De fil en aiguille, cet auteur nous balade dans sa dernière sortie, au cœur d’une histoire qui nous est proche et surtout très riche en péripéties. Le sourire vrai et teinté de mystère de Joseph Mbarga s’est sans nul doute transporté dans la dimension romanesque de ses textes. On peut le dire à la lecture de son dernier bébé qu’il a choisi de nommer « Derrière le sourire du masque ». Un concentré de 472 pages, qui fait voyager le lecteur pas loin de Douala, dans une île, lieu des évènements, où Mola et son amie, Alima, doivent surfer entre travail, passion et surtout détermination pour venir à bout d’une mafia organisée autour des vols perpétrés d’objets culturels.
Joseph MBARGA, auteur de Derrière le sourire du masque
Passionné et surtout ayant une forte culture pour les jeux de mots, Joseph Mbarga présente au public camerounais et international son tout premier texte dans ce registre. Après avoir publié auparavant des nouvelles, il signe avec les éditions Proximité, son premier roman. Après »La faim ne justifie pas les moyens et autres nouvelles avec fin », »Le vieil homme est amer et autres amertumes », Derrière le sourire du masque vient témoigner de la plume déjà toute particulière de cet homme.
Un livre pour les lecteurs
Ecrire, dit-on, c’est faire plaisir à une communauté de personnes qui recherchent des moyens de s’évader. Dans cette production, les lecteurs vont s’identifier à plus d’un personnage, se reconnaitre à travers les mots, les attitudes, les réactions. Ce roman, bien qu’il soit complètement fictif, est d’abord celui d’un engagement de son auteur : celui pour un retour des valeurs ancestrales, d’un rapatriement des objets spoliés à maintes occasions par des personnes tapies dans l’ombre et étendant leurs tentacules par-delà des lieux insoupçonnés.
Le volume du livre en lui-même en dit beaucoup sur les attentes de Joseph Mbarga. Il faut rester accrocher et plus loin, en redemander quand l’enquête sera à son summum. La découverte de ce sourire qui est caché sous un masque est une longue conquête de la vérité qui à plusieurs égards, semble ne pas avoir livré tous les secrets. Une suite sans doute pour cet opus ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il que le livre est disponible sur plusieurs plateformes aussi bien au Cameroun que dans les autres pays à travers Amazon. Rendez-vous sur la page de l’auteur ou sur son site internet : www.mbargabooks.com pour acquérir un exemplaire.
Au commencement étaient les bouquins. Bien sûr ! Même si aujourd’hui la pensée populaire voit en l’industrie du livre une mort lente, parce que l’amour pour la lecture devient de plus en plus une entreprise rare, avoir par contre les bonnes adresses des bons volumes reste un fort atout pour redécouvrir le goût de la chose littéraire. Bon Dieu ! Il existe encore des ouvrages qui retiennent sans conteste l’attention : «Colorant Félix» en est un. Tenez bien votre siège. Je vous en parle.
DES VALEURS CULTURELLES
Je regrette fort de devoir le dire très tôt : «Colorant Félix» nuit gravement à l’oubli des valeurs africaines. Si vous entretenez quelque aversion pour la culture africaine en général et celle béninoise en particulier, ce volume est loin d’être le vôtre. «Colorant Félix» vous traîne et vous emmène par les sentiers inégalés du savoir africain dans sa pureté. Heureuse entreprise !
Avez-vous déjà entendu parler d’un certain Galola Félix ou d’un Coovi does not ? L’abbé Destin AKPO en détient subtilement le secret. «Colorant Félix» étonne par la densité de son savoir. Il informe continuellement le lecteur sur diverses réalités de la culture béninoise et même africaine. L’ouvrage déborde de connaissances. Il s’exprime tout seul et chante par lui-même.
«Colorant Félix» nuit gravement à l’incivilité, rappelant avec finesse ce qu’on ne peut que dire et ce qu’on ne peut faire ou qu’on ne peut ne pas faire en contexte africain. Il propose les règles de déontologie à tenir en haute estime. «Colorant Félix» est tout simplement un gardien de la mémoire africaine.
DU STYLE
Dans un style particulièrement exceptionnel, l’abbé Destin AKPO sort des sentiers battus. Il n’a pas fait qu’écrire une œuvre littéraire, il a rendu immortelle la mémoire des anciens jadis circonscrite à la sphère de l’oralité reconnue à l’homme noir. «Colorant Félix» est la mémoire des anciens. Dans ce volume se cachent les trésors de chacune de nos familles, de nos coutumes tombées par endroit en désuétude face à l’hégémonie poussée de «nos maîtres d’hier». Il est presque impossible de décrire avec exactitude l’incommensurabilité stylistique et le niveau de langue propres au «Colorant Félix». Comment décrire d’ailleurs l’indescriptible ? Peut-on opiner du chef sur quelque chose qui échappe à l’intellect ? N’est-ce pas ce qu’on peut nommer comme un style recherché au landerneau de la baobamie littéraire ? Gratitude au diplodocus Lieuvin Gaillard…
DE LA GAIETÉ
En plus du caractère instructif et de la pureté du style, «Colorant Félix» s’impose avec une euphorie et une alacrité qui échappent à toute description. Dans «Colorant Félix» son Excellence Sodabi-La-Santé s’invite en maître de cérémonie et l’auteur nous y conduit avec un style assez unique avec de vieux édentés sur la bouche de qui circule le «Talopkémi» qui servait de mesure à l’intempérance de leur démesure à se servir sans mesure l’eau-de-la-vie : le bienheureux Sodabi. Du bout de ses trente (30) palabres, «Colorant Félix» étonne continuellement le lecteur, crée et récrée la magie du rire sans jamais l’ennuyer.
L’abbé Destin AKPO a le génie d’arracher quiconque à ses occupations : impossible de fermer «Colorant Félix» sans avoir atteint le bout du tunnel : affreuse obsession ! «Colorant Félix» ? C’est de la finesse, du rire, et du savoir qui transforment les palabres en un véritable et merveilleux retable baroque. N’est-ce pas là ce qu’on appelle «le miracle de la créativité littéraire» ?
Georginio HOUNKPATIN
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Bonjour, madame GBAGUIDI et merci de nous accorder votre temps. Comment vous présentez-vous ?
Bonjour, Madame ! Je m’appelle Prudientienne HOUNGNIBO épouse GBAGUIDI, Directrice de la librairie SAVOIR D’AFRIQUE, Présidente de l’Association des Libraires Professionnels du Bénin (ALPB) et vice-présidente de l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF)
En tant que vice-présidente de l’AILF depuis le mois d’avril 2022, quelles sont vos missions ?
En tant que vice-présidente, j’assiste le président dans ses fonctions. En cas d’absence ou d’indisponibilité du président, je suis habilitée statutairement à présider les réunions du Conseil d’Administration et de l’Assemblée Générale.
Votre librairie, Savoir d’Afrique, est basée au Bénin. Quels types d’ouvrages proposez-vous?
La librairie SAVOIR d’AFRIQUE du Bénin propose tous les ouvrages en littérature générale et en particulier les ouvrages d’auteurs béninois ; la littérature infantile aussi bien d’auteurs africains que du nord ; les ouvrages universitaires ; le scolaire et le parascolaire, les ouvrages religieux; et bien d’autres.
Plusieurs libraires se plaignent de ne pas vendre des livres. Devons-nous comprendre que la librairie Savoir d’Afrique, mise sur pied au mois d’août 2021, avait un autre objectif que celui pécuniaire ; ou alors ces plaintes ne sont pas aussi les vôtres ?
En tant qu’actrice culturelle, notre premier objectif est de promouvoir la lecture, la lecture plaisir, car je suis une amoureuse du livre. Organiser régulièrement des activités culturelles autour du livre (cafés littéraires, présentations de livres avec dédicaces, séances de contes avec les enfants, rencontres d’auteurs dans les écoles et lycées, la caravane du livre et de la lecture, etc.)
Le deuxième, c’est de rendre disponible la majorité des œuvres produites par les écrivains ou les auteurs béninois, car la non couverture du territoire national par les librairies du Bénin rend difficile la distribution du livre au Bénin.
Enfin, en tant qu’une entité, donc une société commerciale, vendre les livres à un coût acceptable, correspondant à la bourse du Béninois moyen; c’est pour cela que nous avons baissé nos marges.
Très intéressant ! Comment voyez-vous les librairies en Afrique francophone dans 5 ans ?
C’est un secteur en croissance à cause de la floraison des écrivains, des maisons d’édition, des librairies. Aussi, la nouvelle politique de promotion de la langue française dans le monde initié par l’état français à travers les ETATS GENERAUX SUR LE LIVRE EN LANGUE FRANCAISE DANS LE MONDE, Tunis 2021 et le Projet RESSOURCE EDUCATIVE des Instituts Français, permettra la réorganisation de la chaine du livre et le développement de la filière du livre.
Enfin, toutes les actions menées sur le terrain par notre association internationale, AILF, permettent d’avoir une vision optimiste du secteur. Le seul souci qui demeure et qui n’a pas encore trouvé une approche de solution est le problème de transport des livres en Afrique.
Bonjour, Koffi Victoire GNENGBA ! Merci de nous accorder votre temps. Comment se portent vos projets littéraires ?
Bonjour et merci pour ce travail noble, cet intérêt grandissant que vous accordez à la littérature. Pour vous répondre, je dirai qu’en dehors de certaines difficultés que connaissent souvent les jeunes écrivains dans ce réseau de la littérature, mes projets littéraires se portent de mieux en mieux.
Que représente l’écriture pour vous ?
L’écriture est pour moi une compagne sincère qui me tend sa main dans l’ombre pour me consoler aux temps de mes monstrueuses douleurs, et à la fois, celle avec qui, isolé dans ma chambre, je partage ma joie à des moments de bonheur. C’est également un monde dans lequel je me replie pour crier ma vengeance contre tout ce qui me paraît absurde, injuste sur cette terre. C’est un moyen sûr me permettant de chercher à mieux me connaître, à connaître l’Homme, afin de pouvoir comprendre ne serait-ce que certains phénomènes de l’existence.( Puisqu’on ne peut tout comprendre.)
Vous vivez au Togo, que pensez-vous des productions des jeunes acteur.e.s du livre de votre pays ?
Dernier livre de Koffi V. GNENGBA
Je pense qu’aujourd’hui, même s’il y a moins d’intéressés, il y a de plus en plus de jeunes qui se font remarquer dans le champ littéraire togolais avec de belles productions qu’il faut surtout encourager.
D’après vous, l’édition au Togo et en Afrique en général, une mère protectrice ou une méchante belle-mère ?
L’édition au Togo et en Afrique, d’après ma petite expérience, est une mère protectrice et à la fois une méchante belle-mère selon les personnes exerçant dans ce domaine et le type de travail qui s’organise avant, pendant, et après l’édition. Je rappelle malgré tout que l’on doit beaucoup plus revoir l’organisation du travail de l’édition, au Togo comme en Afrique, pour que la littérature parvienne à emballer toutes les couches sociales. Ce qui incitera aussi les créateurs à créer davantage.
Si je vous dis » Steve BODJONA », vous me dites ?
»Le livre au quotidien ». C’est l’occasion pour moi d’adresser mes salutations au cher Aîné, Steve Bodjona, pour ses exploits littéraires, tout le travail promotionnel qu’il organise ça et là autour du livre.
Bonjour, Moïse EDIMON ! Nous vous prions de vous présenter à nos abonné.e.s.
Je suis Moïse EDIMON, animateur culturel congolais à la base, très impliqué dans la sphère littéraire congolaise. Je suis également panafricaniste militant pour la promotion et l’appropriation de notre histoire ainsi que la mise en place d’un système d’enseignement scolaire en langues nationales dans toute l’étendue de la RDC. Je suis l’initiateur de plusieurs projets d’animation littéraire parmi lesquels le Club de lecture de la Tshangu.
Vous êtes, effectivement, bibliothécaire et un promoteur très actif de la littérature en RDC. Quel a été le déclic ?
La Bibliothéconomie et la promotion de la lecture sont des branches qui ont toujours habité mon esprit. J’ai adoré le livre dès mon jeune âge; la lecture n’a jamais été une corvée pour moi. A la vérité, la chose qui a développé cette intimité avec les livres, c’était la peur de parler avec les ami.e.s à l’école – ils se moquaient de moi… Pour la petite histoire, je fais partie de ces personnes qui parlent sous la langue. Il m’arrive donc de zézayer. Et avec l’immaturité de l’âge à cet époque, à l’école primaire, mes camarades de classe ne cessaient de se moquer de moi, et moi, je ne savais pas maitriser ces provocations. Du coup, celles-ci ont produit en moi une solitude, mais une solitude fructueuse ( rires ) qui m’a permis d’être culturellement construit.
Vous avez récemment mis sur pied un club de lecture, le Club de lecture de la Tshangu. Quels sont ses objectifs et les modalités d’adhésion et de participation ?
Le club de lecture de la Tshangu est une organisation culturelle libre d’accès. Il suffit d’avoir la volonté de partager notre vision qui est de ne consommer et de ne promouvoir que la littérature congolaise.
Les objectifs de notre Club de lecture sont les suivants: – Proposer la lecture aux habitants du district de la Tshangu, un coin de Kinshasa qui est miné par la barbarie et l’illettrisme.
– Combattre l’aliénation en n’exploitant que les livres congolais qui valorisent notre culture d’une manière ou d’une autre, tout en accordant toujours aux membres du club la liberté de discuter en langue nationale : le lingala.
– Susciter le goût de la lecture dans chaque ménage du district de la Tshangu en faisant en sorte que le livre ne soit plus regardé comme le propre des gens d’une certaine classe sociale, mais plutôt comme une simple denrée de l’esprit qu’il importe à tout le monde de consommer.
– Imposer la Tshangu comme étant un district de référence de la littérature congolaise.
Un beau projet ! Nous vous souhaitons le meilleur. Que pensez-vous des prix littéraires ?
À la base, un prix littéraire devrait justifier le fort potentiel d’un.e laureat.e. Toutefois, depuis que je suis dans le champ littéraire international ou national, je ne cesse de douter de la légitimité de ces prix. Pour moi, très peu les méritent…
Et l’édition alors ? Quel constat général faites-vous de l’édition en Afrique, en RDC ?
L’édition en Afrique et particulièrement en Rdc connait un foisonnement intéressant, il y a pas mal de jeunes auteurs qui paraissent à gauche et à droite; ce qui rassure la présence perpétuelle de notre écriture. Les regrets que je peux étaler ici sont : le fait que plusieurs maisons d’édition africaines n’ont pas encore comme priorité de parler de l’histoire de l’Afrique, de nos valeurs culturelles, de promouvoir nos langues et nos héros ; des grands noms comme de Ndona Beatrice Kimpavita, Nelson Mandela, Simon Kimbangu, etc. souffrent d’une crise de renom puisque ne faisant pas l’objet de plusieurs ouvrages qui pourraient servir dans nos écoles. S’il y a deux ou trois institutions qui bercent et promeuvent l’aliénation culturelle en Afrique, les maisons d’édition en font partie, car la majorité des livres ont toujours une connotation occidentale à la Molière, Maupasant, Voltaire, etc.
Moïse EDIMON en atelier de lecture avec les enfants
Publié en auto-édition au premier trimestre 2022, Mexico est, après Piégée par mon sang publié en 2019, le second roman de l’écrivaine camerounaise Christine Elong.
Alex et Aline. «Ça rime bien !», pourrait-on dire…
Alex est un intellectuel ambitieux et soucieux d’une belle carrière. Aline n’est pas allée loin dans ses études, non sans volonté, mais faute de certaines circonstances malencontreuses de sa vie. On est face à deux visions opposées, incompatibles.
Toutefois, le destin fait que leurs chemins se croisent… À MEXICO ! Une rencontre qui va tisser la trame d’une idylle assez incongrue.
La coterie d’Aline n’est pas très saine. Ayant trempé son petit doigt dans un univers peu recommandable, où sexe, alcool et stupéfiants se fondent et se confondent, Satan a saisi son bras en entier.
Alex se rend compte de l’incapacité d’Aline de se sortir de cette étreinte infernale, mais il ne peut pas se retenir de l’aimer. Il se risque à l’aider quand Aline lui livre son lourd secret : un viol collectif subit dans sa tendre enfance. Un secret qu’elle garde depuis des décennies et qui influence son comportement désaxé.
A l’initiative d’Alex, qui croit mordicus a une issue favorable, commence une course à la restauration tant psychologique que physique d’Aline. Comble de bonheur, un miracle scientifique s’opère et Aline vit son miracle. Elle le vit plusieurs fois ! Elle est désormais une épouse comblée dans les bras de son Amour. Une belle définition du bonheur…
Au-delà du récit…
Dans Mexico, Christine Elong nous dresse le portrait d’une vie d’immigré avec ses hauts et bas, ces heurts et malheurs. La fluidité de son récit nous emporte dans les méandres d’une cité mouvementée et à une lecture à cul sec . Mexico invite à le consommer sans restriction ni modération.
Bonjour, Alain Serge DZOTAP. Nous savons déjà que vous êtes un acteur du livre jeunesse, nous vous laissons vous présenter plus amplement.
Est-ce vraiment important que l’on sache qui je suis ? À mon avis, non. Mes livres sont plus importants que ma pomme. Lisez-les à deux yeux émerveillés ou à plusieurs yeux complices !
Une question peut-être rhétorique : pourquoi le livre jeunesse ?
Je suis né à Bafoussam, dans une maison sans livres, dans une ville sans bibliothèques. C’est dans mon livre de français que je découvre, à l’école primaire, que les livres, aussi, racontent des histoires (parce qu’à la maison, on en racontait) ! J’en suis fasciné ! Plus tard, alors que j’ai maîtrisé la lecture, il est impossible d’assouvir ma soif par manque de livres. Alors, j’étais obligé de chercher des histoires où je pouvais en trouver, c’est-à-dire dans les livres de lecture hors programme et dans lesquels il y avait toujours des contes. Ce manque m’a habité pendant longtemps. Je crois que j’écris pour donner des histoires à lire à l’enfant que j’ai été, qui n’a pas eu de livres, petit.
Vos livres sont tous (ou presque) édités en Occident. Un choix ou le choix ?
À ma connaissance, il n’existait que deux éditeurs qui s’intéressaient à la littérature jeunesse, Akoma Mba et Clé. Le paysage éditorial camerounais était donc bien trop pauvre pour accueillir tout le monde. J’ai fait le choix de me tourner vers la France où il y avait un vrai marché et une véritable culture du livre jeunesse. Je devais écrire, à partir de Bafoussam, des histoires pouvant intéresser le public d’un éditeur hexagonal en même temps que des lecteurs africains, américains, asiatiques, etc. Je pense avoir réussi ce tour de force. Et ça ne s’est pas fait en un tour de main !
Alain Serge DZOTAP, complice avec les participants à ces ateliers
Aujourd’hui, quelle analyse faites-vous du secteur de la littérature jeunesse au Cameroun ?
Il y a de belles initiatives ici et là. Mais à mon avis, il y a encore énormément à faire pour atteindre un certain niveau de qualité et d’exigence. Akoma Mba, sous la houlette du passionné RobertNkouamou, se démène pour produire d’assez beaux albums… à perte, probablement. La jeune maison d’édition d’Armelle Touko, AdinkraJeunesse, apporte un souffle nouveau à ce secteur au Cameroun ! J’aurais souhaité rencontrer une éditrice comme ça à mes débuts. C’est une éditrice pleine d’énergie et de projets innovants. Je suis certain qu’elle améliorera et enrichira davantage son offre éditoriale pour le bonheur de nos jeunes lecteurs !
Vous préparez une tournée littéraire auprès des tout petits au Cameroun. D’après vous, quelles sont les cinq principales choses à faire pour intéresser les tout petits à la lecture ?
Commençons par rendre le livre visible et disponible et on pourra en reparler. Pour l’instant, l’offre éditoriale jeunesse est infime au Cameroun.
Alain Serge DZOTAP en atelier avec les petits
Alain Serge DZOTAP, merci de nous avoir accordé votre temps.
Giraud MBARGA, auteur de Inspection de trop paru chez Edilivre
Qui est Giraud MBARGA ?
En me réveillant, la mission c’est : A.L.I. Ce sigle qui se répète sans cesse, dans mes pensées, chaque matin, chaque jour, sans cesse : A.L.I, A.L.I, A.L.I … C’est une alarme qui me rappelle d’abord que je vis pour A (améliorer le quotidien de tous ceux que je rencontre. Ces personnes doivent se dire et clamer « lire du Giraud MBARGA a changé ma vie. Grâce à sa plume, je vois la vie différemment, je la vois en mieux ».) ; cette alarme me rappelle ensuite que je me bats pour L (laisser mes empreintes dans les cœurs et les esprits. Autrement dit, je dois imprimer mes messages, mes émotions, mais surtout ma singularité dans sa complexité au plus profond des humains ; enfin, ladite alarme me rappelle que je me prive pour I (Inspirer le monde entier. C’est-à-dire donner à des personnes de tous les coins du monde, peu importe la couleur, la tribu ou la langue, des raisons d’y croire. La démarche finale étant de faire naître des vocations et même des plagiats dans les subconscients d’horizons divers.)
Je suis un écrivain déterminé, qu’on qualifie parfois d’engagé, qui surtout aime les mots pour narrer les maux et pas que, à travers le mélange discours terre-à-terre / exposé subliminal. Aussi, j’embrasse fièrement mes origines en les mariant publiquement à d’autres cultures, d’où l’usage décomplexé du camfranglais, aux côtés de certaines expressions prises dans des langues officielles ou non.
Où acheter et lire Inspection de trop
Vous êtes l’auteur de Inspection de trop, un recueil de poésie écrit en prose et en vers et qui a paru chez Edilivre. Giraud MBARGA, pourquoi ce livre ?
Il était indispensable de laisser exploser ce que j’avais pendant des années conçu et fabriqué. Il était venu le moment d’imposer ma façon atypique d’écrire, sans m’embrigader dans les geôles de la poésie classique. J’avais des choses à partager et je l’ai fait sans me soucier de savoir si c’est ainsi que faisaient les autres ou si c’était poétiquement correct. Inspection de trop se situe entre l’introspection et l’inspection. C’est une analyse du moi, d’autrui, pour pousser le « nous » à sortir de la léthargie, en bref, à agir. En d’autres termes, j’ai savamment écrit pour encourager les lecteurs à ne plus être de simples spectateurs mais des acteurs.
En tant que jeune auteur camerounais, quelles observations faites-vous de l’espace littéraire camerounais ?
Nombreux sont les passionnés qui essaient à leur manière de vulgariser la littérature et d’universaliser les travaux de bons nombres d’auteurs camerounais, souvent bénévolement. C’est grandement louable et hautement encourageant. A côté, Le principal frein que je déplore est la mystification existante pour se faire éditer, jumelée à la légèreté technico-graphique appliquée sur la majorité des réalisations littéraires disponibles. C’est ce principal paradoxe qui me chagrine. Au Cameroun, il y a de bonnes choses qui sont faites, mais demeurent à parfaire.
Où acheter et lire Inspection de trop.
Edilivre, un choix ou le choix ?
C’était un choix parmi d’autres. Ils ont été francs dans leur proposition, j’ai respecté, ça m’a intéressé. Satisfait, oui, parce que mon art n’a pas été tronqué. J’ai pu librement m’exprimer. Chaque ligne, soigneusement élaborée, a pu atteindre sa cible en conservant toute sa vigueur, sa vitalité et sa virtuosité.
Quels jeunes auteurs lisez-vous et recommandez-vous aux lecteurs africains ?
Il est vrai que je lis un peu de tous les siècles et de tous les continents… Et j’aime beaucoup le fait que l’écriture évolue tout en restant éternelle dans sa façon de transmettre des émotions. C’est difficile de choisir juste quelques auteurs de la jeune garde et de les recommander… Toutefois, je recommande, sans hésiter, BIDJO Edward Nelson et Cyrille SOFEU.
Concernant BIDJO, il a une belle façon d’être sûr de lui et de sa plume, à travers ses expressions recherchées, notamment quand il parle de l’art de séduire. Cyrille SOFEU quant à lui, est un passionné qui se livre complètement dans chacune de ses phrases, sa candeur évidente apaise.
LineLitt
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Le Salon du livre africain pour enfants de Yaoundé (SALAFEY) tiendra sa première édition du 16 au 18 décembre 2022 à Yaoundé. Son objectif est de promouvoir le livre africain pour enfants, ses acteurs; planter, et avec le temps, nourrir la semence de la lecture chez les enfants. Contact : contactmwinasarl@gmail.com
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«Colorant Félix» est une œuvre d’orfèvre cousue de trente palabres étalées sur 247 pages. Tout se passe sous le gros arbre à palabres de Kpétékpa autour de l’eau-de-vie (Sodabi). L’amour débridé pour cette boisson alcoolisée même s’il conduisait dans l’ébriété ne noyait cependant pas le bon sens de ses habitués. Sous le fameux arbre à palabres, de belles histoires comme celles des obsèques de Mickael Jackson se racontaient et se commentaient à belles dents. Un jeune étudiant en médecine envoyé pour ses études en ville annonce, au cercle des sages du village, l’irruption d’un certain Colorant Félix. Cette nouvelle a constitué le chou-gras des discussions sous l’arbre à palabres où d’ailleurs, les femmes étaient dorénavant acceptées. Des conjectures et hypothèses fusaient tous azimuts autour de l’origine animale (Atoké) et chinoise de Colorant Félix qui fait une cascade de morts. On agitait aussi des idées autour de l’infrangible remède africain qui a pu prémunir le continent de l’hécatombe annoncée. La panacée africaine est constituée d’ingrédients exhumés du fond du terroir africain. Subséquemment, la sagesse du vieux Somahuhwevidotomè vient relever d’un cran la stature des discussions sous l’arbre à palabres. Il fit de lumineuses réflexions sur la parole (xo) et la vie (Gbe) en lien avec d’épineuses questions qui s’imposent par leur actualité. Dans un style soutenu, jaloux garant de l’oralité propre aux cultures africaines, l’auteur – qui a de la verve à revendre – a pu faire de son œuvre le miroir de tout un univers culturel.
✓ UNE INÉDITE EXPRESSION DE LA RICHESSE CULTURELLE AFRICAINE
«Colorant Félix» est l’expression de l’immense richesse linguistique, proverbiale, onomastique enfouie dans les cultures africaines. Si la langue est l’âme d’un peuple, il convient de la prendre au sérieux dans toute entreprise d’investigation et d’expression de la culture de ce peuple. Nos langues locales taxées d’antan de dialectes ou de pseudo-langues n’ont pas eu honte de sortir de leur repaire pour combler l’incomplétude du français et son incapacité à exprimer certaines réalités africaines. Ecrit en plusieurs langues, ce roman montre comment nos langues (qu’elles soient locales ou étrangères) peuvent cohabiter, s’enrichir et se compléter.
Ensuite, le roman foisonne de proverbes, de dictons, d’aphorismes qui sont une vivante expression du fond culturel africain en général et béninois en particulier. Quelques exemples : « Ne pas savoir rire de la vie est mortel. Ne pas choisir de se moquer de l’existence, c’est creuser sa tombe à petits coups. Notre longévité est fille de notre bonne humeur que nous cultivons chaque jour » (p. 38). « Dans la vie, de deux maux, nous choisissons toujours le moindre » (p. 38). « Le cochon qui a été témoin du sort de son frère sur la braise est plus prudent que le serpent » (p. 75). « La solitude tue plus vite que la mort » (p. 79). « Ce n’est pas toujours le plus intelligent qui réussit dans la vie, mais le plus souple et le plus ouvert à la vie et à ses injonctions » « Il faut s’affirmer et résister au rouleau compresseur de la pensée unique » (p. 137).
Choisis à dessein, les noms des personnages dégagent un symbolisme et tracent une feuille de route qui s’harmonise avec l’existence de ceux qui les portent. Le lecteur pourra faire une herméneutique des noms comme Alikpa, Emouvi-Lekosto, Somahuhwéviɖotↄmé, etc.
✓ UNE RICHESSE INSOUPÇONNÉE DANS LA SAGESSE AFRICAINE
Le cas du vieux Somahuhwevidotomè est plus que jamais illustratif de la sagesse dont nos ancêtres africains étaient détenteurs et dont il nous incombe aujourd’hui d’assurer le bon aloi. La figure de ce sage de Kpétékpa contraste avec celle d’un « intellectuel moderne » qui ne doit ce qu’il est qu’à son passage par l’école des Blancs.
Il existe en Afrique, des personnes qui n’ont jamais mis pied à l’école, et qui sont d’une perspicacité et d’une érudition insoupçonnées. Ce sont des « intellectuels communautaires ».
Somahuhwéviɖotↄmé, le vieux sage, montre, en effet, que la parole n’est l’égal de personne (xo ma yin mè dé gbè) puisqu’elle préexiste à l’homme : « La parole nous précède et est toujours plus puissante que notre imagination et notre capacité d’abstraction » (p. 130). Aussi faut-il souligner que cette parole engendre l’homme, même s’il revient à l’homme de l’engendrer. L’homme est ainsi à la fois, produit et père de la parole : « Et chaque fois qu’elle donne à l’homme de l’engendrer, elle l’engendre aussi, cet homme » (p. 130).
Dans un même mouvement, Somahuhwéviɖotↄmé aborde la vie sous un angle assez riche et intéressant à partir des entités Gbɛ (vie), Gbɛtↄ (homme) et Gbɛɖotↄ (Dieu créateur). Il montre que le Gbɛ en tant que vie n’est pas à séparer avec le Gbɛ en tant que monde. « La démolition de la nature qui nous environne et nous fait, va de pair avec la destruction de la nature humaine » (p.132). Le Gbɛtↄ a reçu du Gbɛɖotↄ l’ordre de dominer la terre ; ce qui fait de lui le père du monde (Gbɛtↄ). Mais dans le même temps, il doit soumission à cette terre. Car, comme le dit Somahuhwéviɖotↄmé, « par le fait qu’en agissant sur la terre il en tire sa pitance, il en devient le fils » (p. 132). Si cette sagesse africaine avait été bien comprise, notre monde ne connaîtrait pas tous ces problèmes écologiques qui, de plus en plus, le détruisent. Si l’homme avait compris cette sagesse africaine, il ne porterait atteinte à aucune vie ; parce qu’il n’en est pas l’auteur (Gbɛɖotↄ) mais simplement le père gardien (Gbɛtↄ). A ce propos, Somahuhwéviɖotↄmé fait un triste constat : « La vie était sacrée. Aujourd’hui, elle est moins qu’une marchandise » (p. 134).
✓ UNE DOUCE SATIRE
«Colorant Félix» aborde des thématiques assez graves et délicates dans une diatribe empreinte d’humour. Ce faisant, l’auteur s’attèle à corriger certaines aspérités et irrégularités qui se remarquent en société. D’un sens de l’humour dont il est le seul à avoir la magie, l’auteur a su, du fond de ses réalités culturelles, travailler à corriger les mœurs en riant (Castigat mores ridendo).
En définitive, «Colorant Félix», se dérobant de la tradition du classicisme romanesque, s’impose par son originalité. L’œuvre vient creuser les sillons d’une « manière africaine d’écrire le roman ». Il recèle l’imparable richesse et l’insoupçonnée résilience d’une culture africaine qui, secouée par l’impétuosité d’un modernisme mordant, fut vouée à l’hégémonie et finalement jetée aux orties. Et tout ceci, avec un sens d’humour contagieux.
Sans prétention aucune, «Colorant Félix» ne mériterait-il pas d’être érigé en paradigme romanesque africain ? Ne serait-ce pas là, peut-être, le destin qu’impose Destin à son chef-d’œuvre ?
Modeste HEDJI, Saint Paul de Djimè pour LineLitt
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L’association littéraire Ônoan est basée au Cameroun. Elle étend ses activités dans toute l’Afrique et même au-delà. Elle se compose de trois entités : une agence littéraire, une académie littéraire, une maison des cultures. L’association littéraire Ônoan propose des ateliers, en ligne et en présentiel, en écriture créative, en lecture créative, en traduction littéraire approfondie. Elle accompagne les auteurs dans leur carrière, du manuscrit à l’après édition. Pour avoir plus d’informations, laissez un message à masug@onoan.com. N’hésitez pas à suivre ses pages sur les réseaux sociaux : Ônoan
Bonjour, Béatrice MENDO. Nous vous laissons vous présenter à nos abonné.e.s.
J’aime souvent à dire que je suis « une fonctionnaire fantasque ». En fait, je suis un un fonctionnaire (de l’administration des finances) à l’imagination débordante, qui écrit beaucoup. Après des études de philologie romane, de sciences politiques, de communication et de sciences sociales, il me semble que l’univers des choses que je peux concevoir et écrire s’est profondément dilaté. La conséquence en est que je suis un auteur aux écrits multiples et variés, qui vont de la nouvelle au roman policier, en passant par le haïku et les contes.
Vous êtes, effectivement, une auteure camerounaise et votre dernier livre, L’argent n’a pas d’oreilles, a paru en 2020. Il s’agit d’un livre destiné aux enfants. Béatrice Mendo, pourquoi les enfants devraient-ils le lire ?
Ce recueil de contes n’est pas seulement destiné aux enfants, mais aussi à tout adulte qui a gardé son âme d’enfant. Il y a des contes accessibles pour les enfants, mais aussi d’autres un peu philosophiques destinés à des entendements plus mâtures. Pourquoi est-ce que les enfants devraient le lire ? Parce qu’ils apprendront beaucoup de choses tout en profitant d’une lecture agréable.
Ces contes donnent des leçons de vie, d’une manière ludique et efficace. Les conséquences de la paresse, de la gourmandise, de la vanité, de la convoitise, de la méchanceté, etc. sont présentées aux enfants dans des récits émaillés d’humour et soutenus par des illustrations belles et évocatrices à souhait.
Lorsque vous écrivez, vous posez les mots comme ils viennent ou alors vous avez un procédé d’écriture particulier ? Surtout qu’on sait qu’écrire pour les enfants n’est pas aussi aisé qu’on le pense.
Je commence par la moralité, la petite sentence finale qui peut être un dicton populaire ou un adage de mon cru, c’est le point central qui doit édifier les enfants. A partir de cet adage, de cette pensée formulée ou reformulée, qu’on retrouve à la fin de chaque conte, par exemple « l’argent n’a pas d’oreilles, il ne répond pas quand on l’appelle », je tisse une histoire que justifie et légitime ma conclusion. Vous comprenez donc qu’une seule moralité peut susciter des histoires différentes, mais qui toutes la mettent en exergue.
Ce n’est pas facile d’écrire pour les enfants, il faut savoir les captiver par des récits faciles à lire et suffisamment imagés pour capter et captiver leurs jeunes imaginations qui peuvent déjà être débordantes, elles aussi.
Parlant de littérature jeunesse, quelle analyse faites-vous de ce secteur au Cameroun ?
On constate des ébullitions naissantes dans le secteur. Les imaginations et initiatives chauffent, bientôt, je l’espère, la marmite va bouillir et le secteur pourra servir des plats appétissants aux lecteurs du Cameroun et du monde entier. Il faut déjà saluer le travail effectué par les Editions Adinkra dont la promotrice est la dynamique Armelle Touko, qui sont en train de se positionner comme un acteur majeur de la littérature pour enfants, et qui proposent des contenus afrocentrés, qui valorisent nos cultures. Dans la collection de contes en ligne que proposent les Editions Adinkra, on peut lire mon conte « La princesse grenouille ». Pour une somme modique, des parents s’inscrivent sur la plateforme élaborée à cet effet et ont accès à une variété de récits qu’ils peuvent offrir, voire les raconter eux-mêmes à leur enfants. C’est pour ça que je pense que si ce secteur est efficacement soutenu, les nombreux lecteurs pourront se régaler de magnifiques récits.
Qui dit mois d’avril dit, entre autres, Journée du livre et du droit d’auteur. Béatrice MENDO, si cette célébration vous est confiée, quel.le.s sont les dix jeunes acteurs (actrices) du livre en Afrique que vous choisirez pour vous accompagner dans cette tâche et pourquoi ?
10, c’est beaucoup, et nous touchons là un aspect qui révèle certaines faiblesses du secteur : la communication. Il y a une multitude d’initiatives, qui évoluent en parallèle alors qu’elles gagneraient beaucoup à se croiser en vue de mutualiser leurs efforts. Les Editions Adinkra avec lesquelles je travaille n’hésitent pas à collaborer avec différents acteurs, ce qui me permet de citer encore des noms, Nadine Mekougoum, promotrice des librairies M’wina spécialisées dans le livre africain pour enfants. Le projet Harambee Africa dont l’objectif entre autres est de promouvoir le livre et la lecture notamment chez les enfants défavorisés. David Wanedam avec « Lire au Sahel » qui a mis sur pied un projet intéressant, le projet Moota Andal avec sa médiathèque mobile. Voilà, pour moi, les initiatives camerounaises dont je peux parler, il y a bien sûr des projets tout aussi intéressants en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon et au Tchad, de même que dans les deux Congo. Pour finir, je trouve des espaces de rencontre comme « Le salon du livre pour enfants » particulièrement prometteurs; ils gagneraient à bénéficier de soutiens substantiels de la part des pouvoirs publics.