Auteur/autrice : ACOLITT

  • D-LIVRE… Pascal BEKOLO BEKOLO « Pabé MONGO », président de l’APEC, parle du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun



    Bonjour, monsieur BEKOLO BEKOLO ou devrais-je dire « Pabe MONGO »… Merci de vous livrer à notre jeu de questions. Vous êtes un acteur de la scène littéraire africaine qu’on ne présente plus. Vous êtes entre autres le coordonnateur national du pôle littéraire du Cameroun et le président de l’Association Nationale des Poètes et Écrivains Camerounais (APEC), la toute première association littéraire du Cameroun. Quelles sont les missions de l’APEC à cette ère de la littérature camerounaise ?

    Créée le 23 Janvier 1960, l’Association Nationale des Poètes et Ecrivains Camerounais a le même âge que l’état indépendant du Cameroun. A l’aube exaltante des indépendances, l’APEC se donnait pour mission sacrée « d’arrimer l’indépendance culturelle à l’indépendance politique ! » Pendant trente ans (1960-1990), cette prestigieuse association va fonctionner à l’unisson du pays, comme une véritable République des Lettres au sein de la République du Cameroun ! En 2017, au moment où nous en prenons les rênes, l’APEC est dans un état de dormance depuis près de 25 ans ! Nous plaçons notre mandature sous la bannière de « APEC RENAISSANCE » ! Par cette devise, nous nous arrimons directement à la Renaissance Africaine, le nouveau concept fédérateur de l’intelligentsia continentale dont nous épousons les objectifs ! Depuis lors, nous sommes attelés à faire en sorte que la littérature du Cameroun devienne l’un des plus grands fleuves qui alimentent l’océan littéraire africain ! A noter d’ailleurs que l’APEC est un membre fondateur de l’Association Panafricaine des Ecrivains (PAWA), fondée en1989 et basée à Accra au GHANA.

    Des critères particuliers, en dehors d’être poète et/ou écrivain, pour être un membre de l’APEC ?

    L’APEC est la maison des poètes et des écrivains camerounais. De tous les poètes et tous les écrivains : qu’ils soient publiés ou non. Il suffit d’avoir produit un manuscrit, ou d’être en train de rédiger son premier texte, ou seulement d’avoir envie d’écrire ! Les écrivains confirmés, les auteurs en herbe, ou en rêve, s’exprimant dans les langues officielles, étrangères ou camerounaises sont les membres naturels de l’APEC ! En dehors de ces membres naturels, l’APEC s’honore aussi d’avoir des membres d’honneur et des membres bienfaiteurs issus de toutes les couches de la société et œuvrant à la promotion de nos belles lettres.

    L’APEC a lancé, en 2023, le Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun (GPLMC). Cette première édition a été remportée par Djaili Amadou Amal, la diva de la littérature qu’on ne présente plus. La deuxième édition a couronné Priscillia MANJOH. Quels étaient les contours la première édition ?

    En dépit des contraintes de temps, des objectifs trop nouveaux et d’une organisation plutôt complexe (trois sous-jurys et un super jury bilingue), la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameron, aura été un coup de maître. La participation record à cette première édition a mobilisé dix-neuf maisons d’édition dont 13 francophones, 04 anglophones et deux en Europe, avec un ensemble de 45 ouvrages : 7 en langues nationales, 5 en anglais, 33 en français.


    Huit Prix Spéciaux escortaient le Grand Prix, tandis que de hautes personnalités du monde des Lettres recevaient des distinctions honorifiques de Dignitaires de la plume et de Dignitaires honoris causa. La réussite populaire était également au rendez-vous avec une Salle de convivialité comble et débordante. L’édition 2023 entend évidemment aller plus loin, notamment dans la communication, la mobilisation des partenariats et du sponsoring, et la promotion du second volet du Grand Prix, à savoir les distinctions honorifiques de Dignitaire de la Plume et Dignitaire honoris causa.

    Au Cameroun, on compte une pléthore de prix littéraires. Le GPLMC vient-il pour corriger une imperfection ?

    En effet, la scène littéraire camerounaise est vivace, surtout en matière de Prix littéraires. Vous avez des prix sur manuscrit, des prix sur un seul genre littéraire, des prix sur une langue, etc. L’approche de l’APEC n’est point corrective, mais globalisante ! Elle trouve son fondement dans notre volonté d’embrasser et de brasser l’ensemble du phénomène littéraire camerounais et de le pétrir pour en faire une institution digne de notre pays.
    Pour bien appréhender l’impératif de la globalisation, il faut consulter l’état actuel de notre littérature. A nos yeux, la littérature camerounaise se présente à ce jour comme un archipel d’îlots littéraires, sans passerelles entre eux et sans bordure tout autour ! Il y a la littérature camerounaise d’expression française et la littérature camerounaise d’expression anglaise, deux corpus de notre littérature, qui ne se parlent ni ne se connaissent ; encore heureux qu’ils ne se combattent ! La bibliographie de la diaspora constitue un troisième ensemble distinct, sans lien organique avec les autres. A ces trois premiers ensembles s’ajoute la germination des littératures en langues nationales qui se font déjà remarquer par leur grande vitalité.


    Le Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun qui se veut une copie conforme du bilinguisme et du multiculturalisme national met toutes ces monades en émulation, dans tous les genres littéraires majeurs (roman, théâtre, poésie et nouvelle) et dans toutes les langues d’expression (français, anglais et les langues nationales) pour en faire une gerbe littéraire colorée et unie.


    Au regard de sa structuration, le GPLMC serait donc, sans toucher au mérite de l’animation ambiante tous azimuts, une sorte de Prix des Prix ! Emporter ce Prix c’est véritablement se situer au sommet de la littérature de notre pays, et non dans une loge médiane. D’où son nom Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun. Le Symbole du Mont Cameroun, la demeure tutélaire de EPASA MOTO, est invoqué ici pour symboliser la grandeur, l’appel au rassemblement et au respect des valeurs.

    L’un des objectifs que nous voulons atteindre par ce prix, c’est de soutenir tous les genres littéraires et remettre à flots ceux qui ont tendance à disparaitre sous la pression de l’image et du numérique. Le théâtre en particulier, la nouvelle aussi. D’ici peu, ressuscités par le GPLMC, tous ces genres vont reverdir !


    L’autre objectif est de contribuer au vivre ensemble camerounais en littérature par la traduction de l’ouvrage gagnant dans l’autre langue officielle. Ce qui concourt également à influencer favorablement la circulation des ouvrages.


    Le GPLMC ne se contente pas de délivrer un palmarès, il suit l’auteur primé durant toute l’année. Il est alors revêtu de son bandeau glorieux qui fait office de lauriers !
    Vous noterez enfin que la participation au GPLMC est gratuite. Il n’est réclamé aucun franc pour faire acte de candidature. Nous en faisons une question d’honneur et de résilience, malgré les affres de la conjoncture.

    Quelques images de la deuxième édition

    Vous totalisez 53 ans de vie d’écrivain, quel regard posez-vous sur les jeunes acteurs du livre camerounais ?

    53 ans de pratique littéraire ! Je rends grâce à l’Eternel pour cette merveille ! Du haut de ma tour du cinquantenaire, je suis heureux de constater que le Cameroun reste toujours la terre des génies littéraires qu’elle a toujours été. De Ferdinand OYONO, MONGO BETI à Djaili, en passant par Calixthe BEYALA, Léonora MIANO, Eugène EBODE et beaucoup beaucoup d’autres, le Cameroun maintient son firmament littérature bien étoilé. Il faut à présent qu’une institution littéraire nationale professionnelle et ambitieuse mette en valeur cette iconie de manière endogène. Telle est la raison d’être du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun.


    Le 23 septembre 2025 aura lieu la cérémonie qui dévoilera le.la troisième lauréat.e du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun. A qui le tour ?

    Propos recueillis par P.O.



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    La deuxième édition du Salon du Promoteur Littéraire Online (SAPLO) est en cours. L’appel à panelistes est disponible ici



  • SALON DU PROMOTEUR LITTÉRAIRE ONLINE – Édition 2 : APPEL À PANELISTES

    Après la première édition (retrouvez tous les échanges sur la chaîne Youtube ACOLITT) qui a été témoin de votre engouement, nous vous invitons à poursuivre l’aventure avec la deuxième édition. Toute la chaîne du livre et ses métiers connexes peuvent y participer.

    Promoteurs Littéraires, auteurs de tous les genres, éditeurs, journalistes, Promoteurs de festivals, bibliothécaires /médiathécaires, relecteurs, lecteurs, promoteurs de prix littéraires, libraires universitaires, blogueurs, concepteurs de jeux, agents littéraires, BDéistes, etc. sans distinction… tenez-vous prêts ! Du 24 au 30 novembre 2025, le Salon du Promoteur Littéraire Online (SAPLO) 2 sera littérairement vôtre, sous le thème général : Je pense donc je livre…

    S’ENREGISTRER ICI ou SCANNER LE QR CODE JUSQU’AU 15 OCTOBRE 2025

    ACOLITT, pour une littérature dynamique !




  • APPEL À TEXTES SEGUIMA 2025

    Il est lancé un appel à textes pour une anthologie africaine de textes sous forme de fiction. Une initiative des Editions Seguima (Sénégal), en collaboration avec Acolitt (Cameroun), dans la période allant du 12 septembre 2025 au 10 octobre 2025.

    📍 JUSTIFICATION DU PROJET

    L’Afrique traverse une époque cruciale de son développement. Notre continent a besoin d’une refondation sur fond de renaissance culturelle. La littérature doit y jouer un rôle de premier plan. Elle a le devoir de porter l’ultime combat pour la déconstruction de la superstructure idéologique qui a permis la domination mentale des Africains par les Occidentaux. L’Afrique doit se reconnecter à elle-même en revisitant son héritage et entamer sa renaissance. Pour cela, le livre est un enjeu majeur.

    « Le canon contraint les corps, l’école fascine les âmes… », dit Cheikh Hamidou Kane dans « L’aventure ambiguë ». En effet, l’école, à travers le Livre, a formaté l’esprit de l’Africain au point de lui faire oublier ou tout au moins de renier sa culture.
    Il est grand temps que, par ce même Livre, les Africains renversent la vapeur en réhabilitant notre mémoire, en arrachant notre patrimoine culturel, comme le voulait Cheikh Anta Diop, pour engager la renaissance qui nous mènera à la souveraineté culturelle et globale.
    Pour nous, cela passe par une production littéraire de qualité qui sensibilise le citoyen sur les enjeux de l’heure et suscite le développement des intelligences africaines qu’elle égaye et distrait en même temps qu’elle éveille.

    Dans l’esprit qui ressort de ces considérations, SEGUIMA innove avec l’accompagnement tout autant efficace qu’enthousiaste de l’Agence de Consulting Littéraire (ACOLLIT). A l’occasion, nous ne voulons pas confiner l’immense créativité des auteurs que vous êtes dans l’étroit corset des genres littéraires aux contours flous définis sans nous du temps où nous étions colonisés.
    Ce que nous recherchons, c’est à la fois l’éthique et l’esthétique sans contrainte de genre (littéraire) mais à dimensions raisonnables, pour une question d’ordre pratique, une anthologie ne pouvant être constituée que de textes courts.
    Nous demandons donc de beaux textes à caractère fictionnel de dimensions limitées, qui s’inscrivent dans le cadre du thème : Vision de l’Afrique : Déconstruction, Héritage et Renaissance

    📌 RÈGLEMENT INTÉRIEUR

    Article 1 : La participation à cet appel à textes est gratuite. Il est ouvert à tous les Africains et Afro descendants, sans distinction, qu’ils soient sur le continent ou dans la Diaspora, capables de proposer des textes d’une littérarité avérée. Les textes doivent être écrits en français (notre diversité linguistique ne nous permettant, malheureusement pas pour l’instant, de nous comprendre tous).

    Article 2 : Les caractéristiques des textes à soumettre sont les suivantes :

    Nombre de pages : de 5 à 10
    Format A4
    Fichier Word uniquement
    Taille de police : 12
    Interligne : 1,5
    Police d’écriture : Times New Roman
    Marges : normales
    Pas d’entête ni bas de page
    Pas de plagiat
    Ne pas envoyer plusieurs textes ni des textes déjà publiés ou tirés d’une intelligence artificielle.
    Les textes ne comporteront pas les titres ni les noms des auteurs. SEGUIMA se chargera d’attribuer un code à chaque texte, avant la transmission aux membres du jury. Le non-respect de cette consigne entrainera une disqualification.

    Les textes seront envoyés à seguimaeditions@gmail.com au plus tard le 10 octobre 2025 à 23h59. Les candidats veilleront à mettre en objet « Appel à textes SEGUIMA 2025 »

    Dans le corps du mail, ils renseigneront les informations suivantes :

    Prénom(s) et nom(s) de l’auteur(e) à l’état civil
    Pseudonyme (facultatif)
    Nationalité de l’auteur(e)
    Pays de résidence de l’auteur(e)
    Titre du texte soumis
    Numéro de téléphone / WhatsApp
    Une photo-portrait (claire, à visage découvert et sans monde autour)
    Une biographie de 50 à 200 mots
    Une autorisation parentale signée avec nom et prénom du parent ou du tuteur légal, si l’auteur(e) a moins de 18 ans

    Article 3 : Les textes doivent être sous forme d’une fiction. Cependant, il peut aborder tout domaine selon la volonté de l’auteur (amour, vie familiale, vision politico philosophique, etc.) sous réserve du respect des valeurs africaines

    Article 4 : Le jury sera composé de professionnels de la littérature et de lecteurs issus de plusieurs pays d’Afrique.
    Nos partenaires aideront à ponctuer chaque articulation de cet appel à textes par une communication digitale et au niveau des médias sénégalais, pendant l’appel à textes et après la publication des résultats.

    Article 5 : Les critères majeurs sur lesquels s’appuieront les membres du jury sont :
    Respect du thème
    Pertinence du texte
    Maniement de la langue
    Originalité du sujet ou du style
    Valorisation de l’Afrique
    Cohérence dans le texte
    Attractivité du texte

    Article 6 : Les vingt (20) meilleurs textes choisis par le jury seront retenus pour constituer une anthologie africaine intitulée : Ces beaux textes d’Afrique !

    📢 Les trois textes les mieux notés par le jury recevront des primes spéciales :
    1er prix : 70.000 FCFA
    2ème prix : 50.000 FCFA
    3ème prix : 30.000 FCFA

    Les vingt lauréats recevront chacun un diplôme de participation et cinq (05) exemplaires de l’anthologie qui sera produite par les Editions SEGUIMA et diffusée en Afrique et partout où ce sera possible.

    📌 Proclamation des résultats : novembre 2025.

    Pour plus d’informations :
    📧 seguimaeditions@gmail.com
    📞 +221 78 545 69 03

    A VOS PLUMES !



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  • « Quand je pense à toi », un poème de Symphora Lascribe et Essaid Manssouri

    Quand le vent pleure sur les feuillages,
    Je pense à toi.
    Quand le soleil se dispute avec les nuages,
    Je pense à toi.
    Quand les lampes perdent leurs éclairages,
    Je pense à toi.
    Quand la nuit masque nos villages,
    Je pense à toi.
    Quand l’absence se mire dans nos paysages,
    Je pense à toi,
    Quand les rides câlinent légèrement ton visage,
    Je pense à toi.
    Quand tes lunettes lisent mes messages,
    Je pense à toi.
    Quand ta fleur implore son défunt âge,
    Je pense à toi.
    Quand la solitude déclare ton long voyage,
    Je pense à toi.
    Quand les souvenirs portent leurs bagages,
    Je pense à toi.

    Quand mes paupières s’embrassent sous mes collyres
    Je pense à toi.
    Quand mes larmes se concertent pour trouver le bon pH
    Je pense à toi.
    Quand mon estomac synchronise mon cerveau et mon cardio
    Je pense à toi.
    Quand mon subconscient mime une chanson d’amour rétro
    Je pense à toi.
    Quand, de mes rêves, tu restes le personnage principal
    Je pense à toi.
    Quand le temps et la distance m’accablent de te voir
    Je pense à toi.
    Quand je relis nos vœux et promesses sous la couette de notre miel
    Je pense à toi.
    Quand ton parfum inspire mon souffle vers ton toucher
    Je pense à toi.
    Quand ta voix retentit dans les fragments de mon être
    Je pense à toi.
    Et quand je ne pense pas à toi, c’est que je pense.




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  • « Journal d’une jeunesse gaspillée ».Tome 1, de Himins au 15 Pages Par Jour Bookclub

    Prendre son temps, Avoir tout son temps, Faire ses propres erreurs, Être encore jeune… Que d’expressions communes au discours quotidien des parents et surtout des jeunes, quand il s’agit d’expérience. Et, comme dans bien des cas, c’est avec des « Si j’avais su » qu’on va pleurer sur ses échecs. Parfois, il est déjà bien tard. Pourtant on est encore jeune.


    Autour du thème « ETRE CONSCIENT.E », les membres du club de lecture 15 Pages par Jour se sont donné rendez-vous le 06 septembre 2025, à la bibliothèque de La Maison des Savoirs, au quartier Etoudi à Yaoundé, pour plonger dans ce texte autobiographique écrit depuis des souvenirs de l’auteur Himins, du temps où il était encore étudiant à l’université de Buéa, dans le Sud-Ouest du Cameroun.


    C’est sous la forme de notes de cette période de six longues années, entre alcool, sexe et fête, pour obtenir une Licence qui normalement ne lui aurait pris que trois ans, que le jeune étudiant va écrire la plus douloureuse expérience de sa jeunesse. Décidé à nourrir et consommer ses folles envies de mondanités, il va se livrer à divers petits boulots pour financer ses activités nocturnes, loin des amphis et des cours que sa « jeunesse » lui interdit de suivre assidument. « Tu as le temps de te rattraper », lui répète une voix intérieure. Il va donc affronter diverses situations, entre les conseils de ses parents qu’il n’écoute pas et la luxure qu’il embrasse sans modération, et expérimenter le bord de l’abîme. L’idée du suicide ne le quitte plus.

    UNE EXPÉRIENCE GLOBALE DE JEUNESSE

    Selon les membres du 15 Pages Par Jour, la jeunesse dans l’univers de l’écriture a poussé notre l’auteur à produire un livre court qui aurait pu avoir un volume quatre ou cinq fois plus important, car le journal a la particularité d’exprimer une intimité  authentique fondée sur des détails étendus des émotions de chaque évènement  ; avec cette forme d’écriture, il est interdit de se mentir ou de s’interdire sa propre réalité. S’il est écrit pour soi, le journal ne change pas de forme quand il doit être publié, rappelle-t-on durant les échanges.
    Pour se défendre, Himins, qui a fait le déplacement depuis Douala pour vivre ce moment qu’il dit « salutaire pour sa plume », a parlé des premiers lecteurs de son manuscrit, notamment des parents, qui lui auraient signifié être peu à l’aise avec le contenu cru que présentait la manuscrit premier. Influencé, il aurait alors dilué son propos et se serait limité à la simple narration de surface, sans donner plus de détails. Et c’est justement ce que tous les membres de du club de lecture ont soulevé : « Il manque à ce livre l’expérience des scènes, des contextes et des personnages. », l’a soulevé Pauline ONGONO, rappelant à l’auteur combien le lecteur reste sur sa faim face à certaines situations dans son texte.

    UNE CIBLE TOUCHÉE

    Laura, la benjamine du club et nouvellement bachelière, a partagé son épanouissement face à cette lecture qu’elle a partagée avec sa mère. Elle soutient, tout comme Bertille Audrey qui s’est reconnue dans les lignes de Himins, que le livre présente la réalité de nos universités ainsi que les zones de perdition qui ouvrent grand les bras aux jeunes qui vont faire l’expérience des études supérieures au Cameroun. Laura se dit alors mieux préparée à affronter cet univers nouveau qu’elle va intégrer dès cette année.
    Pour Célestine, poétesse elle-même déjà passée par la case « Auteur du jour » du Club, la question de l’éducation est à nouveau à considérer, et dans sa totalité, parce que les parents aussi doivent tenir leur rôle sans lâcher, tandis que les enfants doivent faire preuve de respect en écoutant et pratiquant les conseils. Pour elle, même si la cible dit se reconnaître, elle n’entend pas pour autant changer d’attitude, puisqu’elle voit les réseaux sociaux et autres cercles d’influenceurs et influenceuses séduire et détourner des jeunes plus enclins à suivre l’instinct pour le gain, parfois seulement de like ou de followers, que l’intelligence pour leurs études ou d’autres activités vertueuses et constructives. « Les parents doivent rester vigilants, mais les enfants aussi doivent savoir écouter ceux qui sont passés par là avant eux. », insiste-t-elle. Que les jeunes veuillent tout et tout de suite ne peut que contribuer à gaspiller ce temps dont ils peuvent se servir pour se construire avant le moment des regrets.

    Et la question des détails est encore revenue, puisque l’auteur a plus mis l’accent sur la détresse d’un jeune qui échoue, que sur celle des parents qui eux aussi souffrent de voir leurs espoirs se ruiner dans la débauche et l’immaturité.

    QUESTION DE SANTÉ MENTALE

    L’expérience de Himins a poussé certaines personnes de l’assistance à reconsidérer leurs positions quant à ce sujet  ; l’auteur, alors qu’il se voit rattrapé par l’âge et notamment la barbe blanche qui lui envahit le visage, s’est retrouvé au bord du suicide, quand il a « ouvert les yeux » pour réaliser qu’il avait gâché ses ressources et n’avait plus rien de solide sur quoi tenir pour envisager le futur rêvé. A l’image de la couverture du livre qui le montre au crépuscule, Himins ne se posé plus la question du suicide ; il sait que désormais c’est une question de temps. Il trouvera bientôt le courage de sauter dans le vide.
    De plus en plus de jeunes font face à cette situation, pour avoir considéré qu’ils étaient trop jeunes pour se prendre au sérieux. Encore une fois, la question du contenu de ce livre, quant aux détails saillants manquants, a fait dire à l’assistance que le texte n’est pas assez fourni pour des jeunes de cette époque, pleine de tentations faciles à adopter, pour paraphraser Audrey O., Amina et Erine. Surtout une époque où tout va vite, et 24 heures semblent ne plus suffire à s’épanouir dans une journée.

    VERS UNE PLUME PLUS ÉPANOUIE

    Venu de Douala pour en apprendre un peu mieux sur son écriture auprès des professionnels de la Littérature, Himins a pris ses notes et promis de considérer son inspiration autrement. Il a compris le sens de la critique et s’est ouvert à ces remarques que beaucoup redoutent ou rejettent même quand elles sont fondées et nécessaires.
    Conforté aussi dans son approche, il saura désormais comment tenir son journal pour offrir le meilleur de son expérience et contribuer effectivement à faire évoluer la condition de l’étudiant dans le milieu actuel dont l’écosystème est des plus redoutables.
    « Si tu veux que le lecteur te reçoive, il faut que tu t’ouvres. », a affirmé Ray NDÉBI, pour conclure les cent-vingt minutes d’échange. La rencontre a été différente des précédentes, celle-ci un peu plus orientée vers la critique, car l’importance du sujet et la proposition de l’auteur ont saisi ses lecteurs, qui ont tenu à lui apporter de leur expertise.

    Le livre, Journal d’une jeunesse gaspillée, a obtenu la note de 07/10 car, malgré les insuffisances relevées, le potentiel réel de la plume, quant à son apport dans le rétablissement des valeurs nobles dans l’esprit des jeunes, est évident. Il ne lui reste donc plus qu’à rejoindre les cimes qui constituent son ambition. D’autant plus que le tome 2 est déjà en circulation et que « Himins » signifie « Vient de Dieu ».




  • Fragments de vers dans le ciel : le nouveau recueil du Congolais Marel Fleuri en prévente

    Vous serez les bienvenus dans ce recueil de poèmes de style classique qui dépeint le monde actuel et attire son attention sur le danger encouru notamment en matière climatique.

    L’œuvre regorge d’une variété de thèmes dont certains mettent en avant l’accent sur l’Afritude qui est selon l’auteur, une tendance consistant, non à réclamer l’identité africaine, mais à mettre l’action sur la valeur ajoutée de celle-ci, en l’affirmant, en la traduisant par les actes.

    Il s’agit de rebâtir une Afrique par les africains, et chacun, dans son domaine ; continuer de donner du tonus à toutes celles et tous ceux qui ne se lassent pas d’agir en faveur de l’Afrique et pour l’Afrique, débarrasser de tout complexe.

    L’environnement aussi est un « fragment » de ce recueil, comme pour rappeler au monde et à ses dirigeants, de l’urgence d’agir, de protéger la terre face aux attitudes climaticides. L’homme du XVIIIè siècle a connu le machinisme ; celui de ce siècle est sous les feux de la high-tech. Ces fragments interpellent l’humanité sur notre postérité si rien n’est sérieusement encadré.

    Enfin, l’amour, la jalousie… des vices comme des vertus rejoignent la liste des « fragments » qui constituent ce recueil.

    C’est alors à dessein que le titre est « Fragments de vers dans le ciel ». il s’agit ici du vers poétique qui, projeté dans le ciel littéraire en plusieurs thématiques, vise à atteindre les lecteurs de divers horizons et de diverses tendances, et partager avec eux les fragments de poèmes qu’il contient.

    📌 Sortie officielle le 14 septembre 2025. Cérémonie ouverte à tous au Diaspôras, 6 rue de Tracy 75002 Paris.

    Marel Fleuri est le lauréat de la catégorie Poésie de l’édition 2025 du concours d’écriture Couleurs d’Afrique lancé par la maison d’édition La Perle Noire

    📌 Éditeur : La perle noire

    📌 Autres informations disponibles sur le site de l’éditeur


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  • Prix littéraire OSÚ 2025 : Le règlement

    Et désormais une ouverture sur toute l’Afrique !


    ARTICLE 1 – PRÉSENTATION


    Le prix littéraire OSÚ est une initiative de la maison d’édition Éclosion qui s’est donné pour mission de promouvoir l’écriture chez les jeunes. Pour ce faire, en février 2021, la maison d’édition a lancé ce prix littéraire et a enregistré de nombreuses candidatures pour chacune des trois (03) catégories en lice à cette première édition. Les lauréats ont été primés le 17 février 2022, lors d’une soirée organisée par Éclosion, au Djeuga Palace de Yaoundé.

    ARTICLE 2 – OBJET DU PRIX LITTÉRAIRE OSÚ

    Les manuscrits doivent être entièrement écrits par les candidats qui les soumettent. Le plagiat ou la soumission des écrits d’une autre personne ne sont pas autorisés. Chaque participant affirme être l’auteur de l’œuvre soumise et s’engage à respecter le règlement du prix littéraire OSÚ.
    Le concours est ouvert exclusivement aux Camerounais et aux Africains âgés de 15 à 55 ans ;
    Les manuscrits déjà présentés lors des éditions précédentes ne seront pas recevables ;
    Les lauréats des éditions précédentes peuvent candidater avec d’autres œuvres ;
    Sont soumissionnés uniquement les manuscrits qui n’ont jamais été publiés ;
    Date de lancement : juin 2025 ;
    Date limite de réception de candidature : 31 décembre 2025 à minuit.

    ARTICLE 3 – INSCRIPTION

    Pour s’inscrire au concours, chaque candidat doit :
    Remplir et déposer la fiche d’inscription avec le manuscrit sous format papier et numérique ;
    NB : Les candidats résidant hors de Yaoundé pourront envoyer leurs manuscrits et leurs fiches de souscription par email (editioneclosion@gmail.com).
    Payer les frais d’inscription qui s’élèvent à dix mille (10 000) francs CFA. Le paiement des frais d’inscription se fera soit en cash, au siège de la maison d’édition lors de l’inscription, soit par paiement mobile à l’un des contacts +237 678704086 /698031502.
    Avoir un manuscrit qui répond aux critères définis par la maison d’édition (cf. Article 5).

    La fiche d’inscription disponible au siège de la maison d’édition sise à Yaoundé, Kondengui (route derrière Carrosel) ou sur notre site web www.editionseclosion.cm.
    Les inscriptions se font au siège de la maison d’édition ou en ligne après avoir payé et rempli la fiche d’inscription. La réception des manuscrits se fait à l’adresse : editioneclosion@gmail.com

    ARTICLE 4 – CATÉGORIES EN COMPÉTITION

    Les genres littéraires en compétition :
    Roman ou recueil de nouvelles ;
    Livre écrit en langue maternelle camerounaise ;
    Théâtre ;
    Poésie ;
    Livre en langue anglaise ;
    Bande dessinée ou livre pour enfant (illustré).
    Pour que votre inscription soit prise en compte, votre manuscrit doit remplir les conditions ci-après.

    ARTICLE 5 – CARACTÉRISTIQUES DU MANUSCRIT

    1- Contenu
    Pour cette édition, les organisateurs souhaitent valoriser les cultures et les valeurs africaines et surtout camerounaises. Pour ce faire, le manuscrit doit :
    Aborder des thématiques, les fléaux et problèmes, des histoires inspirées de nos réalités africaines ;
    Les noms de personnages, des villes, l’environnement… doivent s’inspirer des noms et lieux africains ;
    Le manuscrit peut être écrit en français, en anglais ou en langue maternelle camerounaise.

    2- Format et présentation

    • Etre au format A4 portrait, écrit avec la police Times New Roman 12 pt, interligne 1,5 pt et justifié.
    • Nombre de pages du roman ou du recueil de nouvelle (100 à 200 pages), livre en langue maternelle (50 à 100 pages), bande dessinée et livres pour enfants (20 à 52 pages), poésie (50 à 100 pages) et théâtre (50 à 100 pages).

    ARTICLE 6 – LES JURYS

    Les jurys officiels sont composés de deux à cinq personnalités de la scène littéraire mondiale : écrivains, journalistes, universitaires, hommes de culture, etc. Ils sont chargés d’évaluer les manuscrits des participants, afin de désigner les lauréats par catégorie, et de leur décerner des récompenses. Les jurys ainsi que les membres du comité d’organisation ne peuvent en aucun cas participer au concours. Ces derniers ont le devoir de répondre à toute question relative aux critères d’évaluation des manuscrits.
    Les candidats s’engagent à respecter le choix établi. Les notations du jury seront établies selon les critères suivants :
    – Originalité : la manière de traiter le problème et l’histoire racontée
    – Pertinence de l’œuvre : problématique abordée.
    – Cohérence : une cohérence entre le titre du livre et le contenu, entre les différentes péripéties de l’histoire et thèmes traités.
    – Style d’écriture de l’auteur.
    Une fiche d’évaluation est mise à la disposition de chaque membre du jury.

    ARTICLE 7 – LES PRIX

    À l’issue du concours, les jurys choisiront une œuvre par catégorie. Les lauréats recevront chacun :

    • Un lot d’une valeur de 300.000 (trois cent mille) francs CFA (Roman, Poésie, Théâtre, livre pour enfants) ;
    • 500.000 (cinq cent mille) francs CFA pour le livre écrit en langue maternelle ;
    • La signature d’un contrat d’édition avec les éditions Éclosion pour publication de l’œuvre gagnante ;
    • La publication et la vente de son livre.
      Le nombre de récompenses peut être amené à être modifié en fonction du nombre de participants : les jurys et le comité d’organisation peuvent primer jusqu’à trois lauréats par catégorie, s’il y a pertinence. Et ne primer aucun lauréat dans une catégorie si personne ne répond aux critères.

    ARTICLE 8 – LES MINEURS

    Les mineurs sont autorisés à participer au concours à condition de fournir une autorisation parentale pour l’inscription dûment signée par le parent ou le tuteur légal.

    ARTICLE 9 – PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE

    Les participants au concours reconnaissent avoir pris connaissance et acceptent le présent règlement. Ils autorisent expressément et à titre gratuit les éditions Éclosion à reproduire leurs noms, photos et titre du manuscrit ou extrait partiellement ou entièrement sur tous supports de communication et notamment sur le site, les réseaux sociaux de la maison d’édition ainsi que ceux de ses partenaires. Toutefois, après le concours, les candidats n’ayant pas été primés peuvent récupérer leurs manuscrits ou demander leur destruction, pour ceux qui ont déposé la mouture physique.
    NB : Déposez les copies de vos manuscrits, car ils ne seront restitués.

    Les lauréats au prix littéraire OSÚ ont un délai de six mois (06) pour se rapprocher de la maison d’édition et prendre connaissance des modalités d’édition afin que nous puissions commencer le travail sur l’œuvre. Les couvertures des livres édités dans le cadre de ce concours porteront une mention spéciale.

    ARTICLE 10 – MODIFICATION, ANNULATION

    Les éditions Éclosion se réservent, à tout moment, la possibilité d’annuler ou de modifier sans préavis, si les circonstances l’exigent, sans que sa responsabilité puisse être engagée, le présent concours. Dans la mesure du possible, ces modifications ou changements feront l’objet d’une information préalable par tous moyens appropriés. En cas d’annulation, les éditions Éclosion devront faire part aux candidats et leur restituer les frais d’inscription ainsi que leurs manuscrits. En cas de désistement d’un candidat, aucune indemnisation ne sera offerte en compensation.

    ARTICLE 11 – RESPECT DU RÈGLEMENT

    La participation à ce concours implique le plein accord des candidats à l’acceptation du présent règlement et aux décisions concernant tout aspect de ce concours. Le non-respect du règlement entraîne l’annulation de la candidature.

    La Directrice Générale des Éditions Eclosion, Christelle NOAH

  • BIOLITT : Arthur Himins, auteur et traducteur-interprète camerounais

    Si chaque être humain a la possibilité d’utiliser ses talents et compétences pour contribuer à bâtir un monde meilleur, l’écriture est le domaine dans lequel s’exerce HIMINS.

    Originaire du Cameroun, HIMINS est un auteur passionné, un activiste humaniste doté d’un calame à la fois profond et tranchant, tel un glaive. Féru de philosophie et de sagesse africaine, son tout premier ouvrage s’intitule Journal d’une Jeunesse Gaspillée, une autobiographie écrite en deux tomes. Avant le deuxième tome susmentionné, il publiera Votre Différence est une force, ouvrage portant sur le handicap, du point de vue des handicapés.

    HIMINS est aussi un traducteur-interprète Freelance (français, anglais et espagnol), commerçant et jeune investisseur.

    En 2023, il fonde la Tontine Littéraire, un club de lecture basé à DOUALA (Cameroun), qui a offert la possibilité à de nombreux auteurs camerounais et africains, de se faire connaître.

    En novembre 2024, il participe à la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain, sous l’invitation de l’Union Européenne au Cameroun.

    Sa plume est influencée par l’auteur Félix MBETBO ; les écrivaines Suzie DO’O, Kelly YEMDJI ; le romancier BEYROUK ; le Dr Joseph Marcel EBOA (auteur et coach financier) ; et Robert GREENE, auteur de bestsellers.


    Avec des lecteurs au Cameroun, en Afrique et dans la Diaspora, HIMINS n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et ambitionne d’entrer dans le panthéon littéraire africain voire mondial.




  • Anne Rachel ABOYOYO A. et la quête de l’humain authentique

    LE MOT DE L’AUTEURE

    Nous rôdons tous aux abords du bonheur, à chercher l’apaisement de l’être, dans toute activité humaine. En venant à l’écriture, c’était cela mon rêve : trouver l’apaisement de l’être en soumettant le mot à l’expression des vides. Ai-je réussi ?
    Ce qui est sûr, ce sont les étapes du parcours :


    – 2007, Bouquet de cendre, Anthologie de la poésie camerounaise féminine d’expression française. Le livre publié par Jean Claude Awono et Marie-Rose Abomo-Maurin loge mes premiers textes publiés.

    – 2011, Senteurs du crépuscule arrive ; j’ai écrit et publié mon premier livre, avec le seul espoir conscient, de vouloir réveiller les lecteurs à l’émotion, à l’attendrissement, à la compassion. Bien naïf objectif, quand on sait, avec Umberto Éco, que le texte littéraire est un insaisissable ouvert à toutes les interprétations. J’en prendrai pour mon chef, avec quelques retours de lecture.


    – 2016, Les graines du silence. Je résiste à la déferlante inhumanité qui s’alerte à mon passage. Je postule la stratégie de l’altérité triomphante, je rêve de quiétude les yeux ouverts sur un monde qui proclame vertement le pugilat…


    – 2022, Des vers au bout du canon, un collectif, reçoit l’écho de ce désir d’harmonie intérieure et avec le cosmos.


    – 2024 , Les chansons d’Angongué, un collectif encore, dessine et répercute l’attachement à l’harmonie avec les autres.


    – 2025, La revanche de l’amante, scelle le procédé de socialisation qui m’est cher, et qui se joue dans la conception du lien amoureux.
    C’est un livre de la maturité conceptuelle sûrement. La revanche de l’amante fixe le cap du beau et du vrai à mon sens, et participe d’une dynamique de la déculpabilisation des protagonistes, dans la relation amoureuse. Face à un système de prédation de la vérité de l’être, lié à la super promotion du matériel sur le spirituel, ce livre est un acte de résistance (qui sera porteur dans le temps, je le pressens) face à la dérive capitaliste de la gestion du sentiment amoureux, qui jette l’opprobre sur l’ombre présumée (l’amante, c’est-à-dire la compagne officieuse). Au même moment, le livre expose l’humiliation que subit la lumière supposée (l’épouse légale) enténébrée par l’aigreur et les calculs de bas étage.


    Ce que j’y propose, c’est l’observation minutieuse des splendeurs des paradoxes apparents : la passion resplendit lorsque l’absence est acceptée comme son carburant par exemple, et donc comme un don ; l’idée de la fusion repose en réalité sur l’hétérogénéité qu’impose l’exercice de la liberté (aimer suggère le partage et non l’égocentrisme au nom d’une débâcle embellie de la jalousie) ; l’idée même de l’émancipation est restructurée dans la considération de soi par rapport à soi-même et non par rapport à une finitude matérielle, axée sur le port d’un anneau ou la gestion d’un budget de famille.


    Il faut donc éviter de s’attendre à lire un livre qui rentrera dans la description basique d’une guéguerre infinie de femmes à la solde d’une querelle pour avoir un homme. C’est bien au-delà, la proposition d’une conception de la relation amoureuse qui déplace les bornes de la castration des facultés naturelles de l’homme (de sexe masculin) à protéger, partager, diriger et soumettre. C’est un refus de participer à l’émasculation du mâle humain.



  • « Amnésique » d’Yvette NOUGA : D’amour et de résilience par Pauline M.N. ONGONO

    « Où sommes-nous ? Qu’est-ce que je fais ici ? » C’était le premier signe de son amnésie, après cet accident qui a emporté l’amour de sa vie…


    Nsili et Lenssi se revoient au hasard des choses. Nsili est médecin, elle revient d’une longue période de spécialisation en France. Une chose l’anime, faire ce travail qui, quelques années en arrière, ne lui permettait même pas d’avoir une vie descente. Rentrée de Paris, elle devient le médecin à avoir à tout prix. Comme quoi, traversez la mer et devenez automatiquement le plus compétent. Elle mène sa vie entre ses parents, son boulot, sa sœur, prise de temps en temps dans l’étau du fameux « Tu te maries quand ? » de sa mère, madame MESSINA.


    Lenssi est son amour de jeunesse. A peine se sont-ils retrouvés par le hasard des choses, qu’ils se lancent dans une relation maculée de passion, d’amour, de rires… de toutes ces choses qui nourrissent les papillons dans le ventre. « (…) revoir Lenssi hier, a suscité une vive émotion en moi. », lirez-vous à la page 27. Leur mariage est alors une évidence quelques années plus tard, et de cet amour, tombera des fruits. Mais une ombre plane sur eux : Nsili n’est pas aimée de sa belle-mère et ses efforts pour se faire aimer restent vains. Le couple en fait tellement pour changer ce sentiment, que cela les mène à ce moment fatidique, ce 05 février, jour où tout a basculé… Ce jour où tous ces moments idylliques se sont effacés de la mémoire de ce personnage ; ce jour qui lui a prouvé que la vie valait d’être vécue ; ce jour qui a emporté la paix dans la vie de tous les personnages… « Vous avez une amnésie secondaire à votre accident de voiture », lui dira son psychologue au chapitre 7 qui porte d’ailleurs le titre « Amnésie », dès la page 173.


    Le roman « Amnésique » est écrit sous un détail de chronologie et de lieux. Il commence à Paris en septembre 2018 et s’achève en février 2024 à Nkoteng. De sa plume, Yvette NOUGA, camerounaise et médecin épidémiologique, décrit une histoire où tout se veut rêve et beauté ; compréhension et amour ; appréhension et solution ; pleurs et rires… Paru chez Eclosion, une maison d’édition basée au Cameroun, « Amnésique » est une vague houleuse de 248 pages sous un temps intermittent de 10 chapitres et d’un épilogue.
    A travers cette vague, Yvette NOUGA dépeint ces choses que l’on voit tous les jours, qui passent inaperçues ou pas, mais qui s’impriment dans notre subconscient, jusqu’au jour où survient un événement qui vous fera les oublier entièrement ou pas. Elle a choisi de donner à chaque personnage la parole, pour exprimer, sans détour, ressentiment, gratitude, haine, complexe et la liste n’est pas exhaustive. La lecture de ce roman nous a permis de relever ce que nous appellerons les sept péchés sociaux de « Amnésique », ceux-là même qui portent ce roman :


    Premier péché social : La non valorisation des diplômes locaux et des jeunes diplômés :
    Nsili subit des injustices et des salaires minables qui ne lui permettent même pas une gestion efficace des frais de transport, comme vous le lirez à la page 6. Aller en France change la donne, car « Au Cameroun, un médecin qui a un diplôme, même un simple diplôme universitaire obtenu d’une université étrangère et plus encore européenne ou américaine, a une aura décuplée face à ses pairs, de l’avis des patients. », lirez-vous à la page 7. Ou encore à la page 44 : « Nous avons un problème au Cameroun quand il s’agit d’avoir des postes de responsabilités. Etre jeune quand cela arrive, peut poser des problèmes. »

    Deuxième péché social : les rapports avec la belle-famille :
    Dans ce roman, Yvette NOUGA dépeint les rapports belle-mère – belle-fille très souvent teintés d’hypocrisie ou de haine ouverte, mais aussi de beaucoup d’amour. Autant madame MESSINA était détestée de sa belle-mère, autant elle aimait Lenssi, son beau-fils ; et comme un mauvais héritage, Nsili a connu la même haine. Elle a bu presque jusqu’à la lie, la haine de sa belle-mère, Ma’a Seudjang, que même la naissance de son premier petit fils n’a pas réussi à adoucir : « C’est juste que je me disais que vous n’étiez pas obligés de rester ensemble parce que vous avez un enfant ! (…) Je t’ai trouvé quelqu’un qui soit à ta hauteur et qui te portera haut. », dira-t-elle à son fils, à la page 154, ne tenant pas en compte le fait qu’il était déjà marié, mariage auquel elle avait d’ailleurs décidé de ne pas assister.


    Troisième péché social : Le tribalisme :
    Yvette NOUGA met sur le tapis le pseudo non amour entre les tribus camerounaises de l’Ouest et celles du Centre. Une pseudo haine qui a pourtant été à chaque fois la preuve d’unions solides et d’amour vrai entre mari et femme, le cas échéant, entre Lenssi et Nsili. Ce troisième péché est l’objet du rapport nocif entre Nsili et sa belle-mère. Elle est bassaa et ewondo, il est bangangté.


    Quatrième péché social : La pression familiale :
    « Comme toute mère, maintenant j’espère la voir mariée et maman. » Nsili n’avait pas défait ses valises à son retour de France que, déjà, sa mère nourrissait ses envies de belle-mère et grand-mère à la page 15. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à lui mettre cette pression, tout son entourage semble voir en elle cette évidence du « tu dois déjà te marier et avoir des enfants ». Même si cet aspect est relevé avec douceur dans le roman, il n’en reste pas moins qu’il résonne comme un tambour d’Afrique dans le subconscient. Nsili n’avait pas trente ans, elle estimait avoir encore assez de temps pour réfléchir sur la situation.


    Cinquième péché social : La maladie :
    Le roman « Amnésique », au-delà de sa connotation, est aussi le théâtre de la Covid-19 et de toutes les émotions, nouvelles habitudes et inventions médicamenteuses que cette période a connues, comme vous pourrez le lire à la page 38. Mais aussi, le souvenir de ce que la vie n’aurait peut-être plus été, cette chaleur que cette maladie aurait volée, si elle avait perduré.


    Sixième péché social : L’amour :
    Il est vrai que lorsqu’on parle d’amour, on s’imagine toujours le beau et le bon, mais pensons-nous qu’il peut aussi être gage de conséquences désastreuses ? La lecture du livre vous montrera à quel point l’amour a gâché des vies : l’amour pour une mère, l’amour pour un fils, l’amour en trop grande quantité qui peut être agaçant des fois.

    Septième péché social : L’orgueil :
    Voici un péché qui est commis par tous les personnages à un moment donné de leur évolution ; car s’il y a une force qu’a eu Yvette NOUGA lors de l’écriture de ce texte, c’est bien celui de l’évolution des personnages. Une qualité qui manque à plusieurs auteurs de romans.


    Suivant « ces sept péchés sociaux », le titre de ce roman ne symbolise donc pas juste un état de perte de données cérébrales, mais une amnésie liée aux bienfaits de l’union des familles lors du mariage, au pourquoi de l’éducation locale, aux avantages multiculturels, au vivre-ensemble national (vécu pourtant hors des frontières, comme vous le lirez à la page 129).


    « Amnésique », c’est aussi l’étalage de l’échec de la femme. Entre madame MESSINA qui ne comprend pas le désir de Nsili d’y aller doucement malgré tout l’amour qu’elle porte à Lenssi, Ma’a Seudjang qui refoule sa belle-fille… La femme, dans ce roman, est la cause du chaos qui va chambouler la vie des personnages.


    « Amnésique », c’est une invitation à découvrir le Cameroun. Yvette NOUGA n’a pas été chiche, elle a valorisé les villes et villages du Cameroun, les rythmes, les néologismes, les prénoms à connotation camerounaise à l’exemple de « Nsili » qui signifie « question ». Vous pourrez y lire aussi : « les pleurs du Mbolé paktout-paktout » à la page 148 ; « no milk » à la page 149 ; « djoudou » à la page 103 ; et les lieux tels que Ebolowa, Nkolandom, Akoa-kass, Ekom-Nkam, Dibombé, Mont Manengoumba, Mbalmayo, Bangangté… Toutes ces choses qui témoignent de la simplicité d’écriture d’Yvette NOUGA et la facilité de lecture de ce roman.


    « Amnésique », c’est aussi une somme de questions, une somme de « et si ». Et si elle ne l’avait pas aimé ? Et si elle l’avait accueillie ? Et s’ils ne s’étaient pas revus ? Et s’ils n’étaient pas issus de cultures différentes ? Et plein d’autres « et si ».
    Malgré sa couverture de couleur sombre, « Amnésique » est porteur d’espoir. Une sorte de Harlequin à la camerounaise qui vous transporte, vous éteint et vous fait renaitre. Il termine d’ailleurs à la page 248 avec la note : « Aujourd’hui, je débute un nouveau chapitre de ma vie ».


    A cette ère où la santé mentale est de plus en plus démystifiée et concerne même ceux qui paraissent sains d’esprit, « Amnésique », premier livre de l’auteure, rentre dans le sillage des supports à utiliser pour en parler. Qu’il ait été choisi parmi les livres primés au prix littéraire OSU édition 2023 était donc judicieux.


    Aussi vrai que lire des livres délivre, il suffira de dépenser 5000 FCFA, de le lire, pour être délivré. Contact : infoslitt@gmail.com