui est attribué grâce ou à cause sa position familiale fait d’elle un « arbre de paix ». Née d’un père fonctionnaire, grand de taille, toujours bien conservé, amoureux de l’éducation ; et d’une mère de taille plus petite qui avait arrêté les études après son diplôme du cycle primaire et dont les nombreux accouchements – par césarienne – avait flétri ce corps jadis ferme qui restait tout de même attirant, Bizzelle avait tout pour réussir : être heureuse et être endurcie par la vie, entre la rigueur et l’amour de ses parents, entre les déboires de la polygamie dans laquelle son père les avait plongés… Ne dit-on pas que l’éducation n’est pas uniquement celle de l’école ?
Le père vivant à l’ouest du Cameroun depuis sa mise en retraite, après l’obtention de son diplôme du cycle primaire, Bizzelle est obligée de vivre avec lui, loin de Yaoundé, loin de sa mère, loin de ses frères et sœurs, loin des déboires familiaux qui faisaient partie de l’animation de son existence… Il fallait se familiariser au minimum qu’offrait le village : « Pas de lieu de distraction, à part le marché du village où l’on pouvait danser tard à l’occasion des célébrations comme la fête de la jeunesse le 11 février, la fête nationale le 20 mai, etc. », comme vous le lirez à la page 26. Très vite, elle s’habitue à l’environnement, car c’était « Un village calme, paisible ; où l’air est vraiment frais, pas du tout pollué. Tout était réuni pour qu’un enfant réussisse à l’école. », nous renseigne la page 27. Mais, les habitudes n’ayant pas toujours la peau dure, Bizzelle nourrissait toujours le besoin de rentrer à Yaoundé, une chose fortement désapprouvée par son père qui, deux ans plus tard, céda ; Bizzelle rentra à Yaoundé. Elle avait 15 ans.
15 ans, l’âge des papillons dans le ventre… 15 ans, l’âge où la puberté rugit dans sa splendeur… 15ans, l’âge où tout commença pour Bizzelle.
Rommel, l’ami de son frère devenu un enfant de la famille. Rommel, son premier flirt, son premier amour, le premier lien de dispute entre Bizzelle et sa famille. Son premier… Ils vivaient leur amour en cachette, sachant que les réactions ne seraient pas encourageantes. Et quand ils l’ont su, « Naturellement, ils m’ont aussitôt menacée de mettre un terme à cette histoire d’amour sans lendemain. », nous raconte la narratrice à la page 35. « Ma fille, je t’en prie, tu es encore très jeune, tu dois d’abord penser à ton avenir (…) », la supplie sa mère à la page 36, lasse de voir sa fille mener cette idylle qui lui retourne l’estomac, qui lui fait enchainer les mauvaises notes aux examens. Hélas, le cerveau et le cœur de Bizzelle étaient parsemés de fleurs au doux parfum de Rommel. Aucun conseil, aucune menace ne pouvait lui faire quitter son Rommel, son amour. Quand l’amour nous tient, le cerveau souffre et est obligé de suivre le pas pour survivre… Rommel était colérique, arrogant, homme à faire valoir son corps sculpté auprès des autres jeunes filles, Bizzelle n’en avait cure, le parfum senteur Rommel était très fort. Aucun red flag n’aurait réussi à l’aider à trouver raison.
En classe de Terminale, elle tombe enceinte de leur première fille, elle s’enfuit avec son Rommel, il revient demander sa main, sa famille et surtout sa mère et ses frères sont mécontents, la famille est brisée… Une succession d’événements haletante ! A la page 43, la narratrice nous dit : « (…) je pouvais rencontrer une sœur ou mon frère en route mais je ne les saluais pas, et, eux aussi, faisaient pareil. » Peu importe, tant que le parfum senteur Rommel embaumait sa vie, le reste n’avait aucune importance. S’accrocher à cette relation lui enlèvera sa famille, ses amis, sa dignité, sa paix… Et même Son Rommel, celui qui avait nourri les papillons dans son ventre. Le romantique et prévenant Rommel s’est transformé en un monstre froid et égoïste. Mais, en réalité, peut-être l’était-il déjà ? Peut-on changer autant envers la femme qui a tout supporté et tout abandonné pour vivre l’amour avec un grand A même bancal ? Plus de cadeau, une somme de stratagèmes pour pouvoir bénéficier de ses faveurs, des enfants à élever seule en tant qu’ingénieure du bien-être familial – je trouve trivial l’expression « femme au foyer ». Ce changement de Rommel a, heureusement, arraché de nombreuses fleurs du cerveau, pas du cœur, de Bizzelle. Il a fait naitre l’INSOUMISE.
« Insoumise : Histoire d’une femme victime de sa passion amoureuse » est, vous l’aurez compris, un roman inspiré de faits réels. Il parait aux Editions du Schabel en 2021. Sa couverture de couleur verte, une jeune femme au teint ébène et sertie d’accessoires africains, qui regarde vers le ciel d’où une lumière éclaire son visage, témoignent de la moisson d’un amour tumultueux, de la persévérance, de la compréhension, du semblant de sérénité et de la résilience cultivées au fil des 102 pages qui constituent ce livre. Il s’agit du témoignage des conséquences du non-respect des ordres préétablis. En effet, une sagesse africaine demande de ne jamais aller contre l’avis d’un parent : si ton parent refuse que tu entretiennes une relation amoureuse avec une personne, obéis et cherche celui ou celle qu’il aimera. On ne discute pas, on s’exécute. Malheureusement, l’émancipation de la jeunesse depuis le 20e siècle la pousse à passer outre et à subir – très souvent – des conséquences à long terme. Ils oublient ou méprisent l’œil de l’Homme âgé, cette loupe qui voit le futur très antérieur. Bizzelle en a eu pour son compte.
Bizzelle a vu son amour tomber en lambeau au fil des jours ; elle a vécu un divorce inqualifiable ; des maternités sans repos ; des insultes de son Rommel à n’en plus finir, exemple : « (…) il m’a répondu d’un ton amer que je suis bête et ignorante (…). », page 75. Elle a encaissé de nombreuses années, elle a perdu sa dignité en quémandant un amour qu’elle pensait – encore – fort. Mais l’a-t-il été un jour ? L’amour fait-il autant mal ? L’amour oblige-t-il de s’éloigner de sa souche de vie ? L’amour permet-il le mépris ? L’amour permet-il l’abandon de sa femme et de sa progéniture ? L’amour…
Au fil des années, le cœur et le cerveau de Bizzelle ont été rasés de toutes les fleurs aux senteurs Rommel. « Nous étions devenus plus distants qu’avant, rien de ce qu’il disait ou faisait ne m’intéressait plus. », nous dit Bizzelle à la page 79. Les senteurs envolées, la réconciliation avec la famille était possible. Elle a retrouvé sa souche ; elle pouvait désormais se confier, comme elle le confirme à la page 98 : « (…) je n’informai que ma famille de la situation que je vivais. ».
Dans ce roman, Bizzelle nous donne une autre définition de l’insoumission : il ne s’agit pas d’être têtue, il s’agit de SE PREFERER. En effet, malgré les réticences de Rommel, elle n’a pas cessé de chercher des opportunités professionnelles, de travailler, de chercher sa paix et celle de ses trois filles. Si elle n’avait pas été insoumise, sa douleur et sa misère auraient atteint le rubicond, vu qu’elle ne recevait presque plus rien de Rommel. Elle a été une victime de sa passion amoureuse, mais voudrait-elle ne l’avoir jamais été ? Regarder les trois anges qu’il lui a donnés, laisse croire qu’en tout mal, il y a du bon.
Bizzelle, à ce jour, est une femme polyvalente avec de nombreuses casquettes. Et si elle n’avait vécu qu’une love story, ne se serait-elle pas reposée sur la poitrine de son homme, prenant une pause pour arroser les fleurs de son cœur et de son cerveau aux senteurs Rommel ? « Son chemin ne sera plus le mien, nous n’aurons plus à éprouver de jalousie quant à la vie de l’autre. » « (…) sachant que pour mes filles, il faut que je sois forte. », lirez-vous aux pages 98 et 99. La messe était dite.
« Insoumise : Histoire d’une femme victime de sa passion amoureuse » est une réelle sonnette d’alarme. Il est, certes, une thérapie pour l’auteure, mais aussi un élément de prises de conscience dans les relations sentimentales et familiales. Que vaut le « NON » d’un parent ? Que devrait-on supporter au nom de l’amour ? A quel moment doit-on taper du poing sur la table ? Etc. Des Bizzelle, on en rencontre tous les jours, et même sous la peau des hommes, trop occupé.e.s à essayer de sauver les apparences d’un couple inexistant et toxique pour voir tous les signaux d’alarme. Des parents de Bizzelle, on en rencontre tous les jours. Déchirés par leurs propres problèmes, n’offrant que leur chair en lambeau, en guise de bouclier pour leurs enfants. Et si le père avait fait fi de son honneur patriarcal ? Et s’il avait écouté les supplications de sa femme ? Et s’il ne l’avait pas donnée en mariage aussi jeune et surtout à un homme dont même le meilleur ami n’en voulait pas comme beau-frère ? Ce roman est la preuve absolue que l’on ne retient pas un homme avec un ou des enfants ; une preuve qu’il y a une différence entre intelligence et sagesse ; une preuve que l’on peut se relever de toute situation, si l’on y met une bonne d’insoumission.
Je félicite Bizzelle La Fortune pour le courage qu’elle a eu de coucher son intimité sur papier, livrant ainsi une partie d’elle que seule sa famille gardait jalousement. Je ne manquerai pas de lui faire part des quelques questions qui me taraudent sur le plan de l’édition de ce roman. Soyons des insoumises et même des insoumis à travers la lecture, car lire des livres délivre.
Ce livre est disponible auprès de Bizzelle La Fortune, au prix de 5000 FCFA.
C’est une petite fille. Elle s’appelle Edialéda. Un jour, elle se lève et n’entend plus que le silence. Sa mère la croit rebelle, puisque la petite ne répond pas quand on l’appelle. Parce qu’elle ne réagit pas quand on lui parle, on la dit irrespectueuse, têtue. Pourtant, Edialéda ne sait entendre. Elle ne peut plus entendre. Elle a perdu son ouïe. Elle est devenue sourde. Son père lui tourne le dos ; ce n’est pas le reflet de ce qu’il a toujours espéré. Une fille sourde ne lui sert plus à rien. Sa mère entreprend tout pour rappeler les sons à ses oreilles ; les prêtres, les guérisseurs traditionnels, les médecins… tout y passe. Edialéda demeure sourde. La communauté la rejette, disant que c’est une punition, un karma, le résultat de mauvais actes dans sa famille. Une malédiction. Les autres enfants se tiennent loin d’elle ; leurs parents ne veulent pas qu’ils soient contaminés, il ne faut pas qu’ils attrapent la surdité à leur tour. A l’école, la petite fille est également rejetée ; il n’existe pas de dispositif adéquat pour prendre en charge des personne comme elle. Quand les voix et les sons ne lui parviennent plus, rien d’autre ne vient. Tout s’éteint, y compris l’estime d’une communauté qui la considérait comme une perle, une lumière. L’amour de sa mère n’est pas suffisamment riche d’argent pour lui obtenir de vrais soins, un dispositif auditif pour lui permettre de réintégrer la société. Tout s’arrête jusqu’à la naissance de sa fille Amide. La lecture vous en dira plus…
DÉROULEMENTDE LA RENCONTRE
Le samedi 08 novembre 2025, il est 15h00 à Yaoundé quand, après une lourde pluie, la rencontre prévue pour 14h00 peut enfin débuter sous la modération de Ray NDEBI. Comme d’habitude, la bibliothèque de La Maison des Savoirs accueille la rencontre. Pour ouvrir les échanges, il émet le malaise qui l’a submergé tout au long de la lecture, parlant de la perte accentuée d’humanité constatée dans nos sociétés. « Des Edialéda, nous en avons à tous les carrefours et sur tous les trottoirs, victimes de mille formes d’indifférences », dit-il.
Les échanges se sont portés en majorité sur l’amour, la beauté, la solidarité et l’humanité. La société telle que présentée par Pacélie EDIMA est toujours d’actualité, avec une marginalisation préoccupante. Mais, en commençant par les femmes du club de lecture 15 PAGES PAR JOUR, à la question de savoir si la future maman s’attend à un enfant handicapé, la réponse a été des plus honnêtes : « Toutes les femmes rêvent d’un enfant bien portant et jouissant de toutes ses facultés et capacités ». Du côté des hommes aussi, les attentes semblent identiques. Ce qui nous offre un contexte familial dans lequel on n’est pas préparé au handicap, surtout quand l’enfant est né comme on l’a rêvé.
Le comportement de la famille et des communautés paraît se justifier ; mais il y apparaît surtout de l’ignorance et un manque de sensibilisation. Le handicap demeure alors mal accepté et encore plus mal vécu. Selon Raphaël et Pauline, la société aime « avec les yeux » ; ce que soutient Erine en regrettant que les gens considèrent les autres en fonction des canons de beauté préétablis.
La question de la préparation au handicap a occupé une grande partie des échanges ; car le roman de Pacélie EDIMA montre combien les malheurs d’Edialéda auraient pu être allégés si son entourage avait su ce que le handicap représente, loin de tous les préjugés qui ont poussé la petite, à un moment, à se résoudre à la mendicité dans la rue, parmi d’autres personnes présentant des déficiences physiques. Plusieurs solutions ont alors été évoquées, parmi lesquelles l’introduction de l’apprentissage de la langue des signes et du braille dans les programmes scolaires, à la place de l’allemand et de l’espagnol. « Si cela se réalise, nous aurons une société plus inclusive et plus ouverte. Surtout, chacun sera préparé à cette éventualité qui peut survenir à la naissance ou au cours de la vie », conclura Ray NDEBI quand l’idée est émise. Des expériences personnelles vont meubler la rencontre ; BertilleAudrey, Danielle, Khamila, Amina et Michel ont partagé des vues enrichissantes.
Il est ensuite venu l’heure de noter le livre. C’est un moment particulier, car la Littérature reprend ses droits et pèse de tout son poids sur la critique. 06/10, voilà ce qui ressort, vu l’importance et la puissance du texte, par rapport à la qualité de sa présentation. Les lecteurs du 15 PAGES PAR JOUR ont, à l’unanimité, regretté l’absence de relecture et de montage professionnels. Si le thème et son déploiement mérite toute l’attention, l’édition quant à elle pourrait sérieusement tenir le lecteur à distance. Nous recommandons vivement une relecture-correction de l’ouvrage.
Après un appel vidéo avec l’auteure, une photo de famille et un thé d’amitié, les lecteurs du club 15 PAGES PAR JOUR sont repartis avec à cœur un regard empreint d’âme pour cette société en constante dégradation, afin que des enfants comme Amide, fille de parent handicapé, ne noie pas son enfance dans des responsabilités plus fortes que son âge ; c’était à elle de veiller sur sa mère et aussi sur ses cadets, Natacha et Legrand. Tout y est encore possible, si chacun se donne la peine de comprendre et surtout ACCEPTER.
Vous souhaitez proposer votre livre à notre club de lecture ou y adhérer ?
Contact : acolitterature@gmail.com
Le livre est disponible via le numéro de téléphone +237 6 57 55 53 46 (WhatsApp) au prix de 5.000 FCFA
Placée sous le thème général « Je pense donc je livre », la deuxième édition du SAPLO regroupera 49 panelistes. Ils nous viennent de 18 pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, et de différents maillons de la chaîne du livre et de ses métiers connexes.
Comme indiqué depuis l’an dernier, le SAPLO concerne toute la chaîne du livre et ses autres métiers, car pour une promotion efficace, l’apport qualité des différents maillons est nécessaire. C’est aussi une autre manière de promouvoir, à notre échelle, les acteurs du livre et leurs initiatives.
📍Vous l’aurez compris, comme nos autres salons virtuels, le SAPLO concerne tout le monde, sans distinction de pays, continents, races, etc.
N’oubliez pas d’être connecté.e.s, du 24 au 30 novembre 2025 sur les pages Facebook et LinkedIn @ACOLITT
📌 Pour rappel, ACOLITT est l’organisatrice de trois (03) salons littéraires virtuels :
la Readers and Translators Week Online (RTWO) qui met en exergue la relecture et la traduction
la Semaine du Critique Littéraire Online (SECRILO) qui met en exergue la critique littéraire
le SAPLO, pour le promoteur littéraire et tous les métiers qui l’accompagnent.
En 2026, ACOLITT tient le défi d’être pleinement impliquée dans deux salons littéraires en présentiel :
le tout premier Salon du Livre de la Lekié (SALILEK) avec le CLIIC
le premier Salon des Femmes du Livre du Cameroun (SAFLICA) avec l’EDM, qui ne concerne pas juste un maillon, mais tous les maillons de la chaîne du livre et ses métiers connexes, y compris les hommes. Et ces deux sont, eux aussi, ouverts au monde.
Nous comptons sur votre présence à ces moments d’échanges et de possibles collaborations.
ACOLITT, pour une littérature dynamique ! Nous contacter : acolitterature@gmail.com
En 2020, Les choses interdites paraît aux éditions Proximité. C’est un roman qui vient mettre en scène Emilie Ateba et son David Mveng, deux adolescents qui tombent fou amoureux l’un de l’autre, avant de réaliser, trois ans plus tard, après les obsèques de Philippe Ateba, un riche homme d’affaires commun à leurs deux mères, qu’ils sont frère et sœur. Vivant désormais dans la même maison, sous le regard alarmé de Martine, la mère d’Emilie, veuve de Philippe Ateba et désormais belle-mère de l’héritier David Mveng, ils vont faire face à cet amour sous un nouvel angle qui à chaque fois les tiendra au bord de l’inimaginable. 168 pages d’intrigue proposées par Aristide OLAMA, au cœur d’une société où les choses, même parmi les plus graves, sont considérées avec légèreté.
Le choix de l’obsession
C’est alors que le club de lecture « 15 Pages par Jour », fondé par Pauline ONGONO de ACOLITT, décide d’explorer l’univers de ces personnages installés dans leur imposante villa de Yaoundé. Le thème « ETRE OBSEDE.E » en sort tout de suite, élu pour conduire la rencontre du samedi 04 septembre 2025 qui se tient à la bibliothèque La Maison des Savoirs, sise au Dépôt de sable d’Etoudi, à Yaoundé.
Prévu pour démarrer à 14h, la forte pluie qui s’abat sur la capitale politique du Cameroun repousse le début des échanges à 15h, avec la présence exceptionnelle de l’écrivain Aristide OLAMA en personne qui a tenu à participer au retour de lecture de ce groupe composé d’auteurs, de critiques et de passionnés de lettres.
La responsabilité de la famille dans l’inceste
Menés par le critique littéraire Ray NDEBI, les débats s’ouvrent avec l’éducation des enfants et c’est Célestine BELLA qui pointe du doigt, en premier, le manque de fermeté de Martine, la mère d’Emilie, qui aurait dû protéger sa fille, surtout quand elle s’est rendu compte que le mot inceste ne semblait rien dire à la jeune adulte entêtée et obnubilée par l’amour. Elle est suivie dans ce sens par M-T. Ekassi qui renforce son point en indiquant la désunion dans la famille, source d’absence de communication et aussi d’assise pour rappeler ouverte aux fautifs leur tort. Ray demande alors aux autres d’apprécier les dispositions prises par l’auteur pour encadrer son sujet. « Trouvez-vous pertinent que la famille soit aussi désolidarisée pour parler de l’inceste ? » Erine Tchouala regrette qu’il n’y ait personne pour pouvoir taper du poing sur la table ; selon elle, l’auteur aurait dû proposer un personnage pour remettre de l’ordre dans cette maison et éviter l’abomination.
La crainte du regard des autres
A la question de savoir si l’attitude de Martine Ngo Honla, la veuve, est crédible et illustre une réaction naturelle possible dans la « vraie » vie, Pauline répond par l’affirmative en précisant la peur du qu’en-dire-t-on ; ce que Audrey Bertille MBARGA et Célestine soutiennent donnant des exemples dans leur environnement, des familles qu’elles connaissent qui font passer sous silence ces choses interdites. Le modérateur va alors interroger l’intérêt du livre. Ce roman n’est-il pas uniquement destiné aux familles nanties où le nom est à préserver à tout prix ? Les familles pauvres ont-elles le même souci de discrétion ? Selon Pauline, toutes les classes sociales sont concernées par cette attitude, bien que chez les démunies c’est surtout face à la rumeur, même avérée, que l’indifférence s’installe. « Tout le quartier sait, mais chacun se mêle de ses affaires », conclut-elle, approuvée par Bertille et Danielle TAMEN qui arrive au bout d’une heure, retardée par l’orage.
Le silence criminel
Et si Philippe avait présenté David, le fils de l’adultère, à sa femme ? Voilà la question qui a particulièrement intéressé Danielle ; elle s’est même rendue à un autre moment : et s’il n’y avait tout simplement pas eu infidélité ? Selon elle, l’infidélité doit être évitée. Seulement, la plume l’a écrite et il faut l’assumer. Cet autre point est salué dans l’intrigue, car bien des incestes surviennent entre des enfants qui ignorent tout de l’existence de certains frères et sœurs ; et c’est quand la catastrophe est consommée que les diverses familles s’en rendent compte. Cette fois aussi, le roman est considéré comme une alerte. L’éducation des enfants doit être ouverte et des sujets comme l’inceste doivent être abordés, puisque plusieurs cas entre frères et sœurs qui connaissent déjà leurs liens de sang, sont répertoriés à travers le monde ; quand l’inceste n’y est pas consentant, il est consenti. Plusieurs lecteurs regrettent toujours que ni le notaire, ni l’amant de Martine, ni l’oncle Ngul Mam (le personnage préféré de Ray dans ce roman)… personne n’ait reçu de l’auteur la poigne nécessaire pour faire entendre sa voix. Les silence des morts, Philippe et la mère de David, étant trop lourds. La voix de Gertrude, la collègue de Martine, trop lointaine. Celles de Yann, amant d’Emilie, et Claire et Falone, amantes de David, trop faibles.
L’amour contre le sang
Le personnage qui cristallise toutes les émotions, c’est Emilie. Un feu d’amour et d’orgueil lui brûle les entrailles. Si David présente quelquefois des réticences, une morale quoique fébrile, sa sœur défie toutes les lois de la vertu. Ray pose alors cette question : « Emilie avait-elle les moyens de combattre cet amour ? » Après un temps de silence, Bertille, à qui il est demandé de se mettre dans la peau de la jeune femme obsédée par son frère, tient sa réponse en trois mots : « C’est impossible ! ». Et la question de la classe sociale est à nouveau posée par Ray. N’est-ce pas plus difficile pour les bourgeois de s’arrêter ? M-T et Célestine ne le pensent pas, car Emilie aurait dû s’arrêter à l’évocation du lien de sang. « La crainte de Dieu est-elle aussi présente chez les riches que chez les pauvres ? », suggère Ray, prenant l’exemple de David, de famille pauvre à la base, qui va chercher de l’aide auprès de Dieu, tandis qu’Emilie n’a d’yeux et de cœur que pour son frère. Le silence plane toujours, et la faute revient à Martine, sa mère, qui aurait dû l’éloigner ou s’éloigner avec elle. Si l’on ne peut pas conseiller un cœur amoureux, peut-on seulement aviser un cœur obsédé ? « Home is where heart is », a simplement rappelé Ray, pour conclure cette longue partie qui a fait un détour par la Bible, l’aristocratie, la psychologie et autres.
La plume de l’auteur
« Instructive et fluide » ont dit les participants ; « comme un fleuve » a reconnu Pauline. Et cette idée d’isoler les personnages, les privant de toute aide possible, n’a servi qu’à démontrer combien, en définitive, chacun doit faire ses choix selon ses pulsions et les assumer. Invité à prendre la parole après avoir suivi en silence et avec intérêt les deux heures d’échanges, Aristide OLAMA a tout d’abord salué la qualité des lectures faites et l’intéressante implication des lecteurs dans le roman ; un tel investissement pour se retrouver au cœur de l’histoire pour en tirer le cru, il l’a trouvé remarquable. Aristide approfondit les connaissances en donnant la source de son écriture de ce texte : le constat d’une banalisation de tout, et surtout des choses interdites.
Tant de choses ont été relevées et partagées au sujet de ce roman qui, à la fin, remporte la note de 8/10. Tout en exhortant les éditeurs, une fois de plus, à encore plus de professionnalisme, nous reconnaissons les efforts qu’ils fournissent déjà pour publier des œuvres littéraires dans un contexte qui n’est pas très prompt au soutien du Livre. Avec un peu plus de pensée pour le Livre de Qualité, ils y seront sans peine. Les choses interdites, c’est se permettre de s’interdire.
La Librairie des Peuples Noirs a vibré, ce vendredi 26 septembre à 15h, au rythme des mots et des voix lors de la dédicace du recueil La revanche de l’amante de la poétesse Anne Rachel Aboyoyo. Placée sous la modération du journaliste retraité de la CRTV, Lazard ETOUNDI, la cérémonie a rassemblé éditeurs, universitaires, passionnés de littérature, amis et famille de l’autrice.
La rencontre s’est ouverte avec la prise de parole de François NKEME, éditeur des Éditions Proximité, qui a rappelé l’historique de la maison et son engagement en faveur des voix nouvelles et audacieuses. Le moment central fut ensuite la lecture de la note de lecture par le Dr Jean-Marie YOMBO, chef du département de français à l’École normale supérieure de Bertoua.
Dans son analyse, le Dr Yombo a mis en évidence la force et la cohérence d’un recueil profondément ancré dans la réalité sociale. Selon lui, La revanche de l’amante explore la condition féminine africaine à travers la figure d’une « amante » revendicatrice, qui s’affirme contre la domination patriarcale et les illusions d’une libération superficielle véhiculée par certaines idéologies contemporaines. Le critique a souligné le désir féminin au cœur de l’œuvre, ainsi que le rôle du langage poétique comme instrument de résistance et d’affirmation. L’écriture d’Anne Rachel se distingue ainsi par sa simplicité et sa lisibilité, en rupture avec les courants d’avant-garde, tout en restant dense et percutante.
Le recueil aborde des thèmes essentiels tels que l’amour, la sexualité, la virilité et la restauration de la femme par la présence de l’homme viril, offrant une réflexion nuancée sur les relations hommes-femmes et le rôle complémentaire de chacun. Sa poésie, à la fois lapidaire et syncopée, invite à une relecture attentive, faisant du langage un espace d’émancipation et de créativité.
Après cette analyse critique, la poétesse a partagé son expérience d’écriture et sa vision de la poésie comme espace de vérité et de liberté. Un échange nourri avec le public a permis d’approfondir les thématiques abordées, avant de laisser place à la traditionnelle séance de dédicaces. La rencontre s’est achevée dans une atmosphère chaleureuse, marquée par un moment de convivialité offert par l’autrice, scellant ainsi la fraternité des mots par celle du partage.
Avec La revanche de l’amante, Anne Rachel ABOYOYO A. signe une œuvre poétique à la fois intime et universelle, ouvrant une voie singulière dans la littérature féminine africaine contemporaine.
Catherine Laure MONGONO, étudiante en Master (Univ. Yaoundé 1, département de français)
La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwenest une collection de « livres mobiles » sur laquelle les amoureux de lecture du quartier Songa-Boko à Douala (Cameroun) et d’ailleurs peuvent désormais compter. Elle a pour mission de faciliter l’accès à la lecture, promouvoir la littérature dans les périphéries, et contribuer à l’éducation et à la formation des citoyen.ne.s. Une initiative de Lorena Nolwen KAMAHA LEKEUFACK, la Miss Littérature Afrique 2025.
La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen est plus qu’une étagère où emprunter des livres : elle se veut un coin de formation, d’éveil et de rencontres.
Elle souhaite promouvoir la littérature, la culture et le savoir dans des espaces où personne ne s’attend à les trouver : les quartiers populaires, les milieux défavorisés… Elle reste ouverte à toute collaboration ou soutien, afin de renforcer ses actions et de pérenniser son impact sur les jeunes générations. Virginia Woolf disait que les livres tiennent debout tout seuls. La Bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen, c’est là où le livre tient sur quatre roues.
Le fonds documentaire de La bibliothèque Roulante de Lorena Nolwen provient en grande partie des livres personnels de sa promotrice, ainsi que des dons de ses proches. L’on y retrouve : – De la littérature générale en langue française : romans classiques et contemporains, poésie, théâtre… d’auteurs africains et occidentaux – De la littérature jeunesse : contes, albums illustrés, bandes dessinées, romans jeunesse. – Des livres de sciences humaines et sociales : histoire, économie, comptabilité, gestion. – Des livres de sciences et techniques : ouvrages d’initiation aux TIC.
Ce fonds est évalué à 141 documents. Vous pourrez les découvrir du mardi au dimanche, de 09h à 18h, sauf les jours fériés.
MODALITÉS DE LECTURE ET DE PRÊT
La consultation surplace est à accès libre et gratuit pour tous les usagers. Une inscription dont le montant s’élève à 1000 FCFA, aboutissant à une carte d’abonné, concrétise l’abonnement à la bibliothèque et donne droit au prêt des documents, à l’accès gratuit aux activités organisées par la bibliothèque et à un sac flanqué du logo de la Bibliothèque Roulante, qui permettra le transport et la conservation des livres empruntés.
Les livres empruntés, d’un nombre maximum de deux (2), pourront être gardés pendant 14 jours maximum par l’abonné.e. Au-delà de ces jours, il/elle sera soumis.e à une pénalité de 100 FCFA par jour de retard de retour.
SERVICES COMPLÉMENTAIRES
Ateliers de lecture, d’écriture, de dessin et d’art oratoire ; rencontres littéraires ; débats ; concours de lecture à haute voix, de dessin, d’écriture…
BESOINS ACTUELS DE LA BIBLIOTHÈQUE
Pour mener à bien sa mission d’éducation et de culture dans les milieux éloignés du centre-ville, La Bibliothèque Roulante a besoin de nombreuses ressources : – Ressources documentaires Acquisition d’ouvrages récents en littérature de tous les continents ; acquisition d’ouvrages en langue anglaise ; acquisition d’ouvrages de non-fiction pour le public adulte ; acquisition de manuels scolaires et didactiques ; acquisition régulière de magazines, journaux, périodiques ; développement du fonds numérique (ebooks, abonnements à des revues en ligne)…
– Équipements ✓ Mobilier : étagères à roues, chaises, tables ✓ Matériel informatique : ordinateur, imprimante, scanner de code-barres. ✓ Connexion internet haut débit et Logiciels de gestion des bibliothèques.
– Ressources humaines Recrutement du personnel pour les postes à pourvoir ; formation continue du personnel en bibliothéconomie ; recrutement de bénévoles pour l’animation et l’accompagnement des usagers.
– Financement et partenariats ✓ Soutien logistique, financier pour les acquisitions documentaires ✓ Sponsoring pour les ateliers, concours et autres animations culturelles ✓ Partenariats avec des institutions éducatives, culturelles et autres entreprises privées.
Fondatrice : LEKEUFACK KAMAHA Lorena Nolwen Responsable : Poste à pourvoir Chargé de la communication : Poste à pourvoir Chargé de l’animation culturelle : Poste à pourvoir Partenaires actuels : Biscuiterie Samuel Foyou, Brasseries Samuel Foyou