
Le 14 juillet 2026, à la salle des banquets de la Cathédrale Saint-Paul de Bonadibong à Douala, littérature, réflexion et émotion se sont donné rendez-vous autour de Le silence des hommes, le nouveau recueil de nouvelles de Jean-Pierre Noël BATOUM. Cette rencontre de présentation-dédicace, qui coïncidait avec le 62ᵉ anniversaire de l’auteur, a réuni écrivains, lecteurs, universitaires, responsables religieux et amoureux des lettres autour d’une même conviction : la littérature demeure un puissant levier pour interroger la société, éveiller les consciences et ouvrir des chemins d’espérance.
Parce qu’il existe des mutismes qui emprisonnent, qui creusent la solitude jusqu’à épuiser les êtres, laissant derrière eux une fatigue silencieuse et des blessures invisibles, il est aussi des silences qui rapprochent, qui deviennent des lieux de partage, de réflexion et de renaissance, où chacun arrive seul, mais repart enrichi par la présence des autres. C’est cette dernière forme qui a habité cette rencontre littéraire.

LE SILENCE DES HOMMES…
Six nouvelles qui ouvrent un chemin initiatique vers la réalisation de la femme.
Le Silence des hommes : une mise en scène des femmes de diverses couches sociales dans des situations où la domination de l’homme se veut écrasante…
Le prédateur : un homme va ouvrir son passé de prédateur sexuel aux autres, et ainsi proposer d’autres voies que la chosification de la femme…
Affaire privée : une invitation à découvrir les raisons des violences conjugales et le silence qui les entoure, surtout quand la femme en vient à être contrainte de voir le statut d’épouse sous un autre angle…
Profession : Ménagère : Mudaa, notre personnage principal, découvre ce qu’il coûte d’être ménagère chez soi ; une femme de ménage entièrement à part…
Blessés de guerre : ici, c’est le siège des confessions intimes ; on se tient aujourd’hui avec le poids de son passé pour envisager un futur autre…
Héritage : le point de départ d’une nouvelle vie dans laquelle le silence n’est plus…

LA RENCONTRE
Il est 17h00, une fine pluie descend sur la ville ; la salle des banquets de la Cathédrale Saint-Paul de Bonadibong continue de se remplir de visages épanouis qui se reconnaissent, parfois non, mais qui se sourient avec passion. On s’installe comme on vient ; la politesse faisant office d’unique protocole. Une demi-heure plus tard, tout est disposé pour débuter une soirée mémorable.
Constitué de Pauline M.N. ONGONO (présidente de ACOLITT, présentatrice pour l’occasion), de l’écrivain Mutt-lon (chargé de la note de lecture), de Ray NDÉBI (analyste littéraire, modérateur pour l’occasion), le panel s’est enrichi de la présence de l’auteur à l’honneur.
PRÉSENTATION DU PANEL
Effectivement, tel que l’a présenté Pauline M.N. ONGONO, Jean-Pierre Noël BATOUM est né un 14 juillet. Prêtre et écrivain, sa seconde casquette nous réunit autour de son troisième livre, après Yaani (recueil de poésie) et Révolution ! (poème fleuve). Cette présentation que l’auteur qualifiera une heure plus tard « d’effrayante », enchantera l’assistance nombreuse et attentive et portera jusqu’à l’introduction au recueil de nouvelles, préparée sous forme de lecture par le célèbre Mutt-lon, cet écrivain dont on ne présente plus la plume tant elle marque de son empreinte singulière l’esprit du lecteur.

NOTE DE LECTURE
Mutt-lon, comme à son image, y est allé avec la sobriété que le silence sait imposer. Sa lecture de Le silence des hommes suggère au lecteur un repli sur lui-même afin de mieux s’envisager dans une société qui semble fonctionner désormais par ses propres règles, une morale qu’elle a établie sur le dos de la femme, et s’y trouver une place qu’il saura occuper et faire entendre sa voix, lui aussi, pour son équilibre.

ÉCHANGE AVEC L’AUTEUR
Ce moment, l’auteur l’a accueilli avec décontraction, tel qu’il le confiera plus tard. Ray NDÉBI, longtemps rompu à l’exercice et analyste littéraire averti, surtout lecteur expérimenté, a fait revivre à Jean-Pierre Noël BATOUM ses nouvelles sous un jour nouveau. En abordant la révolution interne sous le chiffre 40, nombre de fois qu’apparaît le mot « silence » (ses adjectifs inclus) depuis le titre, tout le monde se retrouve à suivre le chemin de transhumance tracé par Mudaa. Avec toutes les références bibliques et littéraires autour de 40, nous convergeons vers les profondeurs d’un appel à méditer pour remplir sa mission : soigner la société depuis ses émotions.

DÉCLAMATION DES EXTRAITS DE YAANI
Et les émotions se sont mélangées, colorées de chaque vers des poèmes que Jean-Pierre Noël BATOUM offre dans son recueil Yaani. Dominique GNINTELAP, travailleuse au sein du patrimoine et coach de prise de parole en public, va user d’un de ses atouts majeurs, sa voix, pour émerveiller l’assistance et faire redécouvrir à l’auteur sa propre écriture. L’émotion est aussi vive que l’ovation qui suit. Le piano qui a accompagné la performance n’a pas été en reste, pour créer une ambiance féerique.

ÉCHANGE AUTEUR – PUBLIC
Les questions, comme il fallait s’y attendre quand il est question de la condition de la femme, affluent. Auteurs, créateurs de contenu, médecins, chefs d’entreprises, hommes d’église, passionnés de lecture et des questions humaines ne se retiennent pas. Au total, une quinzaine de questions avec des extensions que l’auteur a su gérer, pour anticiper aussi sur une éventuelle énième série de questions. Le tout dans un discours simple et précis, enrichi d’expériences diverses.










SÉANCE DÉDICACE
À ce moment, les questions se sont étendues ; chacun profitant de son passage devant Jean-Pierre Noël BATOUM pour glaner un développement, un éclaircissement. Et comme les savoureuses brochettes de viande qui feront descendre le nectar des dieux, les livres se sont pris sans modération. Une dédicace qui a tenu son rang : vertigineuse.







CÉLÉBRATION ANNIVERSAIRE
Et c’est l’instant qui a servi de feux d’artifice pour couronner la journée. Un anniversaire célébré entre cadeaux, gâteaux, chants, buffet multiple, boissons naturelles « made in Cameroun » et… l’incontournable et très attendu matango, dégusté avec immodération… Il était déjà plus de 21 heures quand nous nous sommes quittés malgré nous, mais avec toute une voie lactée dans les yeux.


QUELQUES IMAGES




















Plus qu’une simple cérémonie de dédicace, cette rencontre s’est imposée comme un véritable espace de dialogue entre la littérature et les réalités sociales. Pendant près de quatre heures, le regard s’est véritablement tourné sur les rapports entre les femmes et les hommes, les mécanismes de domination, les violences fondées sur le genre, les silences imposés ou consentis, mais aussi les chemins possibles vers la guérison, la dignité et la reconstruction.
Le Silence des hommes conduit progressivement le lecteur vers une compréhension plus profonde de la condition féminine et de la responsabilité collective face aux violences qui lui sont faites. Comme l’annonce la quatrième de couverture, il ne s’agit pas de céder à la fatalité, mais de réfléchir, d’agir et d’ouvrir des pistes concrètes de transformation sociale.
Le Silence des hommes coûte 5.000 FCFA et il est disponible au +237 699571765.
Le Livre, c’est le moyen idéal pour aller à la rencontre de soi-même par les autres, et s’épanouir plus que jamais. Et, comme l’a rappelé en fin de cérémonie Pauline M.N. ONGONO, notre communicatrice littéraire, bibliothécaire, relectrice… plusieurs fois primée sur le continent pour son travail remarquable : Lire des Livre délivre !
D’AUTRES IMAGES ICI

Laisser un commentaire