
A l’initiative de l’Association Panafricaine des Ecrivains (PAWA – Panafrican Writers Association), la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain (JIEA) est décrétée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) le 07 novembre 1992.
Mise sur pied en 1973, la PAWA contribue à mettre en lumière les difficultés et les perspectives en littérature en Afrique, les écrivain.e.s qui contribuent à l’émergence littéraire de l’Afrique.
Plusieurs écrivain.e.s célèbres comme Birago Diop ou Aminata Sow Fall ont été à la tête de cette association et l’actuel secrétaire général est le docteur Wale OKEDIRAN, auteur de plusieurs livres. L’un des membres, l’illustre auteur camerounais, Pabe Mongo, fêtera d’ailleurs ses cinquante ans d’écriture cette année.
Au cours de cette année, plusieurs écrivaines africaines ont été couronnées dans le monde. De Véronique TADJO en passant par Osvalde LEWAT, Djaïli Amadou Amal, Sara TIMB, ERNIS, Irène EKOUTA, et la liste n’est pas exhaustive, la femme a porté haut l’Afrique.
Un échange initié sur la page Facebook Agence de Consulting Littéraire (ACOLITT) il y a quelque mois posait la question de savoir si la femme était l’avenir de la littérature en Afrique. A cette question, le coach de creative writing et creative reading et directeur de l’académie de littérature ÔNOAN, Ray NDEBI, répondait : « Si l’on se base sur son implication à l’exercice « écriture » et son souci de qualité dans ses textes, on peut aisément dire que la femme est l’avenir de la littérature en Afrique ».
Il suffit d’ailleurs d’écumer les médias pour savoir que la femme africaine en littérature, en 2022, a été innovante sous plusieurs aspects : édition, animation, promotion… Comment ne pas être fier des éditions ADINKRA pour les innovations en édition; les Librairies M’Wina pour les différentes animations autour du livre jeunesse; la bibliothèque 1949 et Femicriture pour les différents échanges autour des écrits de femmes; les éditions Tila Africa pour la plateforme ouverte au polar et au thriller africains; CELI Editions pour ses livres destinés aux enfants vivant avec un handicap ; ASPROBIR pour ses initiatives pour la littérature africaine en France…

Pour porter haut la littérature en Afrique, des hommes et des femmes s’adonnent au quotidien. La réalité est certaine : pour qu’un.e écrivain.e existe vraiment, il faut l’apport de plusieurs maillons, notamment des promoteurs littéraires, peu importe le canal, numérique ou autre.
Le volet « agence littéraire » se fait aussi une place dans la sphère littéraire africaine. Bien que n’étant pas encore vulgarisé, c’est un secteur qui flatte plus d’un… à distance – très peu d’écrivain.e.s s’attèlent à réduire la distance. Sous d’autres cieux, aucun.e auteur.e n’a été élevé.e dans les hautes sphères de la littérature sans accompagnement. Si oui, très peu. L’agent littéraire a ces compétences littéraires, juridiques, psychologiques et sociales pour assumer ce rôle d’ombre qui met en lumière l’écrivain et assure la qualité de ses écrits et de ses compétences. Honneur donc à ce maillon de la chaine du livre de sensibiliser un peu plus sur la chose.
Les tout-petits ne sont pas en reste…
Longtemps oublié ou très peu mis en valeur, le livre pour enfant a désormais le vent en poupe. Des initiatives s’enchainent, pour le plus grand bonheur des tout-petits qui, tout compte fait, sont la graine qui est chargée de porter de bons fruits.

L’année 2022 a vu naître, par exemple, le SALAFEY, Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé, un salon qui vise la valorisation des productions littéraires jeunesse afro centrées, dans l’optique de rallier les enfants avec leurs identités et faire connaitre un peu plus les acteurs de ce contexte en Afrique. Il se déroulera du 16 au 18 décembre 2022 à Yaoundé, sous l’initiative de les Librairies M’WINA et l’association littéraire ÔNOAN.
Quelques mois après l’annonce du SALAFEY, le SALIJEY a vu le jour, sous l’égide des Éditions AKOMA MBA; un évènement qui met au devant le livre et la bande dessinée afro-centrés.
Au-delà de ces prix et initiatives, la filière livre en Afrique n’est pas un long fleuve tranquille.
Comment les écrivain.e.s abordent-ils.elles le volet qualité ? Faut-il toujours jeter la pierre à l’éditeur ? L’éditeur joue-t-il vraiment son rôle ? Les ventes peuvent-elles être quantifiées de nos jours ? L’accompagnement des pouvoirs publics est-il effectif ? Les méritants sont-ils primés ? Quelle place accorde-t-on aux jeunes acteurs du livre en Afrique ? Quelle place souhaite occuper les jeunes acteurs du livre en Afrique ?… Autant de questions qui concernent la littérature en Afrique.

Cette année, le monde littéraire a un œil particulier sur l’Afrique. Une belle occasion pour l’Afrique de se poser les bonnes questions en ce qui concerne sa filière littérature. C’est indéniable, elle a un fort potentiel littéraire, mais comment s’utilise ce potentiel ? Comment nourrit-on ce potentiel ?
Les fautes de grammaire ou d’orthographe, la cohérence dans les textes, la construction erronée des personnages… sont des soucis retrouvés dans plusieurs livres produits et écrits en Afrique. Or, tout comme en médecine ou au cinéma, pour être performant dans le 5e art, il faut apprendre, travailler son potentiel et ses textes avec des personnes qui ont déjà fait leurs preuves; accepter les avis des lecteurs, car une fois le livre publié, il leur appartient – tout compte fait, ce sont eux qui achètent les livres, ils sont donc en droit de donner leurs ressentis, avis.
Le prix Neustadt de Boubacar Boris DIOP, le Los Angeles Times de Véronique TADJO, le Susan Smith Blackburn de Benedict LOMBE, les nombreuses distinctions de Djaili Amadou Amal… ne leur ont pas été attribués sous les bonnes grâces de ce regard du monde. Le travail pour la solidification du potentiel y est pour beaucoup.
L’Afrique a eu l’occasion de montrer, si besoin était encore, ce qu’elle vaut en littérature. Nous souhaitons encore plus de sacres et surtout encore plus de conscience sur le rôle éducatif des livres. En outre, la collaboration doit être regardée avec grand intérêt pour l’évolution de la littérature en Afrique. Quitte à copier les valeurs extérieures, autant copier aussi cet aspect.

Linelitt
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