Né à Tenkodogo dans la province du Boulgou au Burkina Faso, Lazare BALIMA est auteur et enseignant burkinabè. Il participe à plusieurs compétitions littéraires avec des prix tels que le trophée de la meilleure révélation littéraire de la région du Centre-Est avec son roman intitulé L’amour parfait (édition Plum’Afrik 2021) en 2017, la 7ème place dans la catégorie nouvelle en littérature à la Semaine Nationale de la Culture (SNC) avec son recueil de nouvelles intitulé La fin de l’espoir d’Espoir (Édition œil collection 2019).
En 2019 et 2020, il est successivement nominé au prix international Jacques Prosper BAZIE du Centre International de Recherche et de Création Artistique (CIRC’ART) en poésie et en 2021, il participe à la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO) en théâtre avec son texte intitulé « Le sacrifice du Président » (inédit). En 2024, il participe à l’appel à candidature Plumes Africaines des Éditions Plum’Afrik et est retenu avec son recueil de nouvelles Secret de famille (en cours d’édition aux Éditions Plum’Afrik).
Toujours engagé pour la cause du livre et de la lecture, il crée en 2019 l’Association Des Alliés du Livre ADAL qui deviendra plus tard Association Des Alliés du Livre et de l’Éducation (ADALE), où il œuvre dans la promotion de la culture et des livres, de l’éducation et des droits humains.
En 2021, il participe à la création d’un collectif africain dénommé Collectif d’Ecrivains Engagés pour la Libération et le Développement de l’Afrique (CEELDA) et écrit avec ledit collectif, une œuvre de collaboration intitulée JUSTE UN PAS…VERS UN MONDE DE PAIX (Editions Soleil de KAMA 2022, Nouvelles).
Passionné de culture de façon générale, Lazare BALIMA évolue également dans le domaine du cinéma et du théâtre en tant que comédien et metteur en scène.
ESSOMO Sadrack est un acteur de cinéma, président fondateur et directeur artistique de la Compagnie De Théâtre RETRO, chargé de développement de projets (artistiques, culturels, sportifs, événementiel) à ADAPTATION AGENCY, event planer et auteur en herbe.
Il a travaillé dans plusieurs festivals en tant que directeur artistique, chargé de la logistique : Festival corps é gestes, Festival du Mbôl, Festival RIFIC, REPACI du 237, La Rencontre, etc.
Dans le domaine du cinéma, il intervient en tant qu’acteur dans des projets tels : Disappeared de ROMARIO TCHOUPOU, Ma face cachée de DENEUVE DJOBONG, Ewusu de FRANÇOISE ELLONG, Lost de CHRISTIAN ZILY (en post production), Malgré tout de ENAH JOHNSCOOT (en post production), et bien d’autres.
ESSOMO Sadrack est également un amoureux des mots. Ses genres littéraires préférés sont les romans, les pièces de théâtre et les livres pour enfants. Il aime particulièrement les livres de jeunesse parce qu’à travers ces ouvrages, il est possible d’inculquer aux enfants de bonnes idéologies. Il a un album de six textes jeunesse (UM NYOBE, BÉBÉ MANGA, THOMAS SANKARA, VODOUN, HERMINE YOLLO, LE MINTUMBA) qui ne sont pas encore edités. Soucieux de la place qu’occupe la littérature dans la société, il aimerait ainsi contribuer à son essor.
L’orchidée MOULENGUI est une lectrice gabonaise très engagée. Sa passion pour la lecture l’a conduite à explorer divers genres littéraires. Ce zèle pour la lecture et l’écriture est devenu le fil conducteur de sa vie, la propulsant sur la scène littéraire en tant que lectrice engagée, promotrice et chroniqueuse littéraire. Elle est membre de l’association La lecture JE contribue (Cameroun) et du Club Lyre (Gabon).
Passionnée par la découverte de nouveaux talents littéraires, elle organise des événements, des clubs de lecture et des émissions littéraires pour encourager les auteurs et les lecteurs à s’engager avec la littérature de manière significative. Sa vision dynamique de la littérature en tant que force unificatrice l’a amenée à promouvoir un large éventail de voix littéraires, à travers sa librairie virtuelle, La Librairie du Mapane.
Elle a lancé son propre blog Mon univers livresque, offrant aux lecteurs des analyses des dernières parutions, ainsi que des recommandations de lectures variées. Sur sa chaîne YouTube (Mon univers livresque), vous aurez le plaisir de déguster son émission littéraire « Portrait livresque »
Elle a participé à l’écriture de trois recueils de nouvelles : « Boupendza n’était pas hors-jeu » (Symphonia 2022) ; « Chroniques du Gabon » (Sépia 2022) ; « Celle qui allait danser avec les morts et autres nouvelles » (Parangon Éditions, 2023)
DISTINCTIONS :
✓ Prix d’encouragement littéraire en 2024 au Salon International Féminin du Livre et des Arts du Gabon.
✓ Femme blogueuse de l’année aux Digiewomen_Awards 2024
Elle s’engage sur cette voie en janvier 2023. Elle commence par la recommandation littéraire : elle lisait des œuvres d’auteurs/autrices afro et faisait des vidéos dans lesquelles elle partageait ses expériences de lecture.
Parallèlement, elle fait des « Directs Instagram » avec les auteurs/autrices qui le désirent, histoire qu’ils viennent parler d’eux et de leurs écrits pendant quelques minutes et également répondre aux questions du public.
Par ailleurs, sa dernière concrétisation, toujours dans ce but de valorisation de la littérature africaine ainsi que de ces écrivains/écrivaines, a été le lancement d’une émission littéraire africaine sur YouTube. C’est une émission qui a pour objectif de donner un espace privilégié d’échange aux auteurs/autrices et tout autre acteur/actrice littéraire Afro afin qu’ils aient la latitude de partager leur passion, leurs projets, leurs visions et bien plus encore. L’émission est ouverte à tous ceux et toutes celles qui écrivent des livrent et qui sont issus du continent ou en sont descendants ; sans oublier les maisons éditions ou librairies Afro-centrées.
En outre, de toutes ces activités, il lui arrive de couvrir des événements littéraires Afro qui mettent en lumière les talents et la culture du continent.
La Biblio de Fatim, avant d’être une page ou encore une émission, c’est un engagement qu’elle a choisi de porter vis-à-vis de cet art que les écrivains et écrivaines du continent font briller chacun et chacune avec sa plume.
NDASSIBOU Thomas Aurélien est un passionné des langues et des cultures depuis son cursus académique. Pour manifester cette passion, il a écrit le manuel Mes premiers pas en ewondo.
Dans le souci de permettre aux enfants, jeunes et adultes de s’intéresser à leurs cultures et leurs langues – et même à la parler (pour ceux qui ne le savent pas), il a créé une maison d’édition qu’il a nommée THANKS. THANKS qui signifie rassemblement, union, amour, partage, coopération, est une entreprise qui intègre toutes les langues et cultures du Cameroun. Son catalogue est riche de plus de vingt-quatre (24) langues nationales camerounaises.
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Depuis quatre ans, il est chargé de cours à l’ESSTIC (Ecole Supérieure des Sciences et techniques de l’information et de la Communication). Ses cours portent sur la mise en page en édition et édition en langue africaine. A ce jour, il a déjà encadré une vingtaine de travaux de fin de formation dans la même filière.
Conscient que la théorie alliée à la pratique est une chose importante, il encadre des stagiaires dans sa maison d’édition. Près de cinquante stagiaires de la filière édition et arts graphiques des niveaux 1, 2 et 3 y sont déjà passés.
En plus d’avoir été membre de jury de plusieurs concours littéraires, Thomas Aurélien NDASSIBOU est également l’auteur de plusieurs ouvrages. Sa vision pour les langues en Afrique ont fait de lui un partenaire de SIL Cameroun et un membre de plusieurs associations internationales qui s’investissent dans la promotion du livre.
MOLAKISI EDIMO LUMBIDI est l’un des acteurs culturels congolais les plus impliqués dans la promotion de la culture et de littérature congolaise.
Sa particularité est qu’il ne mène son projet culturel qu’en langue congolaise, notamment le lingala, aux travers de ses écrits, conférences et enseignements. Il fait partie des défenseurs de taille de la langue lingala : il a produit un manuel d’apprentissage à cet effet.
EDIMO LUMBIDI ne s’est pas fait appelé « MOLAKISI » pour le simple plaisir, mais c’est bien ce déterminant qui définit son travail de recherche-action en tant que professeur de lingala depuis plus de huit ans, dans plusieurs institutions locales et internationales.
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En plus de ce manuel d’apprentissage, il est également l’auteur d’une série de livres pour enfants qui s’intitule « Ntwali ». C’est avec ce livre jeunesse qu’il s’attèle à faire connaître aux jeunes africains et afro-descendants, les valeurs culturelles et historiques de l’Afrique.
L’école culturelle Toyekola et l’E-Learn Tatamolakisi sont les deux entités que coordonne ce protecteur de la culture dans le cadre de sa profession, en plus de son chapeau d’éditeur en chef des Éditions Buku bwa Molakisi.
« C’est un honneur de voir que le travail accompli est reconnu comme un travail de qualité. »
DIBAKANA MANKESSI, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Une question que nous posons à tous nos invités d’entrée de jeu : comment vous définissez-vous ?
Essayiste et romancier.
Vous êtes Docteur en sociologie. Quel est l’avis du sociologue que vous êtes sur la scène littéraire au Congo ?
Si vous faites allusion à la « littérature au Congo », je dirais qu’elle donne l’air d’être dynamique. Car je vois, notamment sur les réseaux sociaux, les nombreuses manifestations qu’elle suscite. Il ne s’y passe pas un mois sans un événement autour du livre. C’est plutôt bon signe… Ensuite, il y a la littérature produite par les Congolais vivant à l’étranger : celle-ci aussi se porte plutôt bien, me semble-t-il, si l’on s’en tient à l’actualité récente : sur les six Finalistes du « Grand Prix Afrique 2023 », ex- « Grand prix littéraire d’Afrique noire », remis le 16 mars dernier à Paris, il y avait trois Congolais vivant tous à l’étranger… On constate aussi le renouvellement des générations d’écrivains, tout comme le renouvellement des thématiques…
Vous êtes justement l’auteur de Le psychanalyste de Brazzaville, un roman qui met en exergue le docteur KAYA, à l’écoute de différentes personnes et personnalités, de divers horizons, et en proie à diverses questions. J’ai envie de vous poser une question basique : pourquoi ce roman ?
Pour tenter de comprendre le fondement et le déroulé de certains événements relatifs à cette période où naissaient les Etats africains, le Congo en particulier, c’est-à-dire la première décennie des années 1960. Par exemple quelles étaient les motivations de ces élites (que le vocabulaire colonial nommait « Les évolués ») qui prenaient alors les manettes du pays (en remplacement des Occidentaux) ? D’où le personnage du docteur Kaya, le psychanalyste, qui, par sa fonction, permet la libération de la parole dans un lieu où ses patients se sentent en toute confiance.
Ce roman, qui est votre troisième, ne serait-il pas aussi une façon de crier la valorisation des métiers de la santé mentale en Afrique ?
Chaque lecteur a sa lecture, son interprétation du livre qu’il lit. Celle que vous évoquez en est une. Mais en écrivant, ce n’était pas le but visé… Je vous rassure que d’autres retours de lecture m’ont également fait toucher du doigt des aspects, des points, des interprétations du livre que je n’avais pas moi-même. Et à chaque fois, je me dis : « Tiens, mais c’est vrai… » Lorsqu’un livre est publié, il n’appartient plus à son auteur, chaque lecteur se l’approprie en fonction de sa sensibilité. Tant mieux qu’il en soit ainsi. En l’occurrence, si ce livre peut permettre de souligner l’importance des métiers de la santé mentale en Afrique (des métiers qui y sont peu valorisés), j’en serais heureux.
Avec ce roman, vous êtes le lauréat du Grand Prix Afrique 2023. Que vaut ce prix pour vous ?
Un immense honneur, bien évidemment, de compter désormais sur la prestigieuse liste des écrivains qui l’ont remporté depuis 1961 : Hamadou Hampâté Bâ, Mongo Beti, Ake Loba, Henri Lopes, Birago Diop, Ken Bugul, Ahmadou Kourouma, Emmanuel Dongala, Sony Labou Tansi, Tierno Monenembo, etc. C’est aussi un honneur de voir que le travail accompli est reconnu comme un travail de qualité.
Lisez-vous des livres de jeunes auteurs africains publiés et vivant sur le continent ? Lequel/lesquels vous a/ont marqué ?
Oui, bien sûr. Mais très peu, je dois l’avouer. La faute à la difficile circulation des livres publiés sur le continent. Je pense que Ernis, Fann Attiki, ou encore Elnathan John peuvent être cités comme de bons espoirs de la littéraire africaine. En même temps, vous constatez que je vous cite là des auteurs qui, bien qu’habitant en Afrique, sont publiés par de grandes maisons d’édition occidentales et ont bénéficié d’une couverture médiatique importante. Ce qui n’est pas un péché, bien sûr. Simplement, cela pose la question de la circulation des œuvres éditées sur le continent dont je parlais plus haut…
Quels conseils donnez-vous aux jeunes auteurs et auteurs en herbe africains ?
Être vrai, être authentique. Ne pas surjouer. Ne pas se censurer. Et surtout beaucoup travailler.
Parlons des textes écrits à l’aide de l’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle, un tueur pour la littérature ou un sauveur, à votre avis ?
Bien que je n’aie ni le recul ni la connaissance nécessaires sur cette thématique, j’ai tendance à ne pas m’en inquiéter plus que ça : il y a eu tellement de nouveautés techniques/scientifiques qui ont fait prédire la mort de la littérature ! Et pourtant, elle est toujours là. Je ne pense pas que la machine soit capable de remplacer le génie humain dans la production du beau, de l’émotion, de l’amour, de la fraternité, etc.
Votre mot de fin ?
Je vous encourage vivement dans votre intérêt pour la chose littéraire. En effet, la littérature est peut-être encore le seul lieu d’« échange sincère » entre les Humains, le seul lieu où l’on rencontre l’autre dans sa pureté. Un auteur ne feint pas ce qu’il écrit (tout au moins la plupart du temps), de même, un lecteur ne feint pas les émotions que lui procure un texte. Ainsi on peut être ému par des écrits couchés sur du papier par quelqu’un qu’on n’a jamais vu ou qu’on a aucune chance de rencontrer. Je suis attaché à Kourouma, à Dostoïevski, à Jean d’Ormesson, à Mongo Beti, à Zola ou encore à Toni Morrison comme si c’était mes parents, alors qu’à part leurs mots, je ne sais pas grand-chose d’eux, et surtout eux ne savent rien (ne sauront jamais rien) de moi ; mieux : je suis conscient que je ne les croiserai jamais (vous avez constaté que je n’ai cité que des écrivains disparus que je n’ai jamais rencontrés. C’est fait à dessein pour mieux saisir l’idée que j’exprime plus haut : la littérature unit les Humains. La littérature permet de faire humanité. Autrement dit, elle aide à nous rappeler notre condition commune première : Humain, quels que soient notre origine, notre couleur, notre statut, notre grade, etc.
L’édition au Cameroun soufre aussi d’un grand déficit d’ouverture au monde ; pourtant nous sommes à l’ère du numérique.
Pierre Sonore DJIOGUE, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Je suis Pierre Sonore DJIOGUE, né DJIOGUE TAZUFOUO Pierre Sonore, jeune camerounais originaire de Batcham dans les Bamboutos. Je suis enseignant des lettres et chercheur en Analyse du Discours à l’Université de Douala. Mon amour pour la littérature en général et l’écriture en particulier s’est développé dans l’exercice de la profession, grâce à l’analyse des textes que j’étais appelé à enseigner aux apprenants. J’aime tout ce qui est créativité, innovation. J’aime impacter positivement mon milieu. Pour le moment, l’enseignement et la recherche sont ce qui occupe le plus mon quotidien. Mais par passion, je trouve un peu de temps pour écrire.
« Les civilisés » et « Une vie, un destin » sont vos premiers romans. Ils ont paru aux Editions de midi au Cameroun. Quelle est votre expérience de l’édition au Cameroun ?
Je parlerai d’une expérience mitigée, pour ne pas dire mauvaise. J’entre dans la scène littéraire en 2020 avec deux romans à compte d’éditeur. Malheureusement, que ce soit dans mon cas ou celui des confrères publiés par d’autres éditeurs, les écrivains ne sont pas assez accompagnés par la majorité des éditeurs.
De même, je pense humblement que le secteur de l’édition doit être restructuré pour répondre aux normes internationales en termes de qualité du produit, de traçabilité dans l’écoulement des livres et de droits d’auteur, pour ne citer que ceci. L’éditeur reste le seul à pouvoir déclarer les ventes. Et même pour celles déclarées, les droits d’auteur ne sont pas toujours une garantie. L’édition au Cameroun souffre aussi d’un grand déficit d’ouverture au monde ; pourtant nous sommes à l’ère du numérique.
Votre nouveau roman, « Les hommes maudits », est sur la scène littéraire depuis quelques mois. Pierre Sonore DJIOGUE, « Les hommes maudits », de quoi s’agit-il ?
Les hommes maudits est un roman inspiré des situations variées de femmes maltraitées dans leurs foyers, malgré leurs efforts à conserver la stabilité et le développement du couple. Il peint la condition de la femme camerounaise, mais surtout de la femme en général. C’est un voyage au cœur des émotions et des sensations de ces femmes violentées, muselées, martyrisées, exploitées avec la complicité de la belle-famille, mais qui supportent par amour pour les enfants.
Il veut nourrir chez elles de l’audace, l’esprit d’éveil, mais surtout, il veut que leurs voix portent, s’élèvent contre ces violations dont elles sont victimes au quotidien mais n’en parlent pas. Le roman fait également une incursion dans le monde de la prostitution/infidélité pour explorer ses différentes formes et ses conséquences sur la vie conjugale. L’avenir des enfants nés de tels foyers est aussi au centre des récits dans cet ouvrage.
Avez-vous des manies à respecter absolument lorsque vous écrivez vos romans ? Quel est le procédé d’écriture adopté pour les trois ?
Tout commence chez moi par l’observation, une observation critique puisque la société est ce qui m’inspire le plus. Une fois qu’une situation m’inspire, je définis la finalité de ma production. En troisième lieu, je récence l’essentiel des idées et des scènes à développer pour atteindre mon objectif, puis, je les organise selon un plan détaillé en fonction de la cohérence que je veux donner au texte. Viens enfin le moment de la rédaction qui ne sera que le développement des idées. Notons qu’il arrive des moments où il est important de faire des recherches sur une question pour mieux l’élaborer.
En tant qu’auteur, que pensez-vous de l’espace littéraire camerounais ?
L’espace littéraire camerounais est un immense champ fertile plein de génies de la plume. Je me reserve de citer ces grands noms que tout le monde connaît, qui ont glané des prix à l’international ; ces grands noms qui font leurs preuves même sans prix, puisque tout le monde ne peut pas être lauréat. C’est la preuve qu’il y a de l’espace pour la littérature camerounaise sur le plan africain et même mondial. Cependant, il reste des choses à améliorer en terme d’édition pour que les auteurs vivent de leur plume ; en terme de formation, pour davantage avoir des textes finis et compétitifs ; en terme de communication, pour intéresser les lecteurs.
Avec quel acteur du livre, peu importe la nationalité, aimeriez-vous passer une journée à parler de littérature ?
Question difficile à répondre spontanément. J’apprécie la simplicité et la clarté narratologiques de Djaili Amadou Amal, j’ai découvert une stratégie narrative impressionnante à travers le dialogue chez Marc Levy, mais la grande connaissance et la pertinence de Ray Ndebi me charment encore. J’aimerais profiter de ses talents de pédagogue qui rend l’écriture évidente. J’aimerais profiter davantage de sa grande maîtrise et de sa vaste connaissance non seulement en écriture mais en littérature dans tous ses sens.
Votre mot de fin ?
Merci à ACOLITT pour l’opportunité offerte de m’exprimer à sa communauté. Les critiques constructives sur mes textes me permettront de m’améliorer et d’offrir le meilleur.
L’auteure gabonaise NSA ASSEKO Armelle est diplômée d’une Licence professionnelle en Banque-Assurance au CREFDES de l’ Université Cheikh Anta DIOP de Dakar et d’un master en Qualité- Sécurité- Environnement de l’ Institut Africain de Management ( IAM) Dakar.
Elle débute sa carrière dans le secteur privé en 2015. Actuellement et ce depuis trois ans, elle est Chef de Division Suivi et Évaluation à l’Inspection Générale des Services de Santé du Gabon.
SES PROJETS LITTÉRAIRES
Armelle NSA ASSEKO aime écrire. En plus de sa bibliographie, elle tient une page dans laquelle elle livre des chroniques littéraires, La plume d’ANA. En 2019, sa nouvelle « Mbeng » remporte le prix coup de cœur du jury à la 12e édition du concours Bicig Amie Des arts. En 2020, la même nouvelle est retravaillée et devient le roman qui portera le même titre et qui sera édité chez Edilivre.
En 2021 parait son deuxième roman, « Sombre espoir », aux Editions SEGUIMA. Ce dernier a été promu localement via diverses émissions, comme « Le livre de l’auteur » sur Gabon Culture, animée alors par Mme Marina BOUASSA, à la rentrée littéraire 2022 de l’Institut Français de Libreville… Tout cela sous la supervision des Éditions SEGUIMA.
Sur le plan international, Armelle NSA ASSEKO a collaboré plusieurs fois avec ACOLITT dont « Madame Pauline ONGONO et Monsieur Ray NDEBI sont vraiment très dynamiques et font bouger les choses au niveau du Cameroun et dans d’autres pays africains… »
En 2024, sa nouvelle, « Afane » ( la forêt), a été retenue pour figurer dans l’anthologie africaine qui sera publiée dans un futur proche par les Editions SEGUIMA du Sénégal.
En mars 2024, paraît Les contes d’ANA aux Éditions SEGUIMA, un recueil de contes qui contribue à la transmission de la culture fang.
La particularité des écrits de Armelle NSA ASSEKO repose sur l’emploi du français et de la langue maternelle (le fang du Gabon). Elle valorise beaucoup son appartenance culturelle.
La scène littéraire camerounaise actuelle est très diversifiée et très intéressante, car l’on note un enracinement culturel.
Marie Nicaise EBANGA, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Je suis Marie Nicaise EBANGA, je suis née et j’ai grandi dans la région du Centre. J’ai une licence en philosophie. Après une formation professionnelle en marketing et en communication digitale, j’ai commencé à travailler comme responsable marketing et communication digitale dans une entreprise de la ville. Ma passion pour la littérature est née dans mon enfance, mais ce n’est qu’en 2012 que j’ai rédigé ma première production littéraire. Et depuis, je n’ai cessé d’écrire.
En tant qu’auteure de roman, avez-vous un procédé d’écriture particulier (des petits rituels, techniques, etc.) quand vous écrivez ?
Bien évidemment, j’ai mon petit rituel : j’aime écrire très tôt le matin, après la prière de 05h, ou tard dans la nuit. J’aime bien le calme ; les idées viennent sans se faire prier.
Vous êtes, avec le roman « Les fantômes du passé », l’une des lauréates de la deuxième édition du prix de création littéraire OSÚ promue par les Editions Eclosion. « Les fantômes du passé », de quoi s’agit-il ?
« Les fantômes du passé » est un roman qui m’a été inspiré de la guerre qui s’est déroulée à l’extrême-nord Cameroun. Dans cet ouvrage, j’ai essayé de retracer à ma façon les horribles événements qui se sont déroulés de ce côté du pays. Souleymane, l’un des personnages est à la fois le bourreau et la victime. Ayant assisté au massacre de sa famille, il deviendra à son tour un bourreau, malgré lui, et certainement l’un des plus cruels jusqu’à sa rencontre avec Latifa. À partir de là sa vie ne sera plus jamais la même.
Intéressant. Racontez-nous votre aventure avec OSÚ.
Mon aventure avec OSÚ commence en 2021 lorsque ma jumelle, Jocelyne EBANGA, se présente à la première édition OSÚ. En effet, nous devions nous présenter toutes les deux, mais je n’étais pas satisfaite du dénouement de mon roman. Alors, j’ai préféré attendre l’année suivante pour le faire. Et l’issue du concours de l’édition suivante fut très satisfaisante pour moi.
En tant qu’auteure, quels conseils donnez-vous aux auteurs en herbe ?
Ils doivent lire le genre de livres qu’ils ont envie d’écrire. Ne serait-ce que pour savoir ce que les autres auteurs, confrontés aux mêmes problèmes, ont fait. Ils doivent aussi lire les livres des genres qu’ils n’aiment pas forcément, ne serait ce que pour savoir ce qu’il ne faut pas faire.
Quel est votre regard de la scène littéraire camerounaise actuelle ?
La scène littéraire camerounaise actuelle est très diversifiée et très intéressante, car l’on note un enracinement culturel. Nombreux auteurs camerounais attestent de l’influence de la littérature traditionnelle. L’harmonisation de l’écriture romanesque et poétique au discours traditionnel et aux réalités culturelles camerounaises permet non seulement de mieux se réaliser, de mieux s’exprimer, mais aussi de s’adresser à un public camerounais avec lequel on partage un destin, un passé commun et des valeurs communes.