
(…) ma relation avec OSÚ m’est constructive. Je ne peux que souhaiter le meilleur pour la suite.
Jordan TEGOUDJON, bonjour et merci de vous prêter à ce jeu de questions. Nous vous laissons vous présenter à nos abonnés.
Bonjour et merci pour l’occasion offerte. Avant toute chose, je suis un étudiant camerounais de 24 ans. Je suis inscrit en lettres modernes françaises à l’Université de Yaoundé I, en cycle de doctorat. En ce moment, je prépare une thèse qui porte sur la poétique romanesque de Léonora Miano.
En licence 3, j’ai commencé à mettre en pratique le cours sur L’esthétique du théâtre ; cours dispensé depuis le niveau licence 2. Je me suis mis à l’écriture des pièces de théâtre. J’en compte à ce jour plus de six, dont trois éditées suite à des concours.
Dans cette continuité, je m’exerce dans l’enseignement en tant que vacataire. Donc, à l’heure actuelle, je me définis comme un doctorant qui fait des vacations et suis écrit des pièces de théâtre et des scénario.
Vous êtes auteur de livres et scénariste. Avez-vous un procédé d’écriture particulier quand vous écrivez ? (Des petits rituels, techniques, etc.)
Je répondrai en deux volets. Le premier est du ressort du théâtre. Au départ, l’acte d’écriture n’était pour moi qu’un moyen de savoir si je suis capable de rendre compte des enseignements reçus à l’université. À cette époque, mon écriture était quasiment prescriptive. Autrement dit, ma technique d’écriture résidait dans les règles d’écriture du classicisme. À ce jour, je n’ai plus la même méthode d’écriture.
Un : je m’inspire plus et davantage des œuvres camerounaises pour écrire les miennes. Deux : je conçois mes livres comme mon mémoire ou ma thèse, c’est-à-dire que j’ai tout un schéma scripturaire que j’élabore. Trois : je ne me mets point à écrire si je ne connais pas déjà la fin de l’histoire.
Le second volet. Moi, j’ai trouvé qu’il n’existe qu’un pas entre le théâtre et le scénario. C’est la raison pour laquelle j’ai su (je dirais) mieux glisser de ce texte à un autre. La méthode d’écriture demeure la même. Toutefois, ici, je suis plus libre. Il n’y a aucune contrainte (vraisemblance, bienséance) et j’expose librement mon imagination.
Parlant de livre, vous êtes, avec la pièce de théâtre « Nuit noire : vérité mensongère » qui paraitra bientôt, le lauréat de la deuxième édition du prix de création littéraire OSÚ. « Nuit noire : vérité mensongère » : de quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une affaire de tradition qui a viré au cauchemar. Sous-estimant ici l’importance de la tradition, Démanou refuse de faire un rite en l’honneur de son arrière-grand-mère. Plusieurs années après, sa fille Nongni voit son ventre prendre du volume. Contrairement à ce que tout le monde pense, elle n’est pas enceinte. Elle est vierge. Toutefois, il apparait que le responsable de son état est une personne proche d’elle.
Racontez-nous votre aventure OSÚ, ce prix littéraire que promeut les Éditions ECLOSION…
Le Prix Littéraire OSÚ est très jeune. Pour le moment, il est encore à sa troisième édition. J’en entends parler lors de sa première édition. L’envie de postuler avec ma pièce « Ose, si tu oses… » était grande, mais je ne l’ai pas fait. Toutefois, je suivais l’actualité de ce concours. L’année qui suivait, j’ai complètement décidé de me lancer. Je l’ai fait avec ma plus récente pièce de théâtre « Nuit noire : vérité mensongère ». Et j’ai été lauréat dans la catégorie Théâtre.
C’est un prix que je respecte énormément. Il m’a permis d’être en contact avec Éclosion, avec Madame Christelle NOAH. J’ai vécu des choses inédites dans ma vie, grâce à ce prix. Il faut le préciser, ma relation avec OSÚ m’est constructive. Je ne peux que souhaiter le meilleur pour la suite.
En tant qu’auteur et scénariste, quels conseils donnez-vous aux auteurs en herbe ?
Tout d’abord, le talent se travaille. Un talent qui n’est pas forgé demeure un don qui meurt lentement. Ensuite, après l’avoir forgé, il faut le manipuler tout en faisant ressortir une originalité. Une fois cela fait, ce talent doit être confronté à d’autres domaines équivalents. L’optique étant d’être toujours maintenu au même niveau (minimum) que les autres.
Quel est votre regard de la scène littéraire camerounaise actuelle ?
Lorsque je regarde les écrivains comme Léonora Miano, Calixthe Beyala, Djaïli Amadou Amal, Patrice Nganang, etc. qui se sont démarqués (parlant des prix reçus) par leurs productions littéraires, lorsque je vois le nombre de dramaturges camerounais présélectionnés à quelques éditions du Prix Rfi Théâtre, je suis animée par deux réflexions : la fierté, mais surtout, le travail acharné. On n’est pas gagnant du Prix RFI Théâtre par hasard. On n’a pas de hautes distinctions littéraires par chance. On les a par le travail. Et moi, tout jeune en écriture, je comprends que je n’ai encore rien fait. La scène littéraire camerounaise actuelle me dit que je devrais également travailler pour rendre fière la littérature camerounaise. Contribuer aussi à son émergence.
Je vous remercie.
Propos recueillis par P.O.
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