Auteur/autrice : ACOLITT

  • Les 5 questions posées à Jocelyne EBANGA, auteure camerounaise et lauréate du prix ÓSU, édition 1

    J’avais déjà évacué tout cela de mon esprit lorsque j’ai reçu l’appel d’Eclosion m’annonçant que mon roman avait été sélectionné pour la suite de l’aventure. C’était comme un rêve qui devenait réalité.

    Bonjour, Jocelyne EBANGA et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présenterez-vous ?

    Je suis Jocelyne EBANGA, née à Elat-minkom et membre de la congrégation des Filles de Sainte Marie de la Présentation depuis 2013. Je viens d’une famille chrétienne et nombreuse.

    Vous êtes l’auteure du roman «Née dans le Mboko : Fille d’une nanga » paru aux Éditions ÉCLOSION. De quoi s’agit-il ?

    Le roman « Née au mboko » retrace le quotidien des enfants de la rue et dans la rue, les raisons qui les amènent à adopter ce style de vie et les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Par ailleurs, le roman célèbre la vie. En effet, la vie est sacrée et toute vie a de la valeur. Au-delà de la vie des enfants de la rue, le roman dénonce les fléaux comme le viol, les rites de veuvage humiliants et l’avortement.

    Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec ce roman, la lauréate du troisième prix dans la catégorie roman de la première édition du prix littéraire ÓSU qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.

    En 2021, je suis tombée sur la rediffusion du journal de canal 2 et l’un des reportages portait sur le concours ÓSU. Le lendemain, j’ai effectué quelques recherches sur internet et j’ai copié l’adresse mail et le contact de la maison d’édition. Quelques jours après, je me suis présentée dans leurs bureaux et je me suis inscrite pour la première édition du concours. C’était au mois de novembre. J’ai attendu qu’ils me rappellent, mais en vain. J’avais déjà évacué tout cela de mon esprit lorsque j’ai reçu l’appel d’Eclosion m’annonçant que mon roman avait été sélectionné pour la suite de l’aventure. C’était comme un rêve qui devenait réalité.

    Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et la littérature au Cameroun ?

    C’est une question très vaste. Je dirais que la littérature camerounaise est riche et en plein essor avec de nouveaux auteurs, des thématiques variées. Cependant, on note les difficultés d’édition, de visibilité, de lecteurs parce qu’en général, très peu d’Africains lisent, surtout les jeunes.

    Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?

    Les auteurs camerounais tels que DJAILI Amadou Amal, MONGO Béti, Séverin Cécile ABEGA, Engelbert MVENG, Ferdinand OYONO ont bercé ma jeunesse. Tout ce que je peux dire aux auteurs camerounais, c’est de continuer à enseigner par leurs écrits. Je souhaite aussi qu’ils soient plus nombreux à s’engager dans une littérature plus engagée. 



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    La troisième édition du prix littéraire ÓSU est lancée et court jusqu’au 31 décembre 2023. Ci-dessous, des informations. Pour plus d’informations, appels, WhatsApp et mails par les contacts sur les affiches.



  • FESTIFOUS : QUAND LA LITTÉRATURE TCHADIENNE EST EN EXTASE


    La communauté des écrivains et auteurs du Tchad et de la coordination des activités du Festival International le Souffle de L’Harmattan, par la voix du Dr Patrick Clément OYIEH, félicite la promotrice du Festival International des Fous du Livre (FESTIFOUS)


    Ceint d’admiration et de respect envers la passion et le dévouement de la Camerounaise amoureuse de la littérature et promotrice du festival littéraire international FESTIFOUS, le Dr Patrick Clément OYIEH a tenu à féliciter Marie Bertille MAWEM.

    L’engagement de cette dernière à promouvoir les écrivains et auteurs du monde entier joue un rôle dans ce geste d’acclamations, au vue de cette plateforme unique, le FESTIFOUS, où les talents littéraires peuvent s’épanouir et être célébrés.

    Dr Patrick Clément OYIEH a tenu à mettre en exergue la vision de la promotrice qui vise à nourrir l’amour de la littérature et à encourager la diversité culturelle transcontinentale.
    On peut donc aisément dire que les efforts de Marie Bertille MAWEM pour organiser ce festival littéraire international ne passent pas inaperçus. Et à juste titre. Car, mobiliser des écrivains de renom, des érudits et des passionnés du monde entier pour un partage de connaissances et d’expériences, créant ainsi des liens précieux entre les différentes cultures et traditions littéraires est une chose dont la littérature a besoin.

    Dr OYIEH redouble d’acclamations devant la foi et l’opiniâtreté de la promotrice, dans un climat assez délétère au Cameroun, pour les écrivains et les auteurs du monde entier. Il décrit cette pugnacité d’inestimable, d’incomparable et presqu’incroyable, digne d’une touche indomptable littéraire.

    Dans ce contexte qui voit la jeunesse cliver, Dr OYIEH estime que Marie Bertille MAWEM est une source d’inspiration pour de nombreux jeunes qui rêvent de faire carrière dans le domaine littéraire, par son engagement et sa détermination qui prouvent qu’il est possible de réaliser de grandes choses grâce à la passion et la persévérance.

    « Marie Bertille MAWEM, votre festival littéraire international est une véritable célébration de la créativité et du pouvoir des mots. Continuez à éclairer le monde de la littérature avec votre festival et vos activités, car chaque page tournée, chaque histoire partagée, contribue à un monde plus diversifié, riche d’histoires et d’émotions.
    Que votre festival continue de grandir et d’inspirer de nombreux autres passionnés de la lecture et de l’écriture à travers le monde !      Avec toute mon admiration profonde, mon inclinaison totale et ma très très haute considération.

    Le Coordonnateur des activités du Festival International le Souffle de L’Harmattan 10,
    Dr Patrick Clément Oyieh,
    Professeur d’éloquence
    Directeur général de l’institut d’Art Oratoire du Tchad »

    Acteurs de la littérature, soyez de la partie du 06 au 09 décembre 2023, pour la quatrième édition du FESTIFOUS. Contact utile : (+237) 657695643 (WhatsApp)


    ACOLITT



  • BIOLITT :  Laurest Franck KEMAJOU, auteur camerounais

    Laurest Franck KEMAJOU est un jeune d’une polyvalence remarquable.

    Étudiant en bibliothéconomie et documentation, il réussit à allier études, écriture et vie active.

    C’est donc un entrepreneur et un promoteur culturel. Il est le directeur de publication d’un magazine bilingue spécialisé dans l’entrepreneuriat, et à travers lequel il promeut également la littérature.

    Il est co-auteur de plusieurs ouvrages collectifs, entre autres :

    • Notre révérence aux héros de la paix et de la stabilité
    • Les Lions Indomptables, ensemble pour la sixième étoile
    • Bon vent, Samuel Éto’o !

    Et de deux livres à son nom :

    • Sous les Cieux de Notre Mère-Patrie
    • Dans le Pénitencier de la Conscience

    Ce deuxième livre, paru en avril dernier aux Éditions de Midi, sera l’objet d’une cérémonie de dedicace ce 26 août à Yaoundé.


    Jeune acteur de la société civile, il est volontaire à la DYNAMIQUE MONDIALE DES JEUNES, un mouvement à but caritatif.


    ACOLITT



    Nos services :

  • Les 5 questions posées à Christine TSALLA ELONG, auteure camerounaise

    Bonjour, chère auteure et merci de répondre à nos questions. Qui est Christine TSALLA ELONG ?

    Christine Tsalla ELONG, c’est une passionnée des belles lettres. Christine, c’est une personne curieuse. Christine, c’est une grande lectrice. Christine, c’est une grande admiratrice de toutes nos icônes qui se font et se démarquent pour lever au plus haut rang la littérature africaine, sans oublier tous ces combattants qui se battent pour la libération de l’Afrique. Christine rêve d’une Afrique forte, debout, libérée, fière.

    Mexico est votre dernier livre. Une invitation à ne plus craindre cette partie du monde ou autre chose ?

    Ne vous méprenez pas, il existe dans ce pays une réalité qui, de très loin peut, de façon vertigineuse, dépasser la fiction. En ce qui me concerne, j’ai fait un choix, celui de raconter le beau. En toute chose, il y a du beau. Même le tableau le plus sombre a quelque chose d’exceptionnel, d’extraordinaire.

    Mexico est le titre de mon dernier livre. Loin d’être l’histoire de ce Mexique englué dans le sang de ses enfants, je raconte cette partie humaine du Mexique, ces ruelles tranquilles, ces paysans qui vaquent tranquillement à leurs occupations, ces enfants insouciants qui jouent, cet accueil très chaleureux réservé aux étrangers, l’amour à la mexicaine. Bref… la normalité.

    En tant qu’autoeditée, nous imaginons que vous faites face à plusieurs difficultés. Faites-vous confiance à votre seul regard après la relecture de vos textes pour dire  »OK ! Publions-le » ?

    Impossible. Personne ne saurait se faire confiance à cent pour cent, même si vous êtes le gagnant du plus grand prix littéraire. Si les machines se trompent, à plus forte raison un homme. Personnellement, la tâche la plus complexe pour moi est de me relire. L’auto-edition tout comme l’édition classique a besoin d’accompagnement à tous les niveaux. Les avis, les appréciations ou dépréciations sont autant de choses qui accompagnent toute œuvre tout au long de sa vie. L’auto-edition nécessite plus de sérieux, de détermination. Il faut à la limite être jusqu’au boutiste, avoir une grande foi et confiance en son produit. Ce n’est donc pas facile. Et de plus, vous investissez de votre argent.

    Vous étiez récemment au Cameroun et avez mené plusieurs activités. Quelle a été votre impression sur l’espace littéraire camerounais ?

    Avant de répondre, j’aimerais profiter de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui m’ont gentiment accompagnée et qui ont travaillé d’arrache-pied pour mener à bien la promotion de mon dernier livre, Mexico. Je pense particulièrement à ACOLITT et aux différentes équipes de la CRTV, de InfosTV, de Mo’Radio.


    Le Cameroun est un pays d’intellectuels. Ils savent ce que c’est que de produire une œuvre littéraire. En plus, les gens sont curieux. Ils savent apprécier et reconnaître à sa juste valeur un travail fait avec ardeur. Chaque pays ayant ses limites, beaucoup reste à faire. Il faut, par exemple, rendre les livres accessibles, proposer des activités autour du livre, vulgariser le livre et così via.

    Si vous gagnez deux places dans un parc d’attraction. Avec quel acteur de la littérature iriez-vous ?

    Mon coup de cœur, Imbolo Mbue.

    Merci, chère auteure, pour votre disponibilité.

    C’est plutôt moi qui vous remercie.

    Linelitt et les arts



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    Nous vous présentons les services de ACOLITT

  • Il a été lu… Mon enfant, ma vie de Rosine YÉMÉLÉ, auteure camerounaise

    « Mon enfant, ma vie » est un essai de la psychologue Rosine YEMELE qui a paru en 2021 aux éditions Éclosion. Il compte 110 pages regroupées en treize chapitres organisés en deux parties.

    L’éducation de l’enfant est une tâche pas du tout facile. S’y pencher tel que l’a fait notre auteure est un acte à saluer.

    Les transformations de la société africaine, confrontée au quotidien au modèle de vie occidentale, rend la chose encore plus complexe. Le parent-éducateur est donc confus, désemparé et trouve dans les textes comme celui de notre auteure une sorte de boite à outils pour ce travail à plein temps qu’est l’education de l’enfant.

    Dans ce texte facile à lire parce qu’écrit avec des termes précis et concis, l’auteure présente dans le préambule qui précède les 13 chapitres, la méthodologie utilisée pour la rédaction de cet essai. Celle-ci va de la collecte des données auprès de parents dans différents fora pour cerner la « problématique de la perception » qu’ils ont de leurs progénitures. Ceci amène le lecteur au plat de resistance qui commence avec la première partie du livre qui s’intitule : « QU’EST-CE QU’UN ENFANT ? ».

    Dans les dix chapitres que compte cette partie, l’auteure donne les clés permettant de comprendre ce qu’est effectivement un enfant. De façon plus précise, elle renseigne le lecteur sur comment pense, communique, agit, réagit et apprend un enfant. Il est également aborder la question sur comment l’entretenir, sur les besoins, les difficultés, les désirs de l’enfant et ce qu’on peut attendre de lui. À cette partie très dense succède la seconde qui comporte quant à elle trois chapitres: « COMMENT EDUQUER SON ENFANT PACIFIQUEMENT ».

    Comme l’annonce ce titre, l’auteure propose ici quelques astuces et conseils pour mener à bien cette tâche. 

    Aujourd’hui, l’éducation des enfants est un domaine très prisé avec l’évolution des sciences sociales. La société moderne est de plus en plus complexe et les enfants doivent être préparés à affronter les défis de demain.

    Le parent- éducateur, face à ce challenge, est partagé entre espoir et incertitude. Pour pallier cette situation, la psychologue Rosine YEMELE, à travers son livre « Mon Enfant, Ma vie » propose des astuces.
    Au-dela de l’aspect structurel du livre, il nous apparait d’entrée de jeu que l’auteure essaye d’exposer, selon les disciplines, les concepts centraux qui permettent de définir et surtout de saisir ce qu’est « UN ENFANT ». Une chose pas tout à fait facile. Selon Rosine Yemele, « l’enfant est un être humain à part entière, de petite taille, qui a besoin de son entourage, avec qui il faut cohabiter, échanger. C’est également un être à former, à éduquer, à enseigner ; pas parce qu’il est ignorant de tout, mais parce qu’il a besoin de soutien intellectuel. » (p.19-20). L’auteure estime que l’enfant aurait une certaine « maturité cognitive » généralement imperceptible par les parents qui pourraient facilement influencer son ‘’Devenir’’ : d’où la nécessité de comprendre son « raisonnement », qui varie selon les tranches d’âges. « De 0-à 2 ans, l’enfant fonctionne selon le principe du ‘’Ça’’, ses désirs seraient des ordres. De 2-3 ans, c’est le ‘’Moi’’, il commence à prendre conscience de son individualité, il comprend qu’il est LUI et sa mère est ELLE. De 3-5 ans, le ‘’Surmoi’’, il intègre les règles et normes de fonctionnement de son environnement. De 5-8 ans, l’enfant est plus ouvert, il s’exprime et écoute. Enfin de 8-10 ans, il est capable de tenir un raisonnement logique et faire un choix ». (p.23-32).

    Mais cette arithmétique semble trop simpliste pour appréhender l’intellect d’un être dynamique, évolutif, à notre humble avis.
    Dans les chapitres 3 et 4, elle mentionne le fait que l’adulte traite l’enfant sans aucune considération pour sa personnalité. D’après elle, ceci est causé par l’incompréhension de ses besoins surtout quand celui-ci s’exprime par des : « cris, pleurs, gestes, balbutiements, formulations des phrases » (p.35-38). De plus, le parent néglige également de prendre en compte « des attitudes comme tout mettre dans la bouche, sucer une partie du corps ou reproduire ce qu’il ne sait pas mauvais, que le parent trouve déplacé » (p.41-44). Il faut souligner que Rosine Yemele mentionne avec force le fait que le processus d’apprentissage chez l’enfant qui commence dès le sein de sa mère se poursuit tout au long de son évolution, ainsi que le besoin permanent de se sentir « aimé » de ses parents, le prépare à affronter les conflits. Chaque enfant a un rôle à jouer. Le monde des adultes est construit sans enfant, égoïstement, sans une véritable attention à leur être propre. Pourtant, l’enfant et l’adulte n’ont pas les mêmes besoins, ne vivent pas au même rythme. De ce fait, leur coexistence est parfois difficile. Ce qui sera traité en deuxième partie.

    La deuxième partie que nous trouvons déséquilibrée structurellement par rapport à la première se consacre à ce que l’auteure appelle l’éducation pacifique. C’est le lieu de proposer quelques préalables pour que le processus de ladite éducation soit harmonieux. Tout d’abord, Rosine YÉMÉLÉ suggère que le parent doit se connaitre (qualités, défauts, tempérament), et faire preuve d’une maitrise de soi. Ensuite, il est impératif pour lui de connaitre son enfant, ses traits de caractère, ses besoins, et surtout de l’aimer. Ceci doit se faire si possible avec l’apport des conseils et observations d’un spécialiste du comportement. Elle propose également la tenue d’un emploi de temps spécialisé, pour un meilleur suivi. Et enfin, elle rappelle ce qu’est un parent : quelqu’un qui doit éduquer, former, accompagner un enfant dans sa vie, tout en évitant d’être froid ou rigide.


    Le premier rôle attribué à un parent est sans aucun doute l’éducation de son enfant. Cette éducation a en effet pour but de développer les qualités de l’homme qu’il est appelé a être. Dès lors, la première nécessité qui s’impose dans ce processus est avant tout de connaitre la personne à éduquer. L’éducateur est en réalité celui qui aide l’enfant à atteindre la maturité psychique afin qu’il puisse assimiler correctement les valeurs universelles et s’intégrer dans la société.

    « Mon enfant, ma vie » propose une approche pacifique pour canaliser, orienter et rehausser les qualités positives de l’enfant. Pour réussir cette mission, le parent doit mettre de côté le « fouet » et la « colère », car l’enfant est un être social en devenir.

    Il est aussi important de prendre en compte le fait que dans la culture originelle africaine, l’enfant appartient à toute la société (expérience du passage de main à main) et non plus seulement à ses parents biologiques. Très tôt, confronté à cette diversité d’acteurs à sa charge, il est préparé psychologiquement à une vie tumultueuse.

    En lisant l’ouvrage, nous sommes malheureusement restés sur notre faim à plus d’un titre. En considérant le titre, tout lecteur non averti pourrait croire que cet essai offre une vision générale sur des cas pratiques des expériences de plusieurs ménages selon leur statut social, zone géographique ou encore selon leur aire culturelle. Force est de constater que l’essayiste a surtout développé son travail en se basant sur sa simple expérience personnelle et quelques notes générales sur la psychologie du développement de l’enfant. Elle n’a pas pris en compte la diversité et la complexite des situations qui peuvent caracteriser l’enfant. Car, comment étudier l’enfant, sans le situer à l’intérieur de sa culture, de son univers particulier où prédominent telle forme de pensée, tel climat affectif, tel niveau technique, tel mode d’affirmation de soi, tel type de langage ? Devrait-t-on en déduire que l’enfant de Nguelemedounga, de Bamena, d’Ebom-Zout ou de Bastos, d’Etoudi, d’Etoug-ébé ou encore celui en situation de handicap moteur, sensoriel, mental, cognitif, psychique… doivent avoir la même éducation ?
    Evoluant dans un contexte multiculturel comme le nôtre, n’aurait-il pas été d’un meilleur apport de passer par le miroir de cette richesse pour mieux observer la question de l’enfant et son éducation, afin de proposer des conduites réalistes à tenir pour réussir cette éducation de manière « pacifique » ?
    Au-delà de toutes ces remarques, « Mon enfant, ma vie » est un appel à l’autorité bienveillante, qui demande aux parents de faire plus d’efforts, de remettre en question leur mode de fonctionnement dans le but de s’adapter convenablement aux besoins de leur enfant. Une autorité qui se voudrait cohérente, ferme et souple; qui répondrait aux besoins de l’enfant en lui transmettant des règles claires. Ainsi, l’enfant comprendra ce qui lui est permis ou interdit. Et comprendra que la règle n’est pas une contrainte, mais une protection.

    Arielle DNOUTCHEU,
    Bibliothécaire jeunesse



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  • Il a été lu… Quand les racines chantent de Danielle EYANGO, auteure camerounaise

    La lecture du roman nous plonge dans un univers, où nostalgie , tristesse, solitude et mélancolie s'entremêlent. Jasmine mène une vie qui danse au rythme de la malédiction que subissent les femmes de sa lignée depuis son aïeul Nyake Rokia. Sa mère voit en elle une forme de rédemption et désire faire d'elle ce qu'elle n'a pas pu être : une femme au foyer. Les rétrospectives de Jasmine font naître et mourir sur les pages, au fil des lectures, une larme. Entre les blessures cachées de sa mère, le traumatisme dû à la violence et l'abandon de son père, elle ne mène pas une vie de tout repos.

    De plus, la disparition de son fiancé après l’opération qu’elle a subie pour se débarrasser du signe annonciateur de la malédiction qu’elle porte : 38 fibromes, n’est pas un atout de soulagement. Durant l’expiation de son Dikindo (malédiction en duala), Jasmine est seule. Elle ressent pleinement l’absence de sa mère. Jasmine est seule. Et elle en souffre. 
      
      

    «Gling! Gling! Gling!»

    Danielle Eyango, dès la première ligne du roman, jette les dés d’une histoire rocambolesque, rythmée par l’obscurité et la musicalité. Jasmine, le personnage principal, nous amène dans le monde obscur qu’elle découvre dans l’exercice de l’expiation du Dikindo de sa lignée. Elle incarne la femme face aux périples de sa vie, face aux attentes familiales, face au regard de la société…

    Les racines de Jasmine l’appellent; elle doit rentrer à Bonendalè pour réparer le tort, le tort causé par celle dont on ne doit pas dire le nom, le tort dont on ne doit pas parler. 

    Nous suivons Jasmine dans un périple rempli de mythes de la tradition africaine des côtes camerounaises, à travers une écriture qui remet au goût du jour, le style familier à la camerounaise. Elle nous fait découvrir les us et les traditions dualas, les langues et les rythmes du terroir. 

    Jasmine est une femme qui ne manque de rien. Elle vient d’une famille qui, après moultes turpitudes, a réussi à avoir une certaine stabilité financière. Elle-même, cadre dans une entreprise de la place, est promise à René Wakam, un jeune homme fortuné, beau et très convoité. Malgré les problèmes qu’elle a dans le cadre familial, elle entrevoit son avenir avec beaucoup d’enthousiasme, jusqu’au jour où sa malédiction se révèle : son utérus a disparu


    Danielle Eyango aborde sans réserve de nombreuses thématiques étroitement liées à notre contexte socioculturel. Il s’agit entre autre de :

     – Tradition ancestrale / tradition chrétienne : «Janea, tant que nous avons en commun le même et unique but, c’est-à-dire redonner à cette enfant la féminité qui lui a été mystiquement et brutalement retirée à cause de la faute de son aïeule, nous pouvons asseoir ensemble un protocole qui satisfera à la fois la tradition et l’église.» Danielle, à travers ce discours, tenterait de prôner une forme de consensus entre des croyances qui se côtoient et s’affrontent. En effet, l’expiation du Dikindo de Jasmine est partagée entre le respect de la foi chrétienne de cette dernière à travers les prières adressées à Jésus et à la Vierge Marie, les neuvaines et le respect des traditions vu à travers ses sorties nue et tard la nuit, sa marche d’expiation vers la rivière, la danse de l’ésèwè, les neufs draps qui doivent la recouvrir dès son retour triomphal au palais…

    – Préjugés et stéréotypes : «Ces filles dualas ne mettaient pas long feu en ménage…»

    – Les mariages forcés : «(…) on appelait cela le Damea la sombo, le rapt de la fiancée… C’était monnaie courante jusqu’au milieu du XX siècle.» Quand les racines chantent est aussi un témoignage des difficultés auxquelles font face les femmes sous le joug des hommes qui les étreignent, et des blessures qu’elles pensent en silence.

    – La solitude : cette thématique incarnera Jasmine le long de son périple. Elle est seule. Sa mère qui l’aurait peut-être soulagée est absente… comme toujours. Elle ploie sous le poids du silence et du secret dont elle ne peut se départir. 


    Danielle Eyango a la musicalité et la poésie dans l’âme. Elle a d’ailleurs été propulsée avec son recueil de poésie «Le parfum de ma mère» paru en 2020. Entre la nostalgie qu’expriment les ngosso dans «Quand les racines chantent», les pas de danse et la mélodie qui rythment ce récit, on est emporté grâce à son écriture qui frise l’oralité dans le voyage que l’encre et les mots dessinent devant nos yeux.

    Lire ce roman, son enfant comme l’auteure le déclare, a été une redécouverte de la littérature, un véritable plaisir, après son recueil de poésie « Le parfum de ma mère ». Se retrouver face à un registre qui traduit au mieux notre société, nos habitudes, notre vécu, donne envie de le lire encore et encore. 

    Quand les racines chantent est une œuvre qui s’invite à notre chevet. C’est une œuvre avant-gardiste et franche, malgré la tendance de l’auteure à prendre le taureau par les cornes. Le lecteur face à la vérité peut se sentir choqué, mais peut vivre une forme d’élévation à travers l’introspection à laquelle le livre invite.

    Danick Moissen Deffo Fonkou
    Université de Dschang
    Chercheur en Afrique et mondialisation



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  • Il a été lu… Quand les racines chantent de Danielle EYANGO, auteure camerounaise

    Synopsis de l’intrigue

    Quand les racines chantent est un roman de l’écrivaine camerounaise Danielle Eyango, paru aux éditions AfricAvenir en mars 2023. C’est un roman de 298 pages découpé en trois chapitres qui raconte en français, en duala et en allemand l’histoire d’une femme de 33 ans qui s’en va subir des rites dans son village maternel, dans l’optique de récupérer son utérus qui lui a été volé mystiquement. Jasmine Yondo, c’est le nom de l’héroïne. Jasmine a les artifices nécessaires pour mener une vie épanouie (travail bien rémunérée, maison…), elle a de valeureux attributs naturels pour avoir les hommes à ses pieds (elle est belle, le teint clair, bien mise, intellectuelle et croyante) ; mais il lui manque de prouver qu’elle est véritablement une femme, car elle n’a plus d’utérus, elle ne peut pas accoucher…

    Impuissante, Jasmine ne peut malheureusement pas échapper à ce qui a été prévu pour elle dans les lois naturelles de la tribu Bonendalè. Oui ! Jasmine « paie juste le prix du sang qu’elle porte » (P.22) et ne peut se dérober à ce qui l’attend tout au long de ce roman qui a focalisé notre attention de bout en bout : Jasmine doit battre le nkumbé pendant neuf nuits. Chez les duala, le nkumbé c’est la musique de l’eau exécutée gaiement et uniquement par les femmes, quand elles se baignent dans la rivière tôt le matin… A contrario, le nkumbé de Jasmine en est un de lamentation et de rachat. C’est « le nkumbé de la Rédemption. La rédemption de toute sa lignée. La rédemption de toutes les femmes de sa famille. La rédemption de ses entrailles. Elle [doit] chanter aux ancêtres offensés, la contrition et le remords de Nyakè la rebelle… Ce nkumbé-là, elle doit le faire seule. Dépouillée de tout. Dans la nuit.  (PP. 42-43)

    Chronologie et déroulement du nkumbé

    Il est convenu d’un protocole d’expiation entre Janéa Dooh La Mudi, représentant de la Tradition ancestrale duala, et l’abbé Martin SAMNICK, représentant de l’Eglise catholique romaine, afin d’unir leurs forces pour aider l’héroïne à retrouver sa féminité (Pages 29 et 195). Ce faisant, Danielle EYANGO met en lumière la complémentarité entre ces deux croyances que l’on tend toujours à opposer. Or, il est clair qu’en Afrique, si l’on a le choix de placer sa foi en telle religion ou telle autre, il n’en demeure pas moins que la tradition continuera d’occuper une place prépondérante. Dans ce sens, l’oracle affirme dans l’œuvre : « Notre tradition est religion, le socle même de notre spiritualité » (P.92). Plus loin dans l’œuvre, on peut s’apercevoir que les pratiques d’un côté comme dans l’autre concourent bien souvent aux mêmes fins ; et l’abbé SAMNICK de dire : « Je vous suis parfaitement, et d’ailleurs ceci n’est pas du tout étranger à l’Eglise » (P.106). En somme, l’idée défendue par l’auteure est là : il faut conjuguer avec les deux. C’est ce qu’elle a appelé : « le processus hybride d’indigénisation des rites de l’Eglise, et de christianisation des rites de Bonendalè… » (P.15).

    A ce titre, il va se passer des semaines durant lesquelles les deux parties vont assoir la stratégie de guérison de Jasmine. L’auteure a inséré cette période entre différents récits. Dans l’ordre, les discussions entre l’oracle et le prête apparaissent dans les pages suivantes : 15-19, 22-24, 29-30, 89-94, 106-111, 122-128, 185-188 et 291-297. Quarante pages au total pour comprendre le rite, le nkumbé !
    D’un côté, l’oracle explique ce qui est recommandé par la tradition ; et de l’autre, le prêtre veille à ce que rien dans le processus ne heurte la foi catholique de Jasmine.


    Quand ? Où ? Comment ?

    Le rite se fera en neuf nuits dans la rivière du village, et ceci toute nue. Jasmine doit franchir un certain nombre de barrières. Danielle EYANGO nous plonge ainsi dans un labyrinthe où il faudra garder toute sa lucidité, sa clairvoyance et son sang-froid de lecteur avisé pour ne pas se perdre.

    Pourquoi neuf nuits à la rivière toute nue ?

    La nuit représente l’obscurité dans laquelle est plongée la famille de la « maudite ».
    Le chiffre 9 est le seul chiffre qu’on peut lire à l’envers comme à l’endroit et qui signifie deux chiffres totalement opposés, comme l’ombre et la lumière. Dans la tradition des Bonendalè, il est le chiffre par excellence de Nyambè, le créateur de toute chose…
    La rivière… Il faut une eau qui coule, qui entraine au loin la malédiction.
    La nudité symbolise ici l’abaissement de la maudite devant les lois de la Tribu, les lois qu’elle a transgressées. Sa nudité signifie « ses genoux à terre »… Elle s’humilie, elle se dépouille de tout pour être pardonnée, de sorte que les Ancêtres Fondateurs et Nyambé, à l’issue des rites d’expiation et de réparation, puissent la rhabiller.


    Trois chapitres, trois nuits…


    Dans ce roman, Jasmine va exécuter les trois premières nuits de son nkumbé, le premier cycle. Ce qui laisse sous-entendre qu’il en reste six, et à l’évidence, si l’auteure garde l’équilibre, il reste également deux tomes de trois chapitres chacun.

    « Gling ! Gling ! Gling !
    (Et) il fit nuit… » (trois occurrences dans ce tome, pages 14, 94 et 205)

    La première nuit (pages 13-14, 19- 21, 24-28, 30-32, 42-53) : Jasmine est battue. On lui donne de violents coups de pieds dans le ventre. « (…) Tu penses que nous avons oublié ce que tu as fait ? La malédiction ne te quittera jamais ! ». Et elle est frappée plus fort. Affaiblie, elle évoque la prière à la Vierge Marie « (…) Maintenant et à l’heure de notre mort, amen… ». Cette prière à la Vierge Marie l’aide-t-elle ? A découvrir…

    La deuxième nuit (pages 94-95, 100-102, 103-106, 112-114, 116-122, 128-134) : Un bébé est mangé. Dans la rivière, Jasmine va subir un terrible affront.

    La troisième nuit (pages 205, 207-210, 216-218, 221-229) : Jasmine fait la rencontre d’un membre de sa famille déterminant dans son périple.

    Au fur et à mesure que les nuits se suivent, l’on a le sentiment que le rite se corse. L’auteure présente des scènes de combat à travers une gradation ascendante, à l’instar de : « l’eau de la rivière gonflait au fur et à mesure que Jasmine la battait. Elle devenait fleuve. Elle devenait mer. Elle devenait océan. Un fleuve à la fois à Bonendalè et dans un autre monde… L’eau bouillait comme une marmite au feu. Sa température grimpait à une vitesse folle ». Une image hors du commun qui met en lumière non seulement l’intensité de la lutte, mais aussi la détermination de l’héroïne à suivre son rite d’expiation et de réparation.

    Les histoires parallèles au nkumbé de Jasmine (les digressions narratives)

    Quand les racines chantent de Danielle Eyango a une narration plurielle. Les histoires s’enchaînent, se transposent, et il faut garder son cerveau en alerte pour pouvoir rattraper l’une exactement à l’endroit où elle s’est achevée. Ainsi donc, nous avons pu regrouper vingt événements dans ce Tome 1.

    L’arbre généalogique de Jasmine YONDO

    Comment Jasmine devient-elle Bonendalè alors qu’aucune femme de sa lignée n’est légitimement une enfant d’un Bonendalè ?

    Approche thématique dans l’œuvre

    Quand les racines chantent est un roman qui traite globalement des thèmes de la tradition et de la religion. Cependant, nous avons pu relever au fil de la lecture une pléthore d’autres sous-thèmes développés parmi lesquels :
    – La fatalité 
    – Les limites de la médecine
    – Les stéréotypes tribaux au Cameroun
    – La duplicité des chrétiens croyants
    – La mauvaise foi des hommes de Dieu 
    – Le problème d’enfants illégitimes
    – L’immigration clandestine et la captivité des Noirs en Lybie 
    – La dot d’une femme enceinte 
    – Mariage : le choix du cœur 
    – Le manichéisme de la sorcellerie africaine
    – La relation mère-fille 
    – Les violences conjugales

    Le genre romanesque

    Quand les racines chantent de Danielle Eyango présente fortement les traits d’un roman religieux.
    Il traite avec une acuité particulière la question de religion en la juxtaposant de bout en bout avec la tradition. On pourra dire que c’est un roman qui fait la propagande de la complémentarité tradition-religion. Cette complémentarité est le cœur même du rite d’expiation et de réparation de l’héroïne Jasmine, qui se développe tout au long de la narration. Pas une nuit de nkumbé ne se fait sans que la religion intervienne et vice versa.


    En tant que lecteur, nous percevons la volonté de l’auteure d’en faire un miroir sur la réalité des chrétiens d’aujourd’hui qui n’arrivent pas à se situer entre les deux croyances, ou encore d’assumer l’implication de l’une dans l’autre. On voit par exemple la mère de Jasmine qui se rend chez un marabout arborant un vêtement de l’église : « les plis de sa grosse robe blanche de conseillère paroissiale de L’Eglise Evangélique du Cameroun ». Et l’auteure de rajouter : « Il y a quelques jours, on l’avait investie en fanfare dans sa paroisse, et elle avait juré d’encadrer la jeunesse de la communauté, et de veiller à leur croissance spirituelle dans la crainte du Seigneur » (P.59). Voilà donc qui symbolise un manquement à la toute première consigne du chrétien qui vous dira, par mimétisme, le premier commandement de Dieu : « Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n’auras pas d’autre dieu que moi ». En Afrique, les chrétiens se retrouvent très souvent pris au piège entre leur africanité et la religion moderne auxquelles ils appartiennent.
    Avec les « Racines » qui « Chantent », l’auteure nous flanque au nez l’hypocrisie de certains qui en matinée feignent de n’avoir que le « Dieu religieux », et dans l’après-midi s’en vont « ajouter quelque chose à côté pour [se] protéger » (P.60). L’auteure nous dit même que Jésus est « nonchalant » (P.64). Ah oui ! La solution est donc toute trouvée : il faut se battre soi-même, car « Dieu ne va pas descendre du ciel ?! ». Il n’y a pas assez de temps, il faut « faire vite » (P.63).
    Que va-t-il se passer ? Le Janéa et l’abbé vont-ils parvenir à sauver Jasmine ? Le Tome I laisse le lecteur avec un cœur impatient de connaitre la suite et le dénouement de cette rocambolesque intrigue…

    CLOM, lectrice à Kribi


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  • Les 5 questions posées à Nathalie Flore, auteure camerounaise

    Vous êtes auteure et chroniqueuse littéraire. Que pouvons-nous, sur le plan de la littérature, savoir de plus sur vous ?

    En tant qu’amoureuse de la littérature, je suis une fanatique du 7e art. L’écriture du scénario me passionne et je me vois très prochainement m’engager dans ce domaine. Ma vision future est celle de produire des romans qui seront adaptés au cinéma.

    Votre dernier livre, Pour le meilleur et les coups, a paru il y a quelques jours. Quel court résumé en faites-vous ?

    L’histoire «Pour le meilleur et les coups» retrace la vie de TONGA, jeune femme mariée qui doit silencieusement subir les sévices de son mari dans cette prison dorée qu’est le mariage. Elle donnera sa liberté à la femme la plus redoutée et combattue par les femmes mariées, la maîtresse de son mari.

    Lire le livre sur Youscribe : https://www.youscribe.com/catalogue/ebooks/litterature/romans-et-nouvelles/pour-le-meilleur-et-les-coups-3483886https://www.youscribe.com/catalogue/ebooks/litterature/romans-et-nouvelles/pour-le-meilleur-et-les-coups-3483886

    Le concours international organisé par APEL Éditions vise à primer le résumé des trois meilleurs lecteurs de Pour le meilleur et les coups. Nous avons pensé à récompenser ceux qui nous soutiennent au quotidien, c’est-à-dire, les consommateurs finaux.

    Le règlement du concours ici : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02w3aGtcPq4BiYVncCWFRkMPHLcUxf8KQZphacrsq3G1CDMv1NhCDxjDyeffJgzK9Hl&id=100067235262143&mibextid=Nif5oz

    Y’a-t-il un après concours prévu pour ces lauréats ?

    On a prévu une tournée médiatique pour ces lauréats. Un suivi pour les former à l’écriture et une proposition à être des ambassadeurs de l’APEL.

    Vous êtes à la base chroniqueuse littéraire. Le passage au livre proprement dit a-t-il été un travail de longue haleine ou une évidence pour vous ?

    Le passage de chroniqueuse au livre a été une évidence, car en tant que chroniqueuse, j’avais déjà acquis quelques notions de l’écriture d’un roman; avec l’appui de monsieur Serthy AYISSI, j’ai pu combler certaines lacunes pour embrasser le roman. Je sais que j’ai encore du chemin à faire et je continuerai d’apprendre.

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  • Les 5 questions posées à Fann ATTIKI, slameur, poète, romancier congolais, prix Voix d’Afriques 2021

    Poète et slameur à la base, vous êtes Congolais, originaire de Pointe-Noire, et prix Voix d’Afriques 2021 avec votre roman « Cave 72 ». Que pouvons-nous savoir de plus sur votre vie littéraire ?

    Ce qu’on peut appeler « ma vie littéraire » n’est qu’une des multiples conditions de mon humanité. Citoyen, artiste engageant, friand de littérature, comédien, coach de slam bénévole, rêveur, consommateur… Toutes ces conditions ne peuvent se désarticuler les unes des autres. Elles s’influencent mutuellement, façonnent et régissent mon existence. On ne peut donc séparer l’homme du romancier, ni le romancier de l’informaticien, ni l’informaticien de… car toutes ces conditions font évoluer mes pensées, mes pensées changent mon environnement, mon environnement m’inspire et affecte mes conditions, mes conditions font évoluer mes pensées, ainsi de suite. Tout est lié dans mon quotidien, et ce Tout constitue ma Vie. Ceci dit : l’initiation des plus jeunes à la poésie, l’organisation d’un concours de slam inter-école, ma participation à quelques projets de théâtre, les discussions publiques avec mon cercle d’amis « les têtes brûlées » sont ce qu’il y a savoir, de plus, sur ma Vie.

    Avec « Cave 72 », vous souhaitez relever la résilience des Congolais après la guerre civile de 1979 à 1997. Quelle place occupe le livre en général dans les habitudes des Congolais et quelle est votre vision de la chaine du livre au Congo ?

    La République du Congo a connu des guerres civiles courtes, espacées de plusieurs années. Celle de 97 est de loin la plus dévastatrice, la plus horrible, la plus longue.
    Le livre s’étend sur trois dimensions : la lecture, l’écriture et le rêve. Comme dans le reste du monde, les Congolais ne sont pas l’exception d’une réalité qui voudrait qu’il y ait beaucoup plus de personnes qui rêvent de publier un livre, beaucoup de manuscrits qui prennent de la poussière sur des étagères ou dans les tiroirs, et très peu qui lisent. L’amour du livre (donc de la lecture) est une affaire d’éducation et d’initiation. Très peu de parents en font une culture et leurs enfants les miment.


    Bien d’imprimeurs portant le nom de maisons d’édition, prolifèrent au Congo tels des champignons vénéneux, et empoisonnent le domaine du livre. Comment aspirer à un véritable marché du livre si la diffusion et la promotion ne sont pas une priorité ? Comment demeurer une terre de littérature lorsque ces imprimeurs, par appât du gain, publient à compte d’auteur le premier venu, tuant ainsi l’émulation saine qui conduirait à plus d’exigence, plus d’originalité, plus de créativité ?

    Du slam au roman : un parcours du combattant ou une évidence pour vous ?

    Avec du recul, je dirais une évidence, puisque je reste fidèle au registre de l’oralité. Dans le slam, je porte la voix. Dans le roman, mes personnages en assument le rôle. Pourtant, avant de penser la première phrase de «Cave 72», j’ai dû me convaincre pendant de longues années que j’en étais légitime. Il est prétentieux de se lever un matin et de se considérer collègue de Dongala, de Labou Tansi, de Mabanckou, de Flaubert, d’Hugo…

    Parlons de votre premier amour, le slam. Vous êtes slameur et vous enseigner cet art. Pour Fann ATTIKI, quels sont les éléments pour magnifier un texte de slam ?

    Enseigner est un fort mot. A mon avis, ce sont initier, entrainer et guider qui conviennent le mieux pour décrire ce que je fais ; tous les Congolais portent en eux les germes de la poésie. Justement, c’est ce mot, « poésie », qui résume tout ce qu’il faut, à mon sens, pour sublimer un texte. Car la poésie consiste, non pas à dire de belles choses mais, à dire les choses de la plus belle des manières. Pour cela, j’évoque sans cesse – lors de mes ateliers – le principe de l’OISO : Observation, Imagination, Subtilité, Originalité.

    Quels sont vos cinq conseils aux jeunes auteur.e.s ou auteur.e.s en herbe africain.e.s ?

    Lire, lire, lire, apprendre des autres grâce à des échanges et prendre son temps.

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    Basée au Cameroun, ACOLITT milite pour une littérature dynamique.


  • Les 5 questions posées à Uriel TSOB, artiste camerounais

    11 ans et déjà auteur, illustrateur, peintre. Félicitations ! Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire  »Tout ça pour quelques bonbons » ?

    Un jour, j’ai dessiné une scène et un de mes enseignants d’arts, Mr Benoit, m’a suggeré de faire un livre. Je lui ai repondu que ce n’était pas une mauvaise idée. Et c’est comme ça que «Tout ça pour quelques bonbons» est né.

    Existe-t-il un.e auteur.e que vous admirez ?

    Eric Carle qui a écrit «The Very Hungry Caterpillar» et «Slowly, slowly, slowly said the slot». C’est un grand auteur americain. J’aime aussi bien George Orwell, un auteur anglais, qui a écrit «Animal farm».

    Que préférez-vous : lire, écrire, dessiner ? Ou les trois ?

    Je préfère dessiner parce que cela m’aide à m’exprimer. Ecrire me fait aussi du bien et me permet de transmettre des morales.

    Avez-vous d’autres projets de livres pour bientôt ?

    Oui. Je préfère garder la surprise (grand sourire).

    Quel est votre mot pour les enfants du monde entier ?

    N’abandonnez pas quand vous avez en tête de réaliser quelque chose, même si les gens ne sont pas toujours d’accord avec vous.
    Soyez aussi malins et intelligents face aux obstacles.

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    ACOLITT est basée au Cameroun et est partisane de la littérature dynamique, pour que la littérature au Cameroun et en Afrique soit une éternelle lumière.