Étiquette : Littérature

Il a été lu

  • L’AFFAIRE MARZOUKA ET LA NOLICA… Par Pabé Mongo, écrivain camerounais


    L’AFFAIRE MARZOUKA RELANCE LA NOLICA

    Voilà bientôt quinze ans que j’ai engagé avec succès la littérature camerounaise et africaine dans la voie de son renouvellement à travers la théorie de la Nolica !
    L’objectif de cette théorie, largement atteint, était de ramener la création littéraire camerounaise et africaine, des broussailles du maquis où elle s’était réfugiée par peur des répressions coloniales et des dictatures post coloniales, à l’expression ouverte dans la cité, à la faveur des droits et libertés retrouvés dans les années 1990, afin de réconcilier la littérature avec son environnement culturel, social et politique.


    L’affaire MARZOUKA, cette énorme levée de boucliers du peuple d’IDOOL contre une jeune autrice, accusée d’avoir écorné l’image du village et porté atteinte à l’honorabilité de ses personnalités et dignitaires, sonne, pour beaucoup, comme le glas de la littérature libre et découverte, préconisé par la NOLICA.


    MARZOUKA SERAIT-ELLE VICTIME DE LA NOLICA ?

    Ou, à tout le moins, cette histoire ne montre-t-elle pas la limite de la NOLICA ? Ne serons-nous pas bientôt obligés de regagner le maquis pour nous exprimer ? De remettre les masques sur nos visages ? De délocaliser nos espaces littéraires ? Bref, de conserver jalousement notre bonne esthétique de camouflage forgée sous les hostilités ?
    Afin de permettre à chacun de trouver la réponse à ce faisceau d’interrogations, j’invite les uns et les autres à une rapide incursion dans la NOLICA à la lumière de l’affaire Marzouka.


    A TITRE DE RAPPEL...

    Le constat de base de la NOLICA est que : du fait de sa naissance, sous la violence coloniale, et de sa confrontation subséquente avec les dictatures postcoloniales, la littérature africaine a porté pendant longtemps les stigmates de ces systèmes répressifs successifs qui s’acharnaient sur les élites politiques et intellectuelles. Contrainte de se cacher pour s’exprimer, l’art littéraire a été obligé d’emprunter l’essentiel de ses techniques à l’art de la guerre développé par les guérilleros du maquis. D’où le qualificatif de littérature du maquis que nous lui avons accolé.
    Les grands axes de ce refuge littéraire sous maquis ont été identifiés :
    L’usage des pseudonymes pour masquer les noms d’état civil des auteurs,
    Le déguisement des personnages internes du roman, allant parfois jusqu’à éviter de faire identifier l’ethnie d’origine ;
    Le brouillage spatial, technique consistant à se dissimuler à la vue de l’ennemi tout en l’observant à loisir, afin de pouvoir le frapper à l’improviste ;
    Le brouillage des repères culturels et temporels, procédé par lequel les auteurs vont volontairement déconstruire l’historicité et l’enracinement culturel des événements inspirateurs des œuvres.

    Une fois cette thèse globale posée, le théoricien de la NOLICA s’est attelé, sur plus de cent cinquante pages, à expliciter les modalités d’application de la théorie de la NOLICA en s’appuyant sur les éléments clés de la production littéraire.


    C’est ainsi que La NOLICA a abondamment traité des rapports entre La fiction et la réalité.


    Plus d’un chapitre est consacré à la question. Après des rappels historiques sur le sujet, l’essentiel du rapport entre la fiction et la réalité a été condensé dans le décryptage de la création du dragon, l’une des créatures les plus fabuleuses que l’esprit humain ait jamais conçue ! Cet animal mythique est constitué de la combinaison d’un corps de serpent, des griffes et des ailes d’aigle, d’un dos de crocodile et d’une tête de lion crachant du feu. Comme on le voit, tous les éléments qui composent le dragon sont tirés du réel, mais leur résultat (le dragon) est irréel, fictif. La combinaison qui a permis de composer cet être fabuleux c’est l’œuvre de l’imagination. «L’imagination est donc la faculté de combiner les réalités existantes pour faire apparaître une réalité nouvelle.» P 97 (NOLICA).
    Car, à proprement parler, l’artiste humain ne crée rien, il combine. Le seul vrai créateur c’est Dieu, lui qui, de sa puissance divine, peut faire surgir une réalité nouvelle à partir du néant. Les humains sont des créateurs en second, ils ne peuvent faire surgir une réalité nouvelle qu’à partir de la combinaison plus ou moins habile des réalités existantes.
    La magie littéraire fonctionne comme la magie tout court. Son procédé consiste à partir du monde familier du lecteur (lieux, personnages, événements, etc.) pour l’entraîner progressivement et subrepticement vers un monde imaginaire sans qu’il s’en aperçoive. Comme les gourous et les sorciers, les écrivains entraînent leurs lecteurs en douceur vers l’utopie.
    «Le défi aujourd’hui va consister à créer des histoires originales, audacieuses, spiritueuses, universelles, dans un contexte illusoirement familier.» P127 (NOLICA).


    La NOLICA accorde également une grande attention sur la nécessité d’acquérir le métier d’écrivain par la professionnalisation. 


    Dans les pays de vieille civilisation littéraire, les jeunes auteurs, autrefois, se faisaient la main auprès des maîtres comme les apprentis de toutes les corporations. Si aucun diplôme ne leur était exigé, les aspirants s’arrangeaient toujours pour en avoir de bien solides. La littérature enfantant la littérature, ils se faisaient d’abord grands lecteurs, dévoreurs boulimiques de livres, avant de prendre la plume. «Ils se nourrissaient bien sûr de fiction, mais aussi de critique et de théories littéraires.» P 155 (NOLICA).
    Au Cameroun, malheureusement, en dehors de quelques clubs spontanés, où les membres se corrigent mutuellement les manuscrits, les instances d’apprentissage de l’écriture de fiction sont inexistantes. «N’importe qui peut devenir écrivain du jour au lendemain…» P 156 (NOLICA).


    La NOLICA a aussi beaucoup disserté sur : La responsabilité de l’écrivain.


    C’est le dernier chapitre du livre, qui tient lieu de conclusion générale. L’écrivain a une grande responsabilité et un grand rôle à jouer. La NOLICA a mis en évidence une typologie de l’écrivain et de son rôle. Une évolution de ce rôle en fonction de l’évolution de la société.
    «Sous la colonisation, l’écrivain nationaliste.
    Sous l’autocratie et les dictatures, l’écrivain opposant.
    Sous la démocratie, l’accoucheur des valeurs nouvelles.» PP 158-160 (NOLICA)

    Au regard des quelques rappels ci-dessus, chacun est capable de mesurer l’écart qui existe entre les thèses de la NOLICA et l’œuvre querellée. On découvre en particulier que la NOLICA n’est pas, comme a tendance à la réduire une certaine opinion populiste, un simple slogan qui opposerait de façon brute et mécanique une écriture du dévoilement à une écriture du contournement. La NOLICA invite à sortir des bois et à évoluer dans la lumière de la cité avec art et professionnalisme.



    Il y a lieu de se féliciter de ce que la jeune prodige MARZOUKA, après avoir fait amande honorable avec ses parents sur leurs malentendus, est allée s’abreuver à la source de la NOLICA, auprès de son auteur, Pabé MONGO. Une visite fructueuse et pleine de promesses au cours de laquelle il lui a été offert un exemplaire authentique de la NOLICA et un exemplaire de son illustration géniale, Cœur du Sahel, dernier chef d’œuvre de Djaili Amadou Amal, sa marraine, qui a d’ailleurs remporté la première édition du Grand Prix Littéraire du Mont Cameroun ! MARZOUKA a également pris une adhésion à l’APEC, association littéraire prestigieuse et ancienne qui œuvre à rendre à la littérature sa place entière dans la société.


    Le malencontreux éditeur de la première version de «MON PÈRE OU MON DESTIN», le livre contesté de MARZOUKA, a tout intérêt de procéder aux mêmes démarches de professionnalisation et de réarmement technique.


    Cependant, qu’on se le dise une fois pour toutes : la littérature et les arts sont toujours le reflet de la communauté dont ils émanent ; et la réception des œuvres par la communauté sera toujours liée à la perception de ce reflet. Si le reflet envoie une image flatteuse à la communauté, elle applaudira ; si au contraire le miroir révèle quelques laideurs de ladite communauté, elle s’en offusquera ! Il appartient donc à l’auteur de bien mesurer l’effet à produire dont il doit assumer la réaction. Nous ne sommes ni des griots, ni des opposants, mais des conscientiseurs. Il faut bien que quelque chose change !


    Pour moi donc, loin de sonner le glas de la NOLICA, l’affaire MARZOUKA la relance de plus belle, en appelant les praticiens de la littérature à s’approprier cette théorie dans toute sa riche conception pour véritablement atteindre le professionnalisme de l’écriture littéraire au Cameroun !

    Pabé MONGO, écrivain camerounais



    Espaces PUB’

    Pour une littérature dynamique et de qualité, contactez ACOLITT. Appels et WhatsApp : +237690195126 / E-mail : acolitterature@gmail.com



  • Les 5 questions posées à Arthur BILOUNGA, auteur camerounais et premier prix catégorie roman du prix littéraire OSÚ, édition 1


    C’est sur place, en découvrant le parterre d’invités prestigieux qu’il y avait, en dehors des candidats, que j’avais compris que la DG Christelle Noah ne plaisantait pas. Elle avait mis les petits plats dans les grands. Et quelle ne fut ma joie lorsque je reçus le prix des mains du Ministre Grégoire Owona ; tout simplement inoubliable...


    Bonjour, Arthur Bilounga et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez vous ?


    Bonjour à vous. De mon nom complet, je suis Bilounga Arthur Nathan, jeune Camerounais né dans la ville de Yaoundé, capitale de mon pays. Je suis un passionné de littérature depuis ma plus tendre enfance, car, entouré de personnes qui lisaient énormément. Malgré des études dans le domaine de la finance, ma plume n’a jamais été bien loin, me permettant ainsi de mieux exprimer ce que je pense du monde qui m’entoure.

    Vous êtes l’auteur du roman « Bozayeur » paru aux éditions ECLOSION. De quoi s’agit-il ?


    « Bozayeur » est un roman réaliste, quoique fictif, relatant les aventures du jeune BIKOÉ Junior, qui a décidé d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, au travers de l’immigration clandestine, qui doit le conduire du Cameroun pour l’Europe, avec tout ce que cela comporte comme dangers, etc. Ce roman est également un hommage à un grand ami à moi, qui a décidé d’immigrer clandestinement en Europe, et qui m’a énormément aidé dans mes recherches pour l’écrire.

    Parlant de ECLOSION, vous êtes avec ce roman, le premier prix de la « catégorie roman » de la première édition du prix littéraire OSÚ qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure OSÚ.


    A chaque fois que j’y pense, j’ai toujours l’impression qu’il s’agit d’un rêve (rires). C’est par hasard, en suivant le journal sur Canal 2 international, que je suis tombé sur l’annonce du concours littéraire OSÚ. Il ne me restait environ que deux mois avant la fin du dépôt des manuscrits. J’avais déjà une idée de quoi j’allais parler dans mon roman, et je me suis tout de suite mis au travail.
    Ayant ma résidence à Ngaoundéré, je profitai d’un court séjour à Yaoundé pour déposer mon manuscrit au siège de la maison d’édition Eclosion. Un petit doute persistait néanmoins quant au sérieux de ce concours (rires). C’est un soir de décembre, sur la page « Le quatrième pouvoir » sur Facebook où j’avais été tagué par un ancien camarade de l’IRIC, que je découvris avec bonheur ma nomination pour le prix. J’avais déjà complètement oublié l’autre là (rires).
    J’avais dû prendre une petite permission le jour J afin de venir prendre part à la remise des prix au Djeuga Palace de Yaoundé. C’est sur place, en découvrant le parterre d’invités prestigieux qu’il y avait, en dehors des candidats, que j’avais compris que la DG Christelle Noah ne plaisantait pas. Elle avait mis les petits plats dans les grands. Et quel ne fut ma joie lorsque je reçus le prix des mains du Ministre Grégoire Owona ; tout simplement inoubliable (rires).


    Quel est votre regard sur la littérature Camerounaise et la littérature au Cameroun ?


    Le Cameroun a toujours regorgé de grands talents sur le plan littéraire, et ce sont les œuvres de ces derniers qui ont longtemps bercé mon enfance. Grace à ces romans lus, j’avais une certaine conception du monde, au travers de ces artistes de la plume. Malheureusement, l’ère du numérique semble avoir tout chamboulé. Les jeunes ne jurent plus que par des applications sur leurs téléphones qu’ils n’utilisent pas toujours à bon escient. Les jeunes ne lisent plus, et préfèrent du tout fait sur leur écran de téléphone, de téléviseur et autre. La littérature au Cameroun va mal. J’espère qu’avec les quelques irréductibles qui restent, surtout sous l’impulsion de passionnées comme Mme Noah, la littérature camerounaise va renaître de ses cendres.


    Quel est votre mot aux acteurs du livre Camerounais ?


    Je leur demande de ne pas abandonner. Et j’espère qu’ils pourront recevoir dans l’avenir, une franche aide des hautes autorités, afin de permettre aux livres de retrouver leur place dans chaque foyer Camerounais.


    Espace PUB’

    A vos plumes, chers(chères) Camerounais.e.s



  • Les 5 questions posées à William TIMMA, auteur camerounais et lauréat catégorie poésie du prix littéraire ÓSU, édition 1


    Au moment où je décide de trouver un éditeur local, je vois, un soir, une publication sur Facebook annonçant le prix ÓSU. Me rapprochant des organisateurs, je reçois des informations satisfaisantes. Je soumets bientôt mon tapuscrit, je suis retenu parmi les concurrents. Et enfin lauréat. Euphorie


    Bonjour, William TIMMA et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez-vous ?

    Bonjour ! Merci… Je vous emprunte le nom William Timma, Camerounais, je suis passionné de littérature et adepte du beau. Le beau comme la beauté des cheveux, le beau comme la beauté des mots, le beau comme la beauté l’art, de l’âme… Le beau, surtout dans l’éthique. Tout ce qui est beau l’emporte. J’embrasse les mots dans la nuit calme et boudeuse. Le jour, je me laisse emporter par les cheveux. Je m’endors donc entre les cheveux, l’art et les mots. Estheticien-coiffeur, je suis enseignant de coiffure professionnelle. J’aime le beau…jaime les mots.

    Vous êtes l’auteur du recueil de poésie  »Enfance effacée » paru aux éditions ÉCLOSION. De quoi s’agit-il ?


    « L’enfance effacée » est un recueil de 25 poèmes mettant en lumière les injustices que subissent les enfants. Nous parlerons des violences physiques et psychologiques, la guerre, le travail des enfants, le viol et j’en passe. « L’enfance effacée » se présente surtout comme une thérapie, une porte de sortie bien ouverte, qui arrive au secours des victimes de ces différents maux. En toute situation, on peut déposer les séquelles sur les épaules du passé, soit vivre avec les blessures du passé.

    Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec ce recueil, le lauréat de la «catégorie poésie» de la première édition du prix littéraire ÓSU qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.

    En 2018, lorsque je décide de coucher des mots sur du papier, je suis animé par des désirs les plus fous. L’écriture pour moi étant une thérapie avant tout, je voulais à tout pris être lu. Rencontrant quelques aînés du milieu littéraire, ils feront naître d’autres désirs et pas des moindres : se faire des sous avec l’écriture en me conseillant de choisir l’autoédition si je voulais réussir le challenge. Je me prépare et m’y lance donc en 2020 avec mon premier roman « Les cris étouffés » publié sur amazon en juin de cette même année.

    Sans que le temps ne passe, je me suis rendu compte des défaillances de ce choix. Les gens autour de moi manifestent aussitôt la volonté de lire ce livre. Quand je leur demande d’aller sur amazon, c’est très complexe, surtout dans un environnement où peu de personnes utilisent des portes monnaie électroniques. J’ai bien plus, compris qu’il sera difficile d’aller chercher un livre sur amazon pour l’enseigner à un enfant. Ma cible est donc loin d’être atteinte. Au moment où je décide de trouver un éditeur local, je vois, un soir, une publication sur Facebook annonçant le prix ÓSU. Me rapprochant des organisateurs, je reçois des informations satisfaisantes. Je soumets bientôt mon tapuscrit, je suis retenu parmi les concurrents. Et enfin lauréat. Euphorie…

    Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et la littérature au Cameroun ?


    D’abord, la littérature camerounaise est riche et variée. Le Cameroun regorge de très grands auteurs qui feront toujours son bonheur. Notre littérature ne mourra pas de faim. Cependant, le véritable acteur du livre étant le lecteur, je pense que nous écrivons assez, tout en lisant très peu. L’auteur devrait toujours être le premier lecteur. Je pense que les auteurs camerounais doivent davantage se soutenir.

    Ensuite, la littérature camerounaise serait malade. Je vais au conditionnel, parce que n’ayant pas encore lu une jeune plume ayant fait les choux gras des médias tout dernièrement. Le livre est un vecteur de changement et donc une arme que l’auteur utilise pour tuer les maux et bouger les lignes à sa manière. La littérature transcende l’espace et le temps. Il serait criminel d’imposer à un auteur une zone géographique à s’y intéressé, des thèmes à aborder ou non dans son livre. Contraindre un auteur d’édulcorer son récit, c’est voler à la littérature sa substance. Ici, loin de moi de dire que la littérature ( le roman dans ce cas) n’a pas de règles. Du moment où notre littérature ne corrompt pas les bonnes mœurs, on devrait la juger sur la forme.


    Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?


    Aux acteurs du livre camerounais, toute mon admiration. Merci à toutes ces personnes qui font bouger les lignes… Merci aux agences littéraires qui ne ménagent aucun effort pour que brille la littérature camerounaise de mille feux. Aux éditeurs qui mettent leur moyens en jeux, aux promoteurs qui n’ont plus de vie, aux critiques qui ne ferment pas les yeux, aux lecteurs à qui nous renouvelons notre gratitude. Merci à ACOLITT qui n’hésite d’aller fouiller les coins et recoins pour donner la parole aux auteurs qui, quelques fois, n’ont aucune issue. En deux mots ou plutôt cinq : merci aux acteurs du livre.



    Espace PUB’

    La troisième édition du prix littéraire ÓSU est lancée. N’hésitez pas à tenter votre chance.



  • Les 5 questions posées à David Serge MVOMO, auteur camerounais et lauréat du prix théâtre ÓSU, édition 1

    Je me souviens de ce moment… C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur Européen ou Sénégalais. Mais voilà ! Je suis édité au Cameroun et je gagne. Belle aventure ! Je vais la continuer.


    Bonjour, David Serge MVOMO et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présentez-vous ?

    Merci pour ce moment que vous m’accordez. Qu’est-ce que je peux dire ? David Serge Mvomo est un homme comme tous les autres, couvert, un peu humoriste à l’occasion, souriant, aimant découvrir des choses, comprendre comment elles fonctionnent ; j’aime tout ce qui est harmonieux, positif, simple. Voilà un peu comment je me présente. Mais vous savez, il n’est pas facile de se présenter en fait. Il est plus aisé de laisser les autres vous connaître et de se faire leur propre idée sur vous.

    Vous êtes l’auteur de la pièce de théâtre « On a volé Dieu ! » paru aux éditions ECLOSION. De quoi s’agit-il ?

    « On a volé Dieu ! » est une mise en scène de notre société en général et principalement notre relation avec Dieu. Comment vivons-nous notre réalité chrétienne ? Est-ce comme nous la connaissons depuis que nous sommes sur terre ? Je veux dire que nous naissons dans des familles qui, la plupart du temps, sont déjà religieuses, et nous, nous ne cherchons plus à connaître Dieu ; nous nous contentons de ce que nous venons trouver et disons simplement « Amen ! Alléluia ! » (une façon de dire : je vais encore chercher quoi ?). « On a volé Dieu ! » veut simplement montrer aux lecteurs un côté qu’il doivent connaître sur cet aspect de la croyance en Dieu,

    la véritable vie chrétienne par exemple. Beaucoup de chrétiens ne savent pas ce que c’est que l’Eglise, qui est l’homme de Dieu, comment fonctionne la vie chrétienne… Beaucoup ne savent pas que c’est nous qui pouvons hâter la seconde venue du Seigneur… Bref, « On a volé Dieu ! » est un miroir pour nous, elle nous permet de changer, d’avoir un nouveau regard dans ce que je connais peu comme le disait René Descartes : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle » Je mets en scène un jeune Eto’o, qui a une vision différente des choses, face à Voundi, un bon religieux.

    Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec cette pièce de théâtre, le lauréat de l’édition 1 du prix littéraire ÓSU «catégorie théâtre» qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.

    Mon aventure avec Eclosion et le concours ÓSU commence le jour où je rencontre la directrice des éditions Eclosion par hasard. Elle me parle de sa maison d’édition parce que je lui dis que je suis écrivain et j’aimerais désormais me faire publier ici au pays. Alors, elle me parle du concours ÓSU et je lui dis que je vais y participer et gagner (rires). J’avais écrit cette pièce de théâtre en 2017, et j’avais aussi un essai prêt. N’ayant pas encore de roman, je me suis dit : « Je vais concourir avec la pièce de théâtre. » Je dépose mon manuscrit, et quand la liste des lauréats sort, je suis parmi. Et un soir de février 2022, je suis l’heureux lauréat dans la catégorie théâtre. Je me souviens de ce moment. C’était juste magique. Recevoir un prix en littérature, waouh ! C’était merveilleux ! Je venais d’être reconnu comme écrivain. Merci à Eclosion et à sa directrice, Mme Noah, pour ce grand projet qui est ÓSU. Sans ce concours, probablement, je serais retourné voir un éditeur européen ou sénégalais. Mais voilà, je suis édité au Cameroun et je gagne ! Belle aventure… Je vais la continuer.

    Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et sur la littérature au Cameroun ?

    Le Cameroun est un grand récipient rempli de grands écrivains. Je pense que Mongo Beti peut se reposer tranquillement dans sa tombe, parce qu’il y a de la bonne relève. Je parle de Mongo Beti parce que c’est mon auteur préféré. Contrairement à la musique, sans la critiquer, la littérature au Cameroun est éducatrice. Malheureusement, elle reste uniquement dans les livres, les bibliothèques, les maisons d’édition. Les camerounais ne lisent pas. On fait plus la promotion de la musique, de la comédie. Mais le livre est en hibernation par ceux qui doivent la promouvoir. Charles Ateba Yéné disait : « Je vais maintenant commencer à chanter et là, les gens pourront écouter ce que je dis ». Il y a plus de bars, de snack et autres, mais très peu d’espaces de lecture. Au Tchad où j’ai fait une partie de mes études, chaque quartier dans la ville de N’Djaména a au moins deux bibliothèques. En classe de Terminale Philosophique ou A4, il était obligé d’être inscrit dans au moins une bibliothèque et obligation était de présenter ton reçu d’inscription au collège. Moi, j’étais inscrit dans trois bibliothèques (rires). J’ai d’ailleurs gagné le troisième prix du concours de littérature lancé par la Francophonie en 2006 pour la journée de la langue française en N’Djaména…
    Donc… Notre littérature est très riche et très importante. Elle a juste besoin d’être connue, d’être promue par des concours, des Awards ; il est important de faire connaître nos écrivains et faire connaître ceux qu’ils écrivent. Une nation se bâtit par sa littérature.

    Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?

    Simplement qu’ils fassent leur jobs. C’est tout et rien d’autre. Merci.



    Espace PUB’

    La troisième édition du prix littéraire national ÓSU est lancée et va jusqu’au 31 décembre 2023. Pour cette édition, des prix dans la catégorie « langues locales » et des textes en anglais ont été ajoutés, avec le soutien de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale du Cameroun et du CERDOTOLA. Il suffit de s’inscrire à 10.000 FCFA pour tenter de gagner jusqu’à 750.000 FCFA. A vos plumes !



  • Les 5 questions posées à Jocelyne EBANGA, auteure camerounaise et lauréate du prix ÓSU, édition 1

    J’avais déjà évacué tout cela de mon esprit lorsque j’ai reçu l’appel d’Eclosion m’annonçant que mon roman avait été sélectionné pour la suite de l’aventure. C’était comme un rêve qui devenait réalité.

    Bonjour, Jocelyne EBANGA et merci de participer à ce jeu de questions. Comment vous présenterez-vous ?

    Je suis Jocelyne EBANGA, née à Elat-minkom et membre de la congrégation des Filles de Sainte Marie de la Présentation depuis 2013. Je viens d’une famille chrétienne et nombreuse.

    Vous êtes l’auteure du roman «Née dans le Mboko : Fille d’une nanga » paru aux Éditions ÉCLOSION. De quoi s’agit-il ?

    Le roman « Née au mboko » retrace le quotidien des enfants de la rue et dans la rue, les raisons qui les amènent à adopter ce style de vie et les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Par ailleurs, le roman célèbre la vie. En effet, la vie est sacrée et toute vie a de la valeur. Au-delà de la vie des enfants de la rue, le roman dénonce les fléaux comme le viol, les rites de veuvage humiliants et l’avortement.

    Parlant de ÉCLOSION, vous êtes, avec ce roman, la lauréate du troisième prix dans la catégorie roman de la première édition du prix littéraire ÓSU qu’elle promeut. Racontez-nous votre aventure ÓSU.

    En 2021, je suis tombée sur la rediffusion du journal de canal 2 et l’un des reportages portait sur le concours ÓSU. Le lendemain, j’ai effectué quelques recherches sur internet et j’ai copié l’adresse mail et le contact de la maison d’édition. Quelques jours après, je me suis présentée dans leurs bureaux et je me suis inscrite pour la première édition du concours. C’était au mois de novembre. J’ai attendu qu’ils me rappellent, mais en vain. J’avais déjà évacué tout cela de mon esprit lorsque j’ai reçu l’appel d’Eclosion m’annonçant que mon roman avait été sélectionné pour la suite de l’aventure. C’était comme un rêve qui devenait réalité.

    Quel est votre regard sur la littérature camerounaise et la littérature au Cameroun ?

    C’est une question très vaste. Je dirais que la littérature camerounaise est riche et en plein essor avec de nouveaux auteurs, des thématiques variées. Cependant, on note les difficultés d’édition, de visibilité, de lecteurs parce qu’en général, très peu d’Africains lisent, surtout les jeunes.

    Quel est votre mot aux acteurs du livre camerounais ?

    Les auteurs camerounais tels que DJAILI Amadou Amal, MONGO Béti, Séverin Cécile ABEGA, Engelbert MVENG, Ferdinand OYONO ont bercé ma jeunesse. Tout ce que je peux dire aux auteurs camerounais, c’est de continuer à enseigner par leurs écrits. Je souhaite aussi qu’ils soient plus nombreux à s’engager dans une littérature plus engagée. 



    Espace PUB’

    La troisième édition du prix littéraire ÓSU est lancée et court jusqu’au 31 décembre 2023. Ci-dessous, des informations. Pour plus d’informations, appels, WhatsApp et mails par les contacts sur les affiches.



  • FESTIFOUS : QUAND LA LITTÉRATURE TCHADIENNE EST EN EXTASE


    La communauté des écrivains et auteurs du Tchad et de la coordination des activités du Festival International le Souffle de L’Harmattan, par la voix du Dr Patrick Clément OYIEH, félicite la promotrice du Festival International des Fous du Livre (FESTIFOUS)


    Ceint d’admiration et de respect envers la passion et le dévouement de la Camerounaise amoureuse de la littérature et promotrice du festival littéraire international FESTIFOUS, le Dr Patrick Clément OYIEH a tenu à féliciter Marie Bertille MAWEM.

    L’engagement de cette dernière à promouvoir les écrivains et auteurs du monde entier joue un rôle dans ce geste d’acclamations, au vue de cette plateforme unique, le FESTIFOUS, où les talents littéraires peuvent s’épanouir et être célébrés.

    Dr Patrick Clément OYIEH a tenu à mettre en exergue la vision de la promotrice qui vise à nourrir l’amour de la littérature et à encourager la diversité culturelle transcontinentale.
    On peut donc aisément dire que les efforts de Marie Bertille MAWEM pour organiser ce festival littéraire international ne passent pas inaperçus. Et à juste titre. Car, mobiliser des écrivains de renom, des érudits et des passionnés du monde entier pour un partage de connaissances et d’expériences, créant ainsi des liens précieux entre les différentes cultures et traditions littéraires est une chose dont la littérature a besoin.

    Dr OYIEH redouble d’acclamations devant la foi et l’opiniâtreté de la promotrice, dans un climat assez délétère au Cameroun, pour les écrivains et les auteurs du monde entier. Il décrit cette pugnacité d’inestimable, d’incomparable et presqu’incroyable, digne d’une touche indomptable littéraire.

    Dans ce contexte qui voit la jeunesse cliver, Dr OYIEH estime que Marie Bertille MAWEM est une source d’inspiration pour de nombreux jeunes qui rêvent de faire carrière dans le domaine littéraire, par son engagement et sa détermination qui prouvent qu’il est possible de réaliser de grandes choses grâce à la passion et la persévérance.

    « Marie Bertille MAWEM, votre festival littéraire international est une véritable célébration de la créativité et du pouvoir des mots. Continuez à éclairer le monde de la littérature avec votre festival et vos activités, car chaque page tournée, chaque histoire partagée, contribue à un monde plus diversifié, riche d’histoires et d’émotions.
    Que votre festival continue de grandir et d’inspirer de nombreux autres passionnés de la lecture et de l’écriture à travers le monde !      Avec toute mon admiration profonde, mon inclinaison totale et ma très très haute considération.

    Le Coordonnateur des activités du Festival International le Souffle de L’Harmattan 10,
    Dr Patrick Clément Oyieh,
    Professeur d’éloquence
    Directeur général de l’institut d’Art Oratoire du Tchad »

    Acteurs de la littérature, soyez de la partie du 06 au 09 décembre 2023, pour la quatrième édition du FESTIFOUS. Contact utile : (+237) 657695643 (WhatsApp)


    ACOLITT



  • BIOLITT :  Laurest Franck KEMAJOU, auteur camerounais

    Laurest Franck KEMAJOU est un jeune d’une polyvalence remarquable.

    Étudiant en bibliothéconomie et documentation, il réussit à allier études, écriture et vie active.

    C’est donc un entrepreneur et un promoteur culturel. Il est le directeur de publication d’un magazine bilingue spécialisé dans l’entrepreneuriat, et à travers lequel il promeut également la littérature.

    Il est co-auteur de plusieurs ouvrages collectifs, entre autres :

    • Notre révérence aux héros de la paix et de la stabilité
    • Les Lions Indomptables, ensemble pour la sixième étoile
    • Bon vent, Samuel Éto’o !

    Et de deux livres à son nom :

    • Sous les Cieux de Notre Mère-Patrie
    • Dans le Pénitencier de la Conscience

    Ce deuxième livre, paru en avril dernier aux Éditions de Midi, sera l’objet d’une cérémonie de dedicace ce 26 août à Yaoundé.


    Jeune acteur de la société civile, il est volontaire à la DYNAMIQUE MONDIALE DES JEUNES, un mouvement à but caritatif.


    ACOLITT



    Nos services :

  • Les 5 questions posées à Christine TSALLA ELONG, auteure camerounaise

    Bonjour, chère auteure et merci de répondre à nos questions. Qui est Christine TSALLA ELONG ?

    Christine Tsalla ELONG, c’est une passionnée des belles lettres. Christine, c’est une personne curieuse. Christine, c’est une grande lectrice. Christine, c’est une grande admiratrice de toutes nos icônes qui se font et se démarquent pour lever au plus haut rang la littérature africaine, sans oublier tous ces combattants qui se battent pour la libération de l’Afrique. Christine rêve d’une Afrique forte, debout, libérée, fière.

    Mexico est votre dernier livre. Une invitation à ne plus craindre cette partie du monde ou autre chose ?

    Ne vous méprenez pas, il existe dans ce pays une réalité qui, de très loin peut, de façon vertigineuse, dépasser la fiction. En ce qui me concerne, j’ai fait un choix, celui de raconter le beau. En toute chose, il y a du beau. Même le tableau le plus sombre a quelque chose d’exceptionnel, d’extraordinaire.

    Mexico est le titre de mon dernier livre. Loin d’être l’histoire de ce Mexique englué dans le sang de ses enfants, je raconte cette partie humaine du Mexique, ces ruelles tranquilles, ces paysans qui vaquent tranquillement à leurs occupations, ces enfants insouciants qui jouent, cet accueil très chaleureux réservé aux étrangers, l’amour à la mexicaine. Bref… la normalité.

    En tant qu’autoeditée, nous imaginons que vous faites face à plusieurs difficultés. Faites-vous confiance à votre seul regard après la relecture de vos textes pour dire  »OK ! Publions-le » ?

    Impossible. Personne ne saurait se faire confiance à cent pour cent, même si vous êtes le gagnant du plus grand prix littéraire. Si les machines se trompent, à plus forte raison un homme. Personnellement, la tâche la plus complexe pour moi est de me relire. L’auto-edition tout comme l’édition classique a besoin d’accompagnement à tous les niveaux. Les avis, les appréciations ou dépréciations sont autant de choses qui accompagnent toute œuvre tout au long de sa vie. L’auto-edition nécessite plus de sérieux, de détermination. Il faut à la limite être jusqu’au boutiste, avoir une grande foi et confiance en son produit. Ce n’est donc pas facile. Et de plus, vous investissez de votre argent.

    Vous étiez récemment au Cameroun et avez mené plusieurs activités. Quelle a été votre impression sur l’espace littéraire camerounais ?

    Avant de répondre, j’aimerais profiter de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui m’ont gentiment accompagnée et qui ont travaillé d’arrache-pied pour mener à bien la promotion de mon dernier livre, Mexico. Je pense particulièrement à ACOLITT et aux différentes équipes de la CRTV, de InfosTV, de Mo’Radio.


    Le Cameroun est un pays d’intellectuels. Ils savent ce que c’est que de produire une œuvre littéraire. En plus, les gens sont curieux. Ils savent apprécier et reconnaître à sa juste valeur un travail fait avec ardeur. Chaque pays ayant ses limites, beaucoup reste à faire. Il faut, par exemple, rendre les livres accessibles, proposer des activités autour du livre, vulgariser le livre et così via.

    Si vous gagnez deux places dans un parc d’attraction. Avec quel acteur de la littérature iriez-vous ?

    Mon coup de cœur, Imbolo Mbue.

    Merci, chère auteure, pour votre disponibilité.

    C’est plutôt moi qui vous remercie.

    Linelitt et les arts



    Espace PUB’

    Nous vous présentons les services de ACOLITT

  • Il a été lu… Mon enfant, ma vie de Rosine YÉMÉLÉ, auteure camerounaise

    « Mon enfant, ma vie » est un essai de la psychologue Rosine YEMELE qui a paru en 2021 aux éditions Éclosion. Il compte 110 pages regroupées en treize chapitres organisés en deux parties.

    L’éducation de l’enfant est une tâche pas du tout facile. S’y pencher tel que l’a fait notre auteure est un acte à saluer.

    Les transformations de la société africaine, confrontée au quotidien au modèle de vie occidentale, rend la chose encore plus complexe. Le parent-éducateur est donc confus, désemparé et trouve dans les textes comme celui de notre auteure une sorte de boite à outils pour ce travail à plein temps qu’est l’education de l’enfant.

    Dans ce texte facile à lire parce qu’écrit avec des termes précis et concis, l’auteure présente dans le préambule qui précède les 13 chapitres, la méthodologie utilisée pour la rédaction de cet essai. Celle-ci va de la collecte des données auprès de parents dans différents fora pour cerner la « problématique de la perception » qu’ils ont de leurs progénitures. Ceci amène le lecteur au plat de resistance qui commence avec la première partie du livre qui s’intitule : « QU’EST-CE QU’UN ENFANT ? ».

    Dans les dix chapitres que compte cette partie, l’auteure donne les clés permettant de comprendre ce qu’est effectivement un enfant. De façon plus précise, elle renseigne le lecteur sur comment pense, communique, agit, réagit et apprend un enfant. Il est également aborder la question sur comment l’entretenir, sur les besoins, les difficultés, les désirs de l’enfant et ce qu’on peut attendre de lui. À cette partie très dense succède la seconde qui comporte quant à elle trois chapitres: « COMMENT EDUQUER SON ENFANT PACIFIQUEMENT ».

    Comme l’annonce ce titre, l’auteure propose ici quelques astuces et conseils pour mener à bien cette tâche. 

    Aujourd’hui, l’éducation des enfants est un domaine très prisé avec l’évolution des sciences sociales. La société moderne est de plus en plus complexe et les enfants doivent être préparés à affronter les défis de demain.

    Le parent- éducateur, face à ce challenge, est partagé entre espoir et incertitude. Pour pallier cette situation, la psychologue Rosine YEMELE, à travers son livre « Mon Enfant, Ma vie » propose des astuces.
    Au-dela de l’aspect structurel du livre, il nous apparait d’entrée de jeu que l’auteure essaye d’exposer, selon les disciplines, les concepts centraux qui permettent de définir et surtout de saisir ce qu’est « UN ENFANT ». Une chose pas tout à fait facile. Selon Rosine Yemele, « l’enfant est un être humain à part entière, de petite taille, qui a besoin de son entourage, avec qui il faut cohabiter, échanger. C’est également un être à former, à éduquer, à enseigner ; pas parce qu’il est ignorant de tout, mais parce qu’il a besoin de soutien intellectuel. » (p.19-20). L’auteure estime que l’enfant aurait une certaine « maturité cognitive » généralement imperceptible par les parents qui pourraient facilement influencer son ‘’Devenir’’ : d’où la nécessité de comprendre son « raisonnement », qui varie selon les tranches d’âges. « De 0-à 2 ans, l’enfant fonctionne selon le principe du ‘’Ça’’, ses désirs seraient des ordres. De 2-3 ans, c’est le ‘’Moi’’, il commence à prendre conscience de son individualité, il comprend qu’il est LUI et sa mère est ELLE. De 3-5 ans, le ‘’Surmoi’’, il intègre les règles et normes de fonctionnement de son environnement. De 5-8 ans, l’enfant est plus ouvert, il s’exprime et écoute. Enfin de 8-10 ans, il est capable de tenir un raisonnement logique et faire un choix ». (p.23-32).

    Mais cette arithmétique semble trop simpliste pour appréhender l’intellect d’un être dynamique, évolutif, à notre humble avis.
    Dans les chapitres 3 et 4, elle mentionne le fait que l’adulte traite l’enfant sans aucune considération pour sa personnalité. D’après elle, ceci est causé par l’incompréhension de ses besoins surtout quand celui-ci s’exprime par des : « cris, pleurs, gestes, balbutiements, formulations des phrases » (p.35-38). De plus, le parent néglige également de prendre en compte « des attitudes comme tout mettre dans la bouche, sucer une partie du corps ou reproduire ce qu’il ne sait pas mauvais, que le parent trouve déplacé » (p.41-44). Il faut souligner que Rosine Yemele mentionne avec force le fait que le processus d’apprentissage chez l’enfant qui commence dès le sein de sa mère se poursuit tout au long de son évolution, ainsi que le besoin permanent de se sentir « aimé » de ses parents, le prépare à affronter les conflits. Chaque enfant a un rôle à jouer. Le monde des adultes est construit sans enfant, égoïstement, sans une véritable attention à leur être propre. Pourtant, l’enfant et l’adulte n’ont pas les mêmes besoins, ne vivent pas au même rythme. De ce fait, leur coexistence est parfois difficile. Ce qui sera traité en deuxième partie.

    La deuxième partie que nous trouvons déséquilibrée structurellement par rapport à la première se consacre à ce que l’auteure appelle l’éducation pacifique. C’est le lieu de proposer quelques préalables pour que le processus de ladite éducation soit harmonieux. Tout d’abord, Rosine YÉMÉLÉ suggère que le parent doit se connaitre (qualités, défauts, tempérament), et faire preuve d’une maitrise de soi. Ensuite, il est impératif pour lui de connaitre son enfant, ses traits de caractère, ses besoins, et surtout de l’aimer. Ceci doit se faire si possible avec l’apport des conseils et observations d’un spécialiste du comportement. Elle propose également la tenue d’un emploi de temps spécialisé, pour un meilleur suivi. Et enfin, elle rappelle ce qu’est un parent : quelqu’un qui doit éduquer, former, accompagner un enfant dans sa vie, tout en évitant d’être froid ou rigide.


    Le premier rôle attribué à un parent est sans aucun doute l’éducation de son enfant. Cette éducation a en effet pour but de développer les qualités de l’homme qu’il est appelé a être. Dès lors, la première nécessité qui s’impose dans ce processus est avant tout de connaitre la personne à éduquer. L’éducateur est en réalité celui qui aide l’enfant à atteindre la maturité psychique afin qu’il puisse assimiler correctement les valeurs universelles et s’intégrer dans la société.

    « Mon enfant, ma vie » propose une approche pacifique pour canaliser, orienter et rehausser les qualités positives de l’enfant. Pour réussir cette mission, le parent doit mettre de côté le « fouet » et la « colère », car l’enfant est un être social en devenir.

    Il est aussi important de prendre en compte le fait que dans la culture originelle africaine, l’enfant appartient à toute la société (expérience du passage de main à main) et non plus seulement à ses parents biologiques. Très tôt, confronté à cette diversité d’acteurs à sa charge, il est préparé psychologiquement à une vie tumultueuse.

    En lisant l’ouvrage, nous sommes malheureusement restés sur notre faim à plus d’un titre. En considérant le titre, tout lecteur non averti pourrait croire que cet essai offre une vision générale sur des cas pratiques des expériences de plusieurs ménages selon leur statut social, zone géographique ou encore selon leur aire culturelle. Force est de constater que l’essayiste a surtout développé son travail en se basant sur sa simple expérience personnelle et quelques notes générales sur la psychologie du développement de l’enfant. Elle n’a pas pris en compte la diversité et la complexite des situations qui peuvent caracteriser l’enfant. Car, comment étudier l’enfant, sans le situer à l’intérieur de sa culture, de son univers particulier où prédominent telle forme de pensée, tel climat affectif, tel niveau technique, tel mode d’affirmation de soi, tel type de langage ? Devrait-t-on en déduire que l’enfant de Nguelemedounga, de Bamena, d’Ebom-Zout ou de Bastos, d’Etoudi, d’Etoug-ébé ou encore celui en situation de handicap moteur, sensoriel, mental, cognitif, psychique… doivent avoir la même éducation ?
    Evoluant dans un contexte multiculturel comme le nôtre, n’aurait-il pas été d’un meilleur apport de passer par le miroir de cette richesse pour mieux observer la question de l’enfant et son éducation, afin de proposer des conduites réalistes à tenir pour réussir cette éducation de manière « pacifique » ?
    Au-delà de toutes ces remarques, « Mon enfant, ma vie » est un appel à l’autorité bienveillante, qui demande aux parents de faire plus d’efforts, de remettre en question leur mode de fonctionnement dans le but de s’adapter convenablement aux besoins de leur enfant. Une autorité qui se voudrait cohérente, ferme et souple; qui répondrait aux besoins de l’enfant en lui transmettant des règles claires. Ainsi, l’enfant comprendra ce qui lui est permis ou interdit. Et comprendra que la règle n’est pas une contrainte, mais une protection.

    Arielle DNOUTCHEU,
    Bibliothécaire jeunesse



    Espace PUB’



  • Il a été lu… Quand les racines chantent de Danielle EYANGO, auteure camerounaise

    La lecture du roman nous plonge dans un univers, où nostalgie , tristesse, solitude et mélancolie s'entremêlent. Jasmine mène une vie qui danse au rythme de la malédiction que subissent les femmes de sa lignée depuis son aïeul Nyake Rokia. Sa mère voit en elle une forme de rédemption et désire faire d'elle ce qu'elle n'a pas pu être : une femme au foyer. Les rétrospectives de Jasmine font naître et mourir sur les pages, au fil des lectures, une larme. Entre les blessures cachées de sa mère, le traumatisme dû à la violence et l'abandon de son père, elle ne mène pas une vie de tout repos.

    De plus, la disparition de son fiancé après l’opération qu’elle a subie pour se débarrasser du signe annonciateur de la malédiction qu’elle porte : 38 fibromes, n’est pas un atout de soulagement. Durant l’expiation de son Dikindo (malédiction en duala), Jasmine est seule. Elle ressent pleinement l’absence de sa mère. Jasmine est seule. Et elle en souffre. 
      
      

    «Gling! Gling! Gling!»

    Danielle Eyango, dès la première ligne du roman, jette les dés d’une histoire rocambolesque, rythmée par l’obscurité et la musicalité. Jasmine, le personnage principal, nous amène dans le monde obscur qu’elle découvre dans l’exercice de l’expiation du Dikindo de sa lignée. Elle incarne la femme face aux périples de sa vie, face aux attentes familiales, face au regard de la société…

    Les racines de Jasmine l’appellent; elle doit rentrer à Bonendalè pour réparer le tort, le tort causé par celle dont on ne doit pas dire le nom, le tort dont on ne doit pas parler. 

    Nous suivons Jasmine dans un périple rempli de mythes de la tradition africaine des côtes camerounaises, à travers une écriture qui remet au goût du jour, le style familier à la camerounaise. Elle nous fait découvrir les us et les traditions dualas, les langues et les rythmes du terroir. 

    Jasmine est une femme qui ne manque de rien. Elle vient d’une famille qui, après moultes turpitudes, a réussi à avoir une certaine stabilité financière. Elle-même, cadre dans une entreprise de la place, est promise à René Wakam, un jeune homme fortuné, beau et très convoité. Malgré les problèmes qu’elle a dans le cadre familial, elle entrevoit son avenir avec beaucoup d’enthousiasme, jusqu’au jour où sa malédiction se révèle : son utérus a disparu


    Danielle Eyango aborde sans réserve de nombreuses thématiques étroitement liées à notre contexte socioculturel. Il s’agit entre autre de :

     – Tradition ancestrale / tradition chrétienne : «Janea, tant que nous avons en commun le même et unique but, c’est-à-dire redonner à cette enfant la féminité qui lui a été mystiquement et brutalement retirée à cause de la faute de son aïeule, nous pouvons asseoir ensemble un protocole qui satisfera à la fois la tradition et l’église.» Danielle, à travers ce discours, tenterait de prôner une forme de consensus entre des croyances qui se côtoient et s’affrontent. En effet, l’expiation du Dikindo de Jasmine est partagée entre le respect de la foi chrétienne de cette dernière à travers les prières adressées à Jésus et à la Vierge Marie, les neuvaines et le respect des traditions vu à travers ses sorties nue et tard la nuit, sa marche d’expiation vers la rivière, la danse de l’ésèwè, les neufs draps qui doivent la recouvrir dès son retour triomphal au palais…

    – Préjugés et stéréotypes : «Ces filles dualas ne mettaient pas long feu en ménage…»

    – Les mariages forcés : «(…) on appelait cela le Damea la sombo, le rapt de la fiancée… C’était monnaie courante jusqu’au milieu du XX siècle.» Quand les racines chantent est aussi un témoignage des difficultés auxquelles font face les femmes sous le joug des hommes qui les étreignent, et des blessures qu’elles pensent en silence.

    – La solitude : cette thématique incarnera Jasmine le long de son périple. Elle est seule. Sa mère qui l’aurait peut-être soulagée est absente… comme toujours. Elle ploie sous le poids du silence et du secret dont elle ne peut se départir. 


    Danielle Eyango a la musicalité et la poésie dans l’âme. Elle a d’ailleurs été propulsée avec son recueil de poésie «Le parfum de ma mère» paru en 2020. Entre la nostalgie qu’expriment les ngosso dans «Quand les racines chantent», les pas de danse et la mélodie qui rythment ce récit, on est emporté grâce à son écriture qui frise l’oralité dans le voyage que l’encre et les mots dessinent devant nos yeux.

    Lire ce roman, son enfant comme l’auteure le déclare, a été une redécouverte de la littérature, un véritable plaisir, après son recueil de poésie « Le parfum de ma mère ». Se retrouver face à un registre qui traduit au mieux notre société, nos habitudes, notre vécu, donne envie de le lire encore et encore. 

    Quand les racines chantent est une œuvre qui s’invite à notre chevet. C’est une œuvre avant-gardiste et franche, malgré la tendance de l’auteure à prendre le taureau par les cornes. Le lecteur face à la vérité peut se sentir choqué, mais peut vivre une forme d’élévation à travers l’introspection à laquelle le livre invite.

    Danick Moissen Deffo Fonkou
    Université de Dschang
    Chercheur en Afrique et mondialisation



    Espace PUB’

    Profitez de notre espace PUB’ en laissant un mail à acolitterature@gmail.com