Catégorie : culture africaine

  • 12 août 2025 : Journée Internationale de la Jeunesse : Dix Africains à l’honneur

    Approuvée le 17 décembre 1999 par la Conférence Mondiale des Ministres de la Jeunesse, la Journée Internationale de la jeunesse vise la promotion ou mieux le développement entre autres, de la conscience des jeunes en ce qui concerne le Programme d’Action Mondial pour la Jeunesse à l’horizon 2000 et au-delà.

    ACOLITT a choisi de parler de dix (10) Africains qui posent leurs pierres aux édifices Littérature et Éducation.

    • Lorena Nolwen Lekeufack Kamaha : Miss Litterature Afrique 2025 – 2026, Miss Littérature Cameroun 2025. Elle est auteure, étudiante, d’une culture littéraire remarquable, qui s’investit dans la promotion de la lecture.
    • Paterson Duplex Sikoue : il met sur pied le premier prix destiné à la filière BD au Cameroun. Il est une personne ressource auprès du MBOA BD FESTIVAL et de Waanda Stoudio, deux entités qui font vivre la bande dessinée.
    • Yémélé Rosine : auteure et psychologue du développement, elle a décidé, en 2022, de faire plus qu’un dépôt de dons dans des orphelinats : elle a mis sur pied le CHALLENGE INTER-ORPHELINATS. Pour sa 4e édition cette année, il s’est tenu à Nanga-Eboko, à Edéa et le 23 août 2025, il se tiendra à Yaoundé. Vous souhaitez donner un sou pour soutenir l’initiative ? Contact : +237 6 90 32 77 15
    • Sara Timb : auteure, poète et lauréate de plusieurs prix à travers le monde, elle ne ménage aucun effort pour vanter et vendre son potentiel. Elle est la promotrice du programme « J’écris au cameroun ». Un programme qui met en scène des élèves de plusieurs établissements scolaires à travers des ateliers, des concours…
    • Bienvenu Juvenal Rouheda : il est auteur, coach d’écriture et d’art oratoire. Il est le président de l’Association des Jeunes Ecrivains Centrafricains (AJEC)
    • Dieng Ousmane : il est auteur, slameur et poète. Sa particularité est son amour pour le bambara dans ses textes. Un amour qui l’a encouragé à mettre sur pied le Festival international Bɛka Slam Poésie – FIBS – MALI qui met en exergue les talents des filières slam et poésie avec un accent sur les langues africaines.
    • Khamila Ndayou : elle est auteure, poète, étudiante, avec plusieurs prix dans sa besace. Sa particularité est son amour pour l’éducation littéraire. Car construire, c’est aussi apprendre à le faire.
    • Bernard Bekoa, de son nom d’artiste « Bern’Artdo », est un slameur dont les ailes sont toujours prêtes à battre jusqu’aux sommets inimaginables. Depuis 2022, il égaye nos sens de ses textes, à travers le monde. Il est le promoteur d’un concours de slam et coach dans la même filière.
    • Aristide Meyo Ayolo : il est auteur, promoteur littéraire, directeur des Éditions AFRIBOOK et DP de Ô-Livre, l’un des rares magazines axés littérature en Afrique centrale.
    • Kathy Noëlle Sambah se surnomme « Une folle des langues ». A l’ère de la déculturation, elle propose un retour aux sources avec les enfants à travers son programme de vacances Camp Retour Ô Sources.

    📌 Ces dix sont un échantillon des jeunes qui osent sur le continent africain. Ils proposent des actions magnifiques et OSENT braver les difficultés que nous ne citerons plus.

    BRAVO À TOUS ! BRAVO À TOUS CEUX QUI NE SONT PAS CITÉS ICI !



    📌 Contact ACOLITT : acolitterature@gmail.com

  • D-LIVRE – Entretien avec Célestine BELLA AWONO, auteure camerounaise

    Traiter de la thématique de l’homme dans ses composantes était une façon pour moi d’attirer l’attention de la base et du sommet de la société, pour que chacun agisse pour l’humanisation de la cité.

    Bonjour, Célestine BELLA AWONO ! Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a poussée à devenir écrivaine ?

    Merci à vous pour l’honneur que vous me faites.
    Du cycle primaire que j’ai essentiellement fait dans le département de l’océan jusqu’au supérieur (principalement à l’université de Yaoundé 1) en passant par le cycle secondaire fait au lycée d’Ekekom et de Nkol-eton, j’ai toujours eu la grâce d’être comptée parmi ceux là qui se démarquent positivement malgré les eaux troubles de la vie. Parce qu’il faut dire que c’était loin d’être un long fleuve tranquille. Néanmoins, je suis parvenue, selon les moyens mis à ma disposition, grâce à ce background, à devenir professeure adjoint des Écoles Normales et experte en management et montage des projets. Durant tout ce parcours (scolaire, académique et professionnel), j’ai observé, entendu et vécu des choses comme toute personne d’ailleurs, qui m’ont poussée au questionnement. Fille d’enseignant que je suis, j’ai été très tôt en contact avec des livres de tout genre. Tout ceci, mêlé à ma passion de vouloir créer par l’art, est certainement ce qui m’a poussée vers l’écriture.

    Quelles sont vos principales influences littéraires, africaines ou internationales ?

    Les littéraires qui m’ont influencée sont nombreux. Mais les littéraires africains qui ont influencé d’une manière ou d’une autre mes écrits sont principalement EZA BOTO, le professeur NJOH MOUELLE, André BRINK, Patrick SEGAL, Michel QUOIST…

    Votre écriture s’inscrit-elle dans une tradition littéraire africaine particulière ? Si oui, laquelle ?

    Les traditions littéraires africaines telles que les contes, les proverbes… sont pleines de sagesse et de leçons. Mon écriture, je pourrais dire qu’elle puise un peu dans toutes ces traditions, pour en faire un cocktail littéraire dosé, émouvant, parfois sucré-salé.

    Comment décririez-vous le rôle de la culture africaine dans votre écriture ?

    Disons d’ors et déjà que la culture africaine est très riche, diverse et variée ; donc ne peut qu’être un creuset pour celui qui voudrait s’en inspirer pour des réalisations multiformes. Par conséquent, dans mes écrits, il est évident qu’elle joue un rôle de source, dans la mesure où je m’y appuie pour des analyses, et des lectures de l’individu et de ses actions dans ses interactions avec son semblable dans son milieu de vie, qui a ses réalités propres. Dans ma plume, la culture africaine joue également un rôle de mémoire. Toujours se rappeler de là où on vient, pour mieux avancer.

    Pouvez-vous nous expliquer le choix du thème central de Écoute !, votre dernier recueil de poèmes ?

    L’homme est l’être essentiel de la vie. C’est d’ailleurs à lui que revient la gestion de ce monde dont sa vie en dépend. Je pense donc qu’il est important et même urgent d’investir véritablement en lui pour redonner à la famille, la société, aux relations, aux services, à la science… leur humanité qui se meurt sous nos yeux ouverts mais endormis par le venin de l’ego et de l’intérêt exacerbés. Traiter de la thématique de l’homme dans ses composantes était une façon pour moi d’attirer l’attention de la base et du sommet de la société, pour que chacun agisse pour l’humanisation de la cité.

    Votre idée d’écriture de ce recueil est-elle inspirée de personnes réelles ou de traditions orales africaines ?

    Oui, dans une certaine mesure, les personnes réelles ont fait naître cette idée d’écriture et parfois des personnes héritières des traditions orales africaines. Ma pensée s’en va vers mes parents et grands-parents à qui je souhaite un doux repos.

    Comment abordez-vous la question de la langue dans vos œuvres ? Écrivez-vous en français, dans une langue africaine, ou mélangez-vous les deux ?

    Nos langues nationales sont de très belles langues. Il suffit d’entendre les chansons composées en ewondo, en bassa’a, en duala… Et les laisser mourir à petit feu est une cruauté envers les peuples camerounais et africains. Car la langue porte et transporte la substance de la culture d’un peuple. Fort heureusement, l’État, qui a très vite compris ce grand mal, a introduit de façon pédagogique l’enseignement de nos langues nationales dans le système éducatif à travers les nouveaux curricula. Et pour moi, c’est important que chacun parle et même écrive sa langue. J’introduis dans mes textes, comme dans mon dernier recueil de poèmes, quelques mots en langue nationale. Ainsi, ce léger mélange laisse transparaître l’amour que j’ai pour nos langues. Toutefois, dans d’autres cadres, j’écris uniquement en langue nationale ou en français, sans aucun mélange.

    Quels défis rencontrez-vous en tant qu’auteure africain dans le paysage littéraire actuel ?

    Parmi tant d’autres, je parlerai particulièrement du défi de la communication et de la visibilité. Il n’y a pas beaucoup de plateformes et d’espaces offerts aux auteurs surtout en herbe pour s’exprimer et se révéler. Quand ceux-ci existent, ils ne sont pas toujours gratuits, ce qui complique encore les choses chez ces auteurs qui ont déjà la peine à écouler leurs stocks de livres dans une société où les individus perdent l’amour du livre et de sa lecture.

    Pensez-vous que la littérature africaine est suffisamment représentée et valorisée sur la scène internationale ?

    Suffisamment représentée et valorisée sur la scène internationale, oui. Mais on peut faire mieux. Toutefois, je souhaiterais que cette représentativité et cette valorisation soient davantage fortes prioritairement en Afrique, pour un réveil et un éveil de la conscience collective, surtout en la jeunesse, dans l’optique de l’informer et de la former, pour une pensée et un agir à relever et à élever l’Afrique.

    Comment voyez-vous l’évolution de la littérature africaine contemporaine ?

    Je la vois fulgurante si celle-ci est davantage soutenue, valorisée, encadrée et accompagnée d’abord par l’État et les organismes privés.

    Votre écriture vise-t-elle une dimension politique ou sociale ? Si oui, comment ?

    Je pense que, lorsqu’on couche sur du papier sa pensée, sa vision, son analyse, c’est pour que celle-ci soit vue et lue par tous les acteurs des paysages politique et social. Ceux-ci, avec tous les outils d’évaluation mis à leur disposition, pourront leur être utiles dans un domaine ou un autre .

    Quel message souhaitez-vous donc transmettre à travers tous ces conseils dans « Écoute ! » ?

    Le message de revenir à l’homme. Nous devons investir d’abord en l’Homme dans toutes ses dimensions : âme, esprit et corps, afin que ses pensées, ses paroles et ses actions vis-à-vis de son semblable et de son environnement soient positives.

    Quel est votre processus d’écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes particulières ?

    (Rire) Pas vraiment ! J’écris comme ça me vient. Je peux écrire de jour ou de nuit. Parfois même dans un bus… Quand j’ai du fil dans mes idées et la possibilité, j’écris. Mais bien évidemment, je vais toujours revoir le texte pour y mettre de l’ordre ou même tout changer. Mais avant toute soumission formelle d’un texte à un concours ou à une maison d’édition, je me fais toujours lire par un tiers.

    Un conseil pour les jeunes auteurs africains qui souhaitent se lancer dans l’écriture ?

    Briser les barrières de la peur et se lancer. Avec le temps, se faire accompagner. Se préparer à rencontrer les montagnes et les collines. Mais qu’ils sachent et surtout gardent en esprit qu’il y a des plaines verdoyantes qui les attendent.

    Sur quel projet littéraire travaillez-vous actuellement ?

    J’ai commencé un roman il y a des mois. Mais j’ai dû mettre une pause pour des raisons de santé. Je souhaite le reprendre très bientôt et l’achever.




  • D-LIVRE : Entretien avec Serges NGOUNGA, écrivain camerounais, président de l’Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora (AMACAD)

    Quand nous sommes enracinés dans nos valeurs, fiers de notre histoire, solides dans nos convictions, alors nous pouvons nous ouvrir aux autres avec sérénité, confiance et puissance.

    Merci d’avoir accepté de répondre à ce questionnaire. Vous êtes l’auteur de plusieurs livres dont trois s’inscrivent dans une perspective traditionaliste, défendant des valeurs, une vision de l’homme ou une esthétique enracinée dans la tradition. Nous souhaitons mieux comprendre votre démarche intellectuelle et créative dans l’écriture de « Le NGOUN expliqué à mon fils… et présenté au monde », « Du temporel à l’intemporel », « Les racines du bien, ou la parenthèse enchantée »…

    Comment définiriez-vous le « traditionalisme » dans vos œuvres ? Est-ce une fidélité à des principes intemporels, un rejet de la modernité, ou autre chose ?

    Je commencerai par dire que le traditionalisme en général désigne une somme de valeurs et coutumes du passé, des temps anciens, qui a été transmise par une tradition écrite ou orale, et qu’on peut considérer comme intemporelle, c’est-à dire immuable. Dans mes œuvres, le traditionalisme est une manière de me saisir du présent, comme trait d’union entre le passé et le futur. L’écrivain est un passeur de relais. Oui, je suis fidèle à certains principes intemporels qui gouvernent aussi bien l’humanité entière que les individus et les sociétés que nous constituons. Cela ne peut pas être un rejet de la modernité, car toute tradition s’enrichit des faits modernes, qui la pénètre, la bouscule et une partie de cette modernité épouse la tradition d’origine et la consolide. Je ne serai pas un auteur qui voudrait opposer la modernité à la tradition.

    Quels penseurs, écrivains ou artistes du passé vous inspirent le plus, et pourquoi ?

    Il y a plusieurs auteurs, penseurs et artistes qui m’inspirent, pas que ceux du passé. Disons pour parler des temps anciens, les philosophes grecs Marc Aurèle, Sénèque, Socrate m’inspirent autant que certains auteurs français tels que Voltaire, Jean-Paul Sartre, et bien d’autres… sans oublier certains auteurs africains tel que Senghor, Mongo Beti, Amadou Hampâté Bâ. Ces auteurs m’inspirent le plus car d’une certaine manière, leurs écrits décrivent aussi bien la complexité du monde qui les entouraient et ils donnent quelques clés pour trouver son proche chemin, avec conviction et liberté.

    Selon vous, quelles sont les principales erreurs ou illusions de la modernité ?

    Je pourrai citer deux erreurs majeures :

    La première, la modernité a souvent l’illusion de créer quelque chose de nouveau, et lorsqu’on creuse, on se rend compte souvent qu’au fond, on a refait uniquement la surface extérieure de quelque chose qui existait déjà.

    La seconde erreur, c’est de penser que ce qui relève de la modernité, doit s’imposer à tout le monde, de la même manière. Or, l’humain ne peut pas être contraint à tout type de modernité ; ce serait nier sa capacité à réfléchir, et sa liberté intrinsèque d’exercer un choix libre et conscient sur ce qui se présente à lui, moderne ou non.

    La tradition doit-elle être préservée telle quelle, ou réinterprétée pour rester vivante ?

    Comprenons-nous bien, la tradition, au sens d’un ensemble de pratiques transmises de siècle en siècle, de génération en génération ne peut intrinsèquement pas être préservée telle quelle. Pourquoi ? parce que chaque génération prend un peu du passé, y ajoute des éléments du présent sans oublier sa propre vision du futur. Ce qui veut dire que chaque époque, chaque période possède sa part de tradition. Oui, ce qui est essentiel et indispensable dans une tradition doit être préservée. Prenons l’exemple de la poésie. La tradition poétique a mis en place des codes d’écriture, des vers, des alexandrins, etc. Aujourd’hui, cette tradition poétique a ses inconditionnels, mais à nos jours, ce qui est resté de cette tradition, c’est le sens des rimes, du rythme des vers, la tonalité des strophes, et non plus l’obligation de faire des alexandrins de dix ou douze pieds. En clair, une tradition, pour rester vivante dans une époque donnée, doit s’habiller des vêtements de cette époque pour rester encore plus puissante. Pourrai-je parler de trahi-modernité ?

    Comment votre engagement traditionaliste influence-t-il votre style d’écriture ou votre approche artistique ?

    Je dirai plutôt ma vision traditionaliste et non pas engagement. Car une vision s’affine, s’aiguise avec le temps ; un engagement, c’est plutôt quelque chose de continu dans l’action. Donc, je dirai que ma vision traditionnelle étant le reflet de mon parcours, de mes rencontres, de mon essence même, elle fait partie intégrante de ma source d’inspiration. Je me nourris à la source des traditions du monde pour interroger le présent. J’interroge l’avenir à l’aune des faits passés pour mieux comprendre le présent. Mon écriture est une quête d’harmonie et de sens.

    Existe-t-il, selon vous, une « décadence » dans la littérature contemporaine ? Si oui, comment la caractériseriez-vous ?


    Je suis mal placé pour juger la décadence ou non dans la littérature contemporaine. Vous savez, chaque époque a ses travers. Chaque secteur d’activité a ses aspects décadents. Regardez la mode, il y a de tout. Certains parents peuvent trouver indécent l’habillement de certaines jeunes filles, dans un pays et ce sera l’inverse dans un autre milieu. Il y a eu par exemple au XIXè siècle dans la littérature romantique française, des auteurs tels que Victor Hugo qui avait des romans conventionnels, différents du style d’autres auteurs comme Georges Sand, qui mêlait au texte romantique des émotions contrastées de sensualité et de sexualité qui pouvaient choquer à cette époque-là.

    Quel rôle jouent la religion, la philosophie ou les mythes dans vos œuvres ?

    La religion joue très peu de rôle dans mes œuvres. Je parlerai plutôt de spiritualité, ce qui élève l’Homme au dessus de la matière. La philosophie comme amour de la sagesse est aussi une forme de spiritualité qui, dans certains de mes textes, interpelle l’humain aussi bien dans ses contradictions que dans sa recherche d’harmonie et d’équilibre avec lui-même, avec la société qui l’entoure et avec la nature qui l’environne.

    L’art doit-il être beau, ou peut-il se permettre la laideur et la subversion ?

    Pour moi, l’art doit être beau, et être au service du bon et du bien. L’art peut se permettre une certaine subversion, et cela lui confère une certaine subtilité. Pour ce qui est de la laideur, tout dépend de la sensibilité de chaque artiste-créateur. De base, toute œuvre de création se conçoit dans la beauté de l’esprit.

    Le traditionalisme implique-t-il, selon vous, une certaine vision de l’ordre social ? Laquelle ?

    Si vous prenez par exemple le traditionalisme qu’ont certains peuples à respecter les anciens, pensez-vous que cela puisse se faire sans respect de l’ordre social ? Dans la médecine ou dans le droit, pensez-vous que sans ordre social, le respect du port des tenues, la méthodologie de soutenance auront-ils un sens ?

    Comment analysez-vous les mouvements contestataires actuels (écologisme, progressisme, etc.) à la lumière de votre pensée ?

    Ce sont des formes d’expression de la liberté des Hommes. Il faut laisser les gens s’exprimer si tant est qu’ils ne cherchent pas à imposer à tous la même pensée. Je fais confiance à l’intelligence collective et au temps pour apporter plus de sérénité dans ce qui peut apparaître comme un mouvement de contestation. Ces éléments extérieurs ne viennent aucunement perturber ma vision intérieure.

    La démocratie moderne est-elle compatible avec les valeurs que vous défendez ?

    Si l’on attend par démocratie moderne, l’élection des dirigeants au suffrage universel, je dirai que ce choix ne doit pas être imposé à tous les pays de la planète de la même manière. Chaque peuple peut et doit trouver le mécanisme par lequel il veut être administré. Vu du monde occidental, les monarchies du Moyen-Orient semblent ne pas être gênants pour les populations locales. Les peuples d’Afrique, d’aujourd’hui, ne peuvent-ils pas accepter cette forme de gestion monarchique ? A méditer.

    Quelle place accordez-vous aux nations, aux peuples et à leurs héritages spécifiques ?

    Justement, un peuple s’approprie son destin, lutte pour l’affirmation de sa liberté et pose les bases de son organisation. Les nations les plus solides sont celles où les peuples ont pu forger un destin commun sur la base d’héritages où chacun se reconnaît dans le narratif collectif. L’ère Meïji a formé et forgé le destin de la nation japonaise. La conquête de l’Amérique par des Européens, avec des esclaves amenés d’Afrique, a donné autre chose de différent que ce qui préexistait avant 1492.

    Vos idées suscitent-elles des incompréhensions ou des oppositions ?

    Pour l’instant, je n’y prête pas attention. Le vin est tiré, il faut le boire. Lorsqu’une œuvre est publiée, elle est livrée aussi bien aux critiques qu’aux compliments. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Je prends tout, je tamise si besoin et je m’assure d’être en harmonie avec moi-même.

    Pensez-vous que la culture dominante marginalise volontairement les voix traditionalistes ?

    La culture dominante, au contraire, donne du relief aux voix traditionalistes. Je le répète, aucune culture dominante, ne se fait sans la base d’éléments traditionalistes. On croit souvent que la modernité est une croissance ex nihilo. Creusez-bien et vous verrez l’essence, la quintessence des choses et des êtres. La modernité ne doit pas oublier ses fondements basés sur des faits traditionalistes…

    Quel public souhaitez-vous toucher : une tranche particulière ou la société dans son ensemble ?

    La jeunesse de 9 à 99 ans. J’écris pour mettre en lumière une partie de la vision de notre société. Par conséquent, les êtres éveillés, ceux qui sont à l’écoute du monde, peuvent me lire, y compris les jeunes dès l’âge de 9 ans.

    Vous vivez en Occident. Voyez-vous des signes d’un possible renouveau traditionaliste africain en Occident ?

    Oui, énormément. Disons que les enfants des 2ème et 3ème générations d’Africains qui sont venus en Europe pour les études ou pour le travail, ont compris qu’il leur manquait une base, des racines pour mieux assumer leurs identités plurielles. Avec ou sans l’aide de leurs parents, ils sont allés à la source et cela a créé en eux quelques bouleversements mais aussi de l’enchantement. Ainsi, ils sont mieux armés pour le rendez-vous du donner et du recevoir, cher au poète Senghor.

    Avez-vous des projets en cours (livres, conférences, collaborations) que vous souhaiteriez partager ?

    Oui, plusieurs projets se préparent pour les mois qui suivent, surtout pour le 1er semestre 2026. J’en dirai plus lorsque j’aurai choisi l’ordre de parution de ces travaux en cours de finalisation. A suivre.

    Un dernier message ou une citation qui résume votre position ?

    Soyez comme ces arbres anciens, ces majestueux baobabs d’Afrique, ces séquoias géants d’Europe, ces cèdres d’Asie, qui plongent leurs racines profondément dans le sol au fil du temps. Avec un tronc solide, à fière allure, ces arbres ont des branches qui s’étendent aux quatre coins de l’espace. Autrement dit, quand nous sommes enracinés dans nos valeurs, fiers de notre histoire, solides dans nos convictions, alors nous pouvons nous ouvrir aux autres avec sérénité, confiance et puissance. La bienveillance devient une force. L’ouverture, un choix. L’enchantement de la vie, un luxe permanent.



  • APPEL À TEXTES : LE MAGAZINE SÉNÉGAL NJAAY OFFRE QUATRE ANTHOLOGIES AFRICAINES ET AFRODESCENDANTES

    Le magazine Senegal NJAAY a le plaisir d’annoncer le lancement de quatre anthologies africaines et afrodescendantes autour des genres littéraires suivants :

    • Poésie
    • Conte
    • Nouvelle
    • Théâtre

    Ces projets visent à valoriser les voix littéraires du continent et de la diaspora, en mettant en lumière des textes engagés, originaux et ancrés dans nos réalités et imaginaires.

    📌  Thème général : Mémoire, Résistance et Espérance

    📌 CRITERES DE SÉLECTION

    • Être Africain(e) ou Afro-descendant(e)
    • Le texte soumis doit être inédit
    • Langue : Français (les langues africaines sont acceptées si accompagnées de traduction)
    • Longueur maximale :
      . Poème : 40 vers
      . Conte / Nouvelle : 2 000 mots
      . Théâtre : 5 pages max
    • Un seul texte par genre littéraire, par personne

    📌 COMMENT POSTULER ?

    Envoyez votre texte en format Word ou PDF, accompagné d’une courte biographie (500 signes max) et d’une photo portrait à :
    senegalnjaayeditions@gmail.com
    Objet du mail : Anthologie + Genre littéraire (ex : Anthologie – Conte)

    📌 Date limite de soumission : 31 août 2025

    📌 Les textes sélectionnés seront publiés dans un ouvrage collectif sous le label SENEGAL NJAAY MAG, avec diffusion numérique et physique.

    Plus d’informations : senegalnjaayeditions@gmail.com

    À vos plumes !



    Acolitt, pour une littérature dynamique !
    Nous contacter : acolitterature@gmail.com

  • Des larmes aux étoiles… Avec Serges NGOUNGA

    « … Quand je ferme les yeux, je t’imagine tout près de moi
    Quand je rouvre les yeux, je ne t’imagine pas loin de nous…
    Nos torrents de larmes remplissent nos lits pleins de désespoir
    À présent un vide béant se dresse majestueusement face à nous
    À présent toute certitude, tout orgueil est inutile et indésirable
    À présent, accepter l’inattendue est le début d’une nouvelle vie… »

    Ce recueil de poésie de 94 pages dont l’auteur est Serges NGOUNGA, est disponible à la FNAC, sur Amazon.

    Il sera bientôt disponible au Cameroun, au prix de 5000 FCFA. Précommandes possibles à ngoungaserges@gmail.com ou infoslitt@gmail.com


    ACOLITT communique sur vos initiatives en littérature, relit et traduit vos textes.
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  • HYMNE À LA VIE… Par Serges NGOUNGA

    « Laisse de côté, l’usage de tes cinq sens, Laisse de côté ta vision de la matière extérieure, Laisse-toi envahir par ce sens, par cette sensation, Laisse venir à toi des images, des perceptions, des idées nouvelles. […] Dans le labyrinthe de mon imagination, j’accepte volontiers de me balader sans guide, J’accepte de me perdre, je reste convaincu du fil d’ariane que je trouverai en chemin, Les déesses de l’esprit sauront me conduire au plus haut du foisonnement créatif Et m’aideront à produire à la surface mille et un délices merveilleux à partager. […] Alors ose imaginer, pour vivre pour toi et avec les autres, une parenthèse enchantée ! », extrait 𝑰𝒎𝒂𝒈𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, P.22

    Dans ce recueil d’une quarantaine de poèmes tenue sur 88 pages, Serges Ngounga met en exergue les racines qui subliment le bien, l’amour et le beau en chacun de nous et dans nos rapports avec les autres. Ces textes sont pour lui l’occasion de semer des graines dans l’univers, pour en sortir un hymne à la vie dont les mélodies partent de soi pour inonder et enchanter le monde.

    📌 Il est disponible à la FNAC, sur AMAZON, dans le réseau de distribution des Éditions L’harmattan ou en laissant un mail à ngoungaserges@gmail.com ou infoslitt@gmail.com

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  • VISION & GRANDEUR DU PEUPLE BAMOUN : DU TEMPOREL À L’INTEMPOREL de Serges NGOUNGA et Samuel PEFOURA

    A travers ses tableaux et textes, ce livre se veut une trace indélébile des gardiens intemporels de ce peuple multiséculaire. Les adeptes du beau et du bien trouveront dans cet ouvrage toute l’essence d’un peuple qui fascine le monde encore aujourd’hui par la densité de sa richesse multisectorielle.

    En examinant ces tableaux par des textes de libre inspiration, Serges NGOUNGA nous invite à la découverte de l’un des rares peuples en Afrique qui a su, qui a pu, malgré le contact avec l’Occident, maintenir son originalité, son authenticité, livrant au 21e siècle la vision de ses pères fondateurs ainsi que la grandeur de sa civilisation figée par le biais des pinceaux de Samuel PEFOURA.

    📌 Il est en vente à la librairie Tamery à Paris et par correspondance.

    📢 Il sera très bientôt disponible au Cameroun, au prix de 15.000 FCFA. Précommandes possibles à acolitterature@gmail.com ou ngoungaserges@gmail.com



  • LE DEVOIR DE TRANSMISSION AVEC Serges NGOUNGA et Le Nguon expliqué à mon fils… et présenté au monde

    Cet ouvrage est un dialogue entre un père et son fils, Bryan, qui s’interroge sur les grandes lignes de cette tradition historique, culturelle et spirituelle qui a dépassé le cercle des Bamoun, des Camerounais, et même des Africains : le Nguon.

    Les deux protagonistes s’approprient leur histoire commune, par ce dialogue, au cœur des différentes occurrences du concept Nguon, afin de le comprendre et pour mieux le présenter au monde.

    📌 A cette ère où la déculturation fait de grands bonds toutes les minutes, ce livre illustré et écrit en 12 séquences, est indiqué pour sauver la culture, la coutume.
    En 213 pages, Serges Ngounga met en exergue, pour la population mondiale, cette « tradition de communion et de gouvernance traditionnelle dans la société bamoun. », S.M. Mouhammad-Nabil MFORIFOUM MBOMBO NJOYA, XXe roi du peuple Bamoun.

    📌 Il est disponible à la Fnac, sur Amazon.com

    Il sera très bientôt disponible au Cameroun, au prix de 10.000 FCFA.
    📖 Précommandes possibles à acolitterature@gmail.com ou ngoungaserges@gmail.com

  • BIOLITT : Serges NGOUNGA, écrivain camerounais

    Depuis 2008, Serges NGOUNGA mène une vie d’écrivain qui, progressivement, prend de la place dans sa vie.

    De formation universitaire littéraire et communication, il poursuit son cheminement littéraire et artistique à travers plusieurs publications et projets culturels qu’il mène au sein des associations et des groupes de réflexions et d’actions.

    Au fil de ses productions littéraires, l’écrivain développe plusieurs thématiques : l’importance de l’identité culturelle, l’appréciation de la nature, la spiritualité, les voyages, la culture, et les valeurs humanistes.

    Depuis sa jeunesse, ce passionné de littérature, d’histoire, de culture et de traditions, considère ses écrits comme un arbre qui raconte au fil des pages sa vision du monde. Les racines de cet arbre sont plongées dans ses valeurs africaines, son tronc est teinté d’un optimisme et d’une résilience bienveillante. Ce qui donne à cet arbre, des branches capables d’aller à l’écoute des autres, pour un partage sans cesse enrichissant.

    Serges NGOUNGA invite ses lecteurs au cœur d’un voyage essentiel qui sans cesse transcende et dépasse le réel pour un meilleur enchantement des sens.

    SES LIVRES

    Le Nguon expliqué à mon fils… et présenté au monde : Le devoir de transmission (2024) – Récit jeunesse

    VISION & GRANDEUR DU PEUPLE BAMOUN : Du temporel à l’intemporel (2021) – Beau-livre

    Les racines du bien, ou la parenthèse enchantée (2022) – Poésie

    Des larmes aux étoiles – Textes à l’absente (2023) – Poésie

    Au fil du voyage (2008) – Poésie (en rupture de stock p

    Eugène Njo-Léa (1931-2006) : Un sportif – Un militant – Un diplomate (2025)

    Il

    Serges NGOUNGA est le président actuel de l’Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora (AMACAD). Une récente association qui mène son bout de chemin depuis le début de l’année 2025 à travers salons et festivals du livre.

    POUR SERGES NGOUNGA…

    « Un écrivain est un artiste qui voyage en permanence en lui et hors de lui. Il dépasse les frontières invisibles du temps et de l’espace… Par l’imagination, il tente à sa manière de tutoyer la part de divinité en chacun de nous pour le bonheur d’un plus grand nombre d’humains-lecteurs ».




  • Pour la fête des pères…

    M. Bimbia, père de Tuba, l’héroïne du roman TUBA B., celle qui possède la force, est un père de famille qui décide de donner sa fille, encore adolescente, en mariage à un homme qui a trois fois son âge, pour terminer la construction de sa maison.
    On Le trouve irresponsable et même inhumain, et à juste titre. Mais il est pris de remords, il souffre de ne pas avoir préservé le père en lui, et surtout de s’être laissé envahir par l’homme insensible.

    M. Bimbia est malgré tout un père, un homme avec ses vertus et aussi ses défauts. S’il n’avait pas été un père pour ses enfants, sa fille l’aurait considéré comme un être vil et cupide, une fois qu’elle a réussi à réaliser son rêve le plus cher.

    Un homme ne peut être un père si les enfants, ceux qu’on fait et ceux qu’on adopte, d’une façon ou d’une autre, ne le lui rappellent pas avec un amour sain et généreux.

    Le père parfait n’existe pas, alors chaque père mérite amour et attention, afin qu’il soit juste un père. Tout ce qu’il demande, malgré tout.

    📌 Vous pouvez avoir Tuba B., celle qui possède la force de Diane-Annie TJOMB par ces numéros : +237 696209004 / 675353268

    📌 Prix : 5000 FCFA

    📢 Bonne fête des Pères, chers Acolytes !