Catégorie : Coaching littéraire

  • Scène littéraire : l’IA ou la concubine à renier absolument…

    L’intelligence artificielle s’est invitée dans le quotidien des acteurs du livre, tel un virus invisible même sous la lunette du plus performant des microscopes. Elle est là et ne cesse de susciter des réactions contrastées : d’un côté, elle est présentée comme une révolution capable d’alléger la création et d’améliorer la productivité ; de l’autre, elle est regardée avec suspicion, parfois même avec hostilité, surtout par ceux qui n’ont jamais cherché à la connaître. On aura rarement vu une technologie autant utilisée et autant critiquée. Une  »xénøphobie » qui fait d’elle la mal-aimée du secteur littéraire.

    Ce contraste n’est pourtant pas en adéquation avec la place grandissante qu’occupe l’IA dans la chaîne du livre. En effet, plusieurs auteurs affirment l’utiliser lors de leurs recherches documentaires, pour la correction linguistique, les reformulations stylistiques et la structuration des idées. Plusieurs maisons d’édition l’utilisent dans l’analyse des manuscrits, la conception graphique, la communication – pour celles qui communiquent . Les lecteurs, les traducteurs et les autres ne sont pas en reste. Il est donc difficile d’ignorer que l’intelligence artificielle est déjà devenue un acteur à part entière de la scène littéraire. D’accord ou pas ?

    Ce qui m’intrigue, c’est que bon nombre qui dénoncent l’IA, en sont également utilisateurs. Comme si elle est acceptable tant qu’elle reste invisible et non détectable, cette concubine.
    Cette réticence apparaît d’autant plus surprenante du fait que le monde de la création a toujours intégré des outils technologiques, sans remettre systématiquement en cause la légitimité de leurs utilisateurs. A l’exemple, dans le domaine du graphisme, des logiciels comme Adobe Photoshop, Canva ou d’autres outils de création assistée permettent, depuis des décennies, de modifier, d’améliorer, d’assembler ou de transformer des visuels… Pourtant, personne ne conteste la qualité de graphiste à celui qui utilise ces outils ! En outre, les logiciels de correction, de mise en page ou de traduction sont devenus, au fil du temps, des auxiliaires courants de l’écriture, sans qu’ils ne soient perçus comme des menaces pour la création, n’est-ce pas ?

    La différence avec l’intelligence artificielle semble alors ancrée dans la difficulté à définir précisément la part de contribution humaine dans le résultat final. Qu’en pensez-vous ?

    Une chose est au moins claire : utiliser une intelligence artificielle ne signifie pas nécessairement renoncer à sa créativité. Un dictionnaire écrit-il un roman à la place de l’écrivain ? Un logiciel de mise en page remplace-t-il le travail éditorial ? Non, n’est-ce pas ? Par la même, une intelligence artificielle ne devient créatrice que dans la mesure où l’être humain lui délègue entièrement le processus de conception. En d’autres termes, dans la plupart des cas, elle demeure un instrument au service d’une intention humaine.

    Toutefois, il serait tout aussi excessif d’affirmer que les œuvres produites avec l’aide de l’IA relèvent exclusivement du génie de l’utilisateur. C’est ici que naît l’un des débats les plus sensibles de notre époque : celui de la propriété intellectuelle. Peut-on revendiquer la paternité totale d’un texte ou d’un visuel généré par une intelligence artificielle ? La question mérite d’obtenir des réponses avec honnêteté.

    Lorsqu’un auteur passe plusieurs mois à construire un texte, ses personnages, son style… la notion de propriété intellectuelle paraît évidente. Mais lorsque quelques lignes d’instructions suffisent à générer instantanément un texte, une illustration ou une couverture, la situation devient plus complexe. L’utilisateur est-il l’auteur de l’œuvre ? Le concepteur de l’algorithme y contribue-t-il indirectement ? Les données infinies du système jouent-elles un rôle dans le résultat final ? Vivement des textes juridiques clairs et accessibles.

    Ce qui apparaît certain, c’est qu’il existe une différence fondamentale entre être créateur et être utilisateur d’un outil de création. Oui, une personne qui génère un visuel grâce à une intelligence artificielle ne peut pas toujours prétendre avoir réalisé l’intégralité du travail artistique. De même, celui qui publie un texte produit majoritairement par une machine devrait reconnaître l’intervention de cette technologie dans le processus. La transparence et l’honnêteté n’enlèvent rien à la valeur du résultat ; elle contribue simplement à une meilleure compréhension des responsabilités et des contributions de chacun.

    Le véritable enjeu, en mon sens, n’est donc pas de savoir si l’intelligence artificielle doit être acceptée ou rejetée, car l’histoire prouve que les innovations technologiques finissent toujours par trouver leur place dans les pratiques culturelles. Je pense que l’enjeu consiste plutôt à définir un cadre éthique permettant de distinguer l’assistance à la création, de la création elle-même. Il s’agit également de promouvoir une politique culturelle où l’utilisation de l’IA ne sera ni #honteuse ni #dissimulée, mais clairement assumée, comme une future deuxième femme.

    La littérature a traversé l’invention de l’imprimerie, l’apparition de la machine à écrire, la révolution informatique et l’avènement du numérique. Elle survivra également à l’intelligence artificielle, j’en suis plus que sûre. Pour l’instant, ce qui fait la différence, ce n’est pas la puissance de l’outil, mais la profondeur de la pensée humaine qui le guide. En effet, l’IA peut générer des mots, des phrases ou des images ; elle ne remplace ni l’expérience vécue, ni la sensibilité, ni la conscience critique qui donnent à une œuvre sa véritable valeur.

    A mon avis, le débat ne devrait pas opposer l’humain à la machine, mais inviter chacun à réfléchir aux nouvelles formes de création qui émergent à l’ère de l’intelligence artificielle. N’hésitez donc pas à suivre des formations, comme moi, à être un peu curieux et honnêtes. Le monde avance et nous nous devons d’avancer avec lui.


  • La chaîne du livre aujourd’hui : ce qu’on ne leur dit pas…

    Dans de nombreuses formations consacrées aux métiers du livre, les étudiants découvrent encore ce schéma : l’auteur écrit, l’éditeur publie, l’imprimeur produit, le distributeur achemine, le libraire vend et le lecteur lit. Au fil de leur parcours, très peu s’interrogent sur la pertinence actuelle de ce modèle, et encore moins sur l’ampleur des transformations qui ont profondément remodelé l’industrie du livre.

    La difficulté apparaît souvent lors des premiers contacts avec le terrain. Les jeunes diplômés réalisent, très souvent à leur stupéfaction, que la circulation du livre ne repose plus uniquement sur une succession d’acteurs clairement identifiés, mais sur un ensemble d’interactions permanentes entre des professionnels aux fonctions multiples et journalièrement innovantes. Pour avoir été confrontée à la chose, je peux confirmer la brutalité du choc.

    A mon avis, parler aujourd’hui de « chaîne du livre » est réducteur. L’image la plus fidèle serait désormais celle d’un CHAPELET DU LIVRE. Pourquoi ? Parce que contrairement à une chaîne linéaire, où chaque maillon dépend exclusivement du précédent, le chapelet évoque une multitude d’éléments reliés entre eux, interagissant dans plusieurs directions et participant collectivement à la vie d’une œuvre. Qu’on le veuille ou pas, le parcours d’un livre n’est plus une simple succession d’étapes ; il est devenu un réseau de connexions où chaque acteur peut influencer directement sa production, sa visibilité, sa diffusion ou sa réception.

    Cette évolution s’explique notamment par l’émergence de nouveaux métiers qui occupent aujourd’hui une place stratégique dans l’écosystème du livre. Effectivement, à côté des professions traditionnellement reconnues, se sont développées plein d’autres, généralement axées numériques.
    Par ailleurs, le #lecteur lui-même a changé de statut. Il n’est plus uniquement le destinataire final du livre. Grâce aux réseaux sociaux, aux blogs, aux plateformes de recommandation et aux espaces de discussion en ligne, il devient prescripteur, critique, ambassadeur et parfois même promoteur des œuvres qu’il apprécie. Un commentaire, une vidéo de présentation ou une recommandation sur une plateforme numérique peuvent aujourd’hui influencer la trajectoire commerciale d’un livre autant qu’une campagne publicitaire traditionnelle. Clin d’œil à L’orchidée Moulengui, Nick Landel Souop, Appelez-moi Yoyo, viens on lit et la liste n’est pas exhaustive (citez ces lecteurs actifs en commentaire, si vous le voulez).

    Malheureusement, cette réalité demeure encore insuffisamment intégrée dans de nombreux programmes de formation. En effet, les étudiants sont souvent préparés à exercer des métiers dont les contours ont évolué, sans toujours être initiés aux compétences transversales désormais recherchées : communication numérique, gestion de communauté, marketing culturel, médiation littéraire, stratégie de visibilité, entrepreneuriat éditorial ou création de contenus spécialisés… Il est superflu d’affirmer que ce décalage entretient des attentes irréalistes et nourrit des frustrations lorsqu’arrive le moment de l’insertion professionnelle.

    C’est précisément pour réduire cet écart entre l’enseignement et la réalité que les stages académiques devraient occuper une place beaucoup plus stratégique. Ils ne devraient pas être perçus comme une simple exigence administrative permettant de valider un semestre, mais comme une immersion concrète dans les défis quotidiens du secteur. Les étudiants ont besoin d’observer les mécanismes réels de production, de diffusion, de promotion et de commercialisation du livre. Ils ont besoin de comprendre comment les professionnels s’adaptent aux mutations technologiques, aux nouvelles habitudes de lecture et aux contraintes économiques qui traversent aujourd’hui toute la filière. Ceux que j’ai encadrés en savent quelque chose : avec moi, ils n’étaient pas juste des stagiaires. Ils me détestaient certains jours, d’ailleurs.

    Accueillir un stagiaire ne devrait pas consister à lui confier uniquement des tâches secondaires ou répétitives – et encore moins être une opportunité d’acquisition de valets aptes à faire uniquement du café et autres… Bravo à Eclosion, à La Maison des Savoirs – MDS Yaoundé, au CLAC Yaoundé et à tous ces acteurs du livre qui forment véritablement les stagiaires. Personnellement, je ne cesserai de remercier le CLAC, qui m’a appris la bibliothéconomie de terrain et Christian-Williams Kakoua, pour l’animation culturelle. J’ai certes apporté des innovations au fil des ans, mais eux, ils restent cette base dans ma formation pratique, qui nourrit mon besoin de faire autrement chaque jour.

    Le secteur du livre fait face à des défis considérables, alors, former aux métiers du livre au XXIᵉ siècle ou prendre des décisions devrait exiger davantage qu’une transmission de connaissances théoriques dépassées ou une observation depuis un bureau frais à souhait. Inviter régulièrement les acteurs du livre déjà sur le terrain pour échanger avec les étudiants ; aller vers les acteurs du livre pour comprendre les réalités sur le terrain et les besoins réels… ne serait en aucun cas superflu. Plus cette réalité équilibrée d’apprentissage théorie – pratique sera intégrée tôt dans les parcours de formation, plus les futurs acteurs du secteur pourront construire leur avenir avec lucidité, confiance et ambition. Le diplôme, c’est bien. Le Savoir-faire, c’est mieux.


  • Ecrire pour gagner de l’argent ou pour être lu ?

    La littérature n’a jamais cessé d’interroger sa propre finalité. Hier encore, je suivais un débat autour de cette finalité, sur une plateforme sociale. Entre vocation artistique et nécessité économique, une question demeure au cœur des débats : l’écrivain doit-il écrire pour gagner sa vie ou avant tout pour être lu ? Même si ces deux aspirations sont souvent présentées comme opposées, elles traduisent en réalité les multiples responsabilités de l’auteur, car le livre est à la fois une œuvre de l’esprit et un bien culturel.

    Écrire ne relève pas d’un simple exercice d’inspiration. C’est un travail exigeant qui mobilise des compétences, des recherches, une réflexion constante et un investissement personnel considérable. À ce titre, il est légitime que l’écrivain bénéficie d’une rémunération à la hauteur de son engagement. Les ventes d’ouvrages, les résidences d’écriture, les conférences ou les adaptations audiovisuelles… participent à l’épanouissement dans le métier et permettent aux auteurs de poursuivre leur création dans des conditions plus favorables.

    En mon sens, lorsque la logique commerciale prend le pas sur l’ambition littéraire, le risque est de voir l’écriture se conformer aux attentes du marché. Les tendances éditoriales, les phénomènes de mode ou la recherche du succès immédiat peuvent conduire certains auteurs à privilégier des recettes éprouvées plutôt qu’une véritable recherche esthétique ou intellectuelle.

    À l’inverse, écrire pour être lu signifie rechercher une rencontre durable avec le lecteur. Une œuvre trouve son sens lorsqu’elle suscite l’émotion, nourrit la réflexion, interroge encore et encore. Les écrivains qui marquent l’histoire ne le doivent pas uniquement à leurs performances commerciales, mais à la profondeur de leur regard sur le monde et à la capacité de leurs textes à continuer de dialoguer avec les générations successives. La preuve, aujourd’hui encore, certains noms d’écrivains sont au bout des lèvres des lecteurs.

    L’essor de l’intelligence artificielle vient aujourd’hui renouveler cette réflexion. Les outils d’IA facilitent la documentation, la traduction, la révision ou l’organisation des idées et constituent des assistants précieux pour de nombreux auteurs, c’est un fait qui va en s’améliorant. Toutefois, ils ne remplacent ni l’imaginaire, ni la sensibilité, ni l’expérience humaine qui donnent naissance à une véritable œuvre littéraire. Avec les contenus générés automatiquement qui se multiplient, l’authenticité de la voix de l’écrivain devient plus que jamais un critère essentiel de crédibilité et de valeur.

    Les prix littéraires occupent également une place stratégique dans cet équilibre entre reconnaissance culturelle et réussite économique. Bien au-delà des récompenses financières qu’ils accordent, ils offrent une légitimité critique, renforcent la visibilité des auteurs et favorisent une diffusion plus large des œuvres. Ils influencent les choix des lecteurs, stimulent les ventes et contribuent à inscrire certains ouvrages dans le patrimoine littéraire. Toutefois, ils ne constituent pas une finalité en soi : la véritable consécration demeure la fidélité d’un lectorat capable de faire vivre une œuvre au-delà des distinctions.

    Opposer la rentabilité à la lecture revient sans doute à poser un faux débat, à mon avis. Une littérature vivante est celle qui parvient à concilier exigence esthétique, impact culturel et viabilité économique. L’écrivain ne devrait ni renoncer à ses convictions pour répondre exclusivement aux attentes du marché, ni ignorer les réalités qui conditionnent la diffusion de son travail. Être largement lu tout en vivant dignement de sa plume constitue moins un compromis qu’un idéal vers lequel tend toute création littéraire durable. Car si l’argent récompense le travail de l’auteur, ce sont les lecteurs qui donnent véritablement vie à son œuvre et assurent sa postérité.

    Ec𝗿𝗶𝘃𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗾𝘂’𝗲𝗻 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 ?


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  • L’IMAGE DE L’ECRIVAIN

    Le conseil qu’on rabâche tout le temps à l’écrivain, c’est celui qu’il devrait laisser son œuvre parler à sa place. C’est beau… en théorie, mais difficilement applicable, surtout aujourd’hui.

    Les lecteurs sont de plus en plus curieux. Ils veulent savoir qui se cache derrière les pages, et ils savent se donner à fond. Ils observent ses interventions, ses publications, ses interviews… Ils accourent à ses rencontres et prennent au sérieux ses opinions sur des sujets qui, parfois, ne concernent pas directement la littérature. Cette curiosité est juste un besoin d’établir une relation avec l’écrivain. L’époque de l’écrivain mystérieux est révolue.

    Cependant, se rendre visible pour ses lecteurs ne signifie pas tout montrer. L’ecrivain devrait apprendre à distinguer ce qui appartient à son univers littéraire de ce qui relève de son intimité ou de son côté  »folie ». Cette frontière peut être difficile à maintenir à l’époque des réseaux sociaux, où l’on peut passer en quelques secondes d’une présentation de livre à une confidence personnelle, d’une réflexion professionnelle à une réaction impulsive… Oui, tout ce qui est publiable n’est pas nécessairement destiné à être publié. La discrétion n’est pas un manque de modernité ; elle peut aussi être une forme de maîtrise de soi.

    L’image d’un écrivain se nourrit de cohérence. Il est incohérent de défendre dans ses livres la tolérance, la dignité ou le respect tout en adoptant publiquement des comportements qui contredisent ces valeurs. De même, un écrivain qui revendique le sérieux de son travail mais néglige ses lecteurs, arrive constamment en retard à ses engagements ou traite avec mépris ceux qui l’accompagnent finit par créer une contradiction que la communication la plus chère payée ne pourra pas masquer.

    Cette cohérence ne signifie pourtant pas que l’écrivain doive être irréprochable : il reste un être humain, il peut se tromper, être maladroit, connaître une période de doute, répondre trop vivement ou prendre une mauvaise décision… Ce qui importe alors, c’est sa capacité à revenir sur ce qui a été fait. En effet, dire par exemple « Je me suis trompé » impose plus de courage que de défendre obstinément une position devenue indéfendable.

    L’écrivain devrait accepter que son livre ne fasse pas l’unanimité. C’est l’une des épreuves les plus difficiles, car lorsqu’un écrivain met une partie de lui dans un texte, il reste convaincu qu’il s’agit de la 8e merveille du monde, pour paraphraser viens on lit.
    Une critique négative peut parfois être ressentie comme une attaque personnelle… Mais, chers écrivains, 𝐥𝐞 𝐥𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐢𝐠𝐧é u𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭 𝐝’𝐚𝐝𝐦𝐢𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 avec vous ! Il a le droit – sans impolitesse – de ne pas aimer un personnage, de contester une idée, de trouver le style insuffisant ou de rester insensible à une histoire. Apprendre à accueillir les critiques sans immédiatement dénigrer celui qui les formule est une étape importante dans la construction de l’image de l’écrivain.

    Certains auteurs cherchent tellement à correspondre à ce qu’ils pensent être l’écrivain idéal qu’ils finissent par jouer un rôle. Ils adoptent une manière de parler, une posture, une attitude… qui n’a rien à voir avec leur propre personnalité. Cela peut fonctionner des fois, mais pas tenir durablement, car cette gymnastique demande une énergie considérable.

    La manière dont un écrivain parle des autres écrivains participe également à sa propre image. En effet, il est possible de défendre son travail sans rabaisser celui d’un confrère ; il est possible d’exprimer une divergence littéraire sans transformer une discussion en règlement de comptes ; il est même possible de reconnaître la qualité d’un autre auteur sans avoir l’impression de diminuer sa propre valeur… La littérature n’est pas un espace où la réussite de l’un exige nécessairement l’échec de l’autre. Et ceci s’adresse particulièrement aux auteurs émergents ou en herbe.
    Lorsqu’on débute, peu importe le domaine, on peut être tenté de chercher rapidement la reconnaissance, de vouloir prouver que l’on mérite sa place et de réagir avec susceptibilité à ceux qui ne prennent pas immédiatement notre travail au sérieux. Pourtant, la carrière littéraire se construit rarement en une seule saison ! Comme dit plus haut, les lecteurs sont très observateurs, surtout ceux qui ne s’expriment – presque – jamais.
    Construisez votre carrière en multipliant les rencontres, les collaborations…

    Comme je le dis toujours lors de mes coachings : 𝐋𝐄 𝐋𝐄𝐂𝐓𝐄𝐔𝐑 𝐄𝐒𝐓 𝐋𝐄 𝐑𝐎𝐈 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐂𝐇𝐀IN𝐄 𝐃𝐔 𝐋𝐈𝐕𝐑𝐄. Dédicacer un livre, répondre aux questions lors et après une conférence, remercier un lecteur ou un critique parce qu’il recommande votre ouvrage, prendre quelques minutes pour écouter son lecteur, prendre une photo avec lui… peut sembler insignifiant ou de routine, mais ces moments restent parfois longtemps dans la mémoire du lecteur.

    Il ne faut cependant pas confondre proximité et disponibilité permanente. L’écrivain n’est pas obligé de répondre à toutes les sollicitations, de commenter tous les sujets ou de participer à toutes les polémiques pour rester visible. Il a aussi besoin de silence, de solitude et de temps pour écrire. La véritable présence publique ne se mesure pas au nombre de publications quotidiennes, elle se mesure davantage à la qualité de ce que l’on apporte lorsqu’on choisit de prendre la parole. L’image doit juste être sujette au  »comment » et au  »pour quoi » on décide de sortir de ces silences.

    Lorsque l’enthousiasme autour de votre dernier livre sera retombé, que les affiches auront disparu, que les publications auront été repoussées par d’autres contenus, que les séances de dédicace seront terminées… Que restera-t-il de votre image ? Voici un questionnement qui devrait animer chaque ecrivain. Ce qu’il restera, ce sont vos livres, bien sûr, mais aussi la réputation construite au fil des années. Les personnes rencontrées se souviendront-elles d’un écrivain arrogant ou accessible, méprisant ou respectueux, obsédé par la reconnaissance ou réellement attaché à la littérature ?

    📌 𝐀𝐂𝐎𝐋𝐈𝐓𝐓 𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐭𝐞𝐥𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐢𝐭𝐭ér𝐚𝐢𝐫𝐞, 𝐞𝐧 𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐞𝐧 𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥.

    𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐝’𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 :
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    𝐒𝐔𝐈𝐕𝐄𝐙-𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐒𝐔𝐑 𝐖𝐇𝐀𝐓𝐒𝐀𝐏𝐏 𝐈𝐂𝐈 ⤵️
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    Pauline M.N. ONGONO